Salman Rushdie attaqué pendant une conférence aux États-Unis

L’auteur britannique, visé par une fatwa depuis 1989, a été attaqué sur scène. Selon Associated Press, il pourrait avoir été poignardé.

Ses écrits lui ont valu plusieurs menaces de mort de la part de l’Iran dans les années 1980. L’auteur Salman Rushdie a été attaqué sur scène vendredi alors qu’il s’apprêtait à donner une conférence dans l’État de New York. Selon un journaliste d’Associated Press (AP), un homme a pris d’assaut la scène de la Chautauqua Institution, avant de frapper ou de poignarder Salman Rushdie au moment où il était présenté. L’assaillant a été maîtrisé.

Depuis 1988, l’ouvrage de Salman Rushdie Les Versets sataniques est interdit en Iran, considéré comme blasphématoire aux yeux de nombreux musulmans. L’année suivante, l’ayatollah Rouhollah Khomeini a émis une fatwa à l’encontre de l’écrivain, demandant sa mort. De plus, une prime de près de 3 millions de dollars est offerte à quiconque tuera Salman Rushdie.

Si le gouvernement iranien a depuis longtemps pris ses distances avec la fatwa de Rouhollah Khomeini, l’aigreur envers l’auteur britannique reste vive. En 2012, une fondation religieuse iranienne semi-officielle a fait passer la prime pour sa tête de 2,8 à 3,3 millions de dollars. Salman Rushdie avait rejeté cette menace à l’époque, affirmant qu’il n’y avait « aucune preuve » que des personnes étaient intéressées par la récompense. Cette même année, Rushdie a publié ses Mémoires, Joseph Anton, sur la fatwa.

Les faits se sont déroulés ce vendredi à à l’institut Chautauqua, où le romancier devait livrer un discours. Il a été pris en charge et son assaillant a été appréhendé. L’écrivain britannique Salman Rushdie, qui vit sous protection policière depuis la fatwa lancée en 1988 pour son roman Les Versets sataniques, a été victime ce vendredi d’une attaque lors d’un événement organisé dans l’État de New York, rapporte AP.

Selon un journaliste d’AP, un homme a brusquement surgi sur la scène pour attaquer avec un poignard Salman Rushdie à son arrivée. On ignore dans quel état de santé se trouve l’écrivain, qui souffre d’une blessure au cou. Les faits se sont déroulés à l’institut Chautauqua, au nord de l’État de New York, où le romancier devait livrer un discours. Il a aussitôt été pris en charge, tandis que son assaillant a été appréhendé. L’amphithéâtre où devait avoir lieu la rencontre a été évacué par mesure de sécurité.

Symbole de la lutte contre l’obscurantisme religieux

Salman Rushdie, né en 1947 à Bombay en Inde, deux mois avant son indépendance de l’Empire britannique, essaie de ne pas être réduit au scandale provoqué par la publication des Versets sataniques, qui avait embrasé le monde musulman et conduit en 1989 à une « fatwa » demandant son assassinat.

Mais l’actualité – la montée en puissance de l’islam radical – n’a cessé de le ramener à ce qu’il a toujours été aux yeux de l’Occident: le symbole de la lutte contre l’obscurantisme religieux et pour la liberté d’expression. Déjà en 2005, il considérait que cette « fatwa » avait constitué un prélude aux attentats du 11 septembre 2001.

Vivre dans la clandestinité

Contraint dès lors de vivre dans la clandestinité et sous protection policière, allant de cache en cache, il se fait appeler Joseph Anton, en hommage à ses auteurs favoris, Joseph Conrad et Anton Tchekhov. Il doit affronter une immense solitude, accrue encore par la rupture avec sa femme, la romancière américaine Marianne Wiggins, à qui Les Versets sataniques sont dédiés.

Installé à New York depuis quelques années, Salman Rushdie – sourcils arqués, paupières lourdes, crâne dégarni, lunettes et barbe – avait repris une vie à peu près normale tout en continuant de défendre, dans ses livres, la satire et l’irrévérence.

AFP

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