Roch Hachana 2018. De la soirée du : dimanche 9 septembre

À la soirée du : mardi 11 septembre

Sidra et haphtara de Roch Hachana: La Prière des Femmes stériles

Le premier jour de Roch Hachana, nous lisons dans la Torah le passage se référant à la naissance d’Isaac. Sa mère Sarah était restée sans enfant pendant de longues années, puis D.ieu finit par écouter ses prières et lui donna un fils.

La Haftarah, qui se rapproche comme d’habitude de la section de la Torah, parle de la naissance du prophète Samuel.

Sa mère ‘Hannah était restée, elle aussi, de nombreuses années sans enfant. Puis, D.ieu accepta sa prière et Samuel naquit. De ces deux lectures nous tirons la magnifique leçon sur la grande puissance de la prière et les rapports étroits qu’elle établit entre l’homme et D.ieu.

Le paradoxe dans la prière

Le concept de la prière à D.ieu, comme il est présenté dans la Torah et exposé dans les écrits de nos Sages, semble renfermer une contradiction interne.
D’une part, la prière est décrite comme la communion de l’âme avec le Créateur, une île de Ciel dans une journée du monde du quotidien. « Les pieux méditaient une heure, disent nos Sages, et seulement alors ils se mettaient à prier.

Ils se retiraient du monde et se concentraient jusqu’à s’être complètement départis de leur matérialité et avoir atteint la suprématie de l’esprit de la raison, de sorte qu’ils atteignaient un état proche de la prophétie. « Ils « attachaient leur âme au Maître de Tout, dans un état de crainte et d’amour absolus et de véritable attachement. »

En fait, le mot hébreu pour « prière», Tefila, signifie « attachement » ; la prière consiste en effet en la décision de s’élever au-dessus des soucis quotidiens et de s’attacher à sa source en D.ieu.

Et pourtant, l’essence de la prière est notre demande à D.ieu de pourvoir à nos besoins quotidiens matériels. C’est là le fondement sur lequel repose son édifice spirituel tout entier. Maïmonide définit ainsi le principe de la prière :
…Chaque jour, l’homme doit prier et solliciter, dire les louanges de D.ieu et Lui demander de pourvoir à ses besoins avec supplication; après cela, il offre sa prière et ses remerciements à D.ieu pour le bien qu’Il lui a attribué.
Mais ces deux aspects de la prière ne sont-ils pas incompatibles et même contradictoires ? Celui qui s’est complètement départi de sa matérialité demande-t-il à D.ieu de pourvoir à ses besoins ? Celui qui a atteint un état proche de la prophétie a-t-il ces préoccupations dans son esprit ?

Le paradoxe de la prière s’accentue encore le jour de Roch Hachana. En ce jour, non seulement nous nous tenons devant D.ieu, mais nous Le couronnons, faisant abnégation totale de notre personne et de nos besoins. Et pourtant, un seul regard sur la prière de Roch Hachana montre qu’elle est pleine de requêtes pour la vie, la santé et la subsistance pour l’année à venir.

Une Maison sur terre

D.ieu créa le monde, disent nos Sages, parce qu’Il « désirait une demeure dans les mondes inférieurs. » Les « mondes inférieurs » sont notre monde matériel, inférieur à cause de sa distance spirituelle de notre source, son illusion d’autosuffisance et son retrait quasi absolu de tout ce qui est transcendant et divin.

Mais c’est là que D.ieu a désiré résider, souhaitant que « ce monde inférieur » soit celui qui héberge et exprime Sa vérité.

C’est pourquoi la Torah décrit notre mission dans la vie comme essentiellement faite d’actions impliquant des objets matériels. En fait, virtuellement, chaque ressource matérielle sur terre, chaque membre et organe de notre corps a sa Mitsva spécifique, la manière pour D.ieu d’établir comment elle peut être l’instrument de Sa volonté.

Ainsi, nos actes ne sont pas personnels et nos demandes ne sont pas égocentriques. Oui, nous demandons à manger, la bonne santé et la richesse ; mais nous les demandons comme un serviteur demande à son maître les moyens de mieux le servir.

Nous demandons de l’argent pour accomplir la Mitsva de la charité, la force pour construire une Soukka, la nourriture pour maintenir ensemble le corps et l’âme afin que notre vie serve de « résidence dans les mondes inférieurs » qui abrite la présence divine dans notre monde.

Et Roch Hachana, le jour qui couronne D.ieu, est le plus propice pour lui demander de pourvoir à tous nos besoins et désirs matériels.

Couronner D.ieu signifie l’accepter comme souverain dans tous les domaines de notre vie, nous vouer non seulement à une quête spirituelle, mais aussi et surtout à accomplir Son désir pour une demeure ici-bas.

 

Une année s’en vient
Une année s’en va
Tourne le Temps
Tourne les ans
Mais dans la ronde des saisons
Quand l’été se fait moins ardant
Que roussissent les feuilles
Et se lève le vent
Qui rougit l’horizon
Annonciateur de pluies d’automne
De Prémices à foison
Alors sonne l’heure de ces jours
De ces jours redoutables
Du premier au goût de miel
Du dixième paré d’austérité
Où dans un retour sur soi-même
Il nous faut redouter
Le jugement de la Divinité
Devant Qui nous venons

Humbles et contrits
Conscients de nos manques
Du travail jamais achevé
Pour grandir et s’élever,
Implorer Clémence et Bonté
Pour que notre Nom soit Scellé
Dans le Livre de la Vie
Du Bonheur, de la Paix
Avant de se retrouver
Avec joie et convivialité
Dans ces cabanes fragiles
Mémoire de notre Histoire
Qui a débuté sous le signe de la Providence
De la Liberté au service
De la Divine Volonté.
Tichri 5779

A. Benchimol

 

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