(Luchini et lui), OLIVIER SAUTON… ET NOUS !                                                   

 

La scène…

 

C’est quand même curieux les fantasmes : ces petits scénarii imaginaires aux contenus parfois sexuels, mais dans lesquels aussi on se prend volontiers pour quelqu’un d’autre, un héros auquel on s’identifie, un sauveur de jeune femme, bref autant d’histoires aussi fantasques les unes que les autres mais qui ont la particularité que c’est nous qui les fabriquons en débridant ainsi notre imaginaire. Les fantasmes ont aussi la particularité de soutenir notre désir, lequel sans eux serait d’une affligeante pauvreté…Le fantasme d’Olivier Sauton, c’était Fabrice Luchini, mis en scène d’ailleurs, sans son accord, au théâtre de la Bruyère. Le scénario était simple. Olivier Sauton rencontrait Fabrice Luchini et lui demandait simplement de devenir son professeur lequel lui donnait trois leçons de théâtre qui étaient autant de leçons de vie. Télérama, le Figaro, Pariscope et d’autres encore lui ont fait de belles et bonnes critiques, mais sans savoir que derrière la scène il y a les coulisses. Seulement voilà, l’acteur se montre bien loin des auteurs fétiches de Luchini : la Fontaine, Nietzsche, Philippe Muray, Schopenhauer, Céline, mais « le meilleur » de Céline, le Voyage, pas le pire, c’est à dire l’antisémite affiché que l’on connaît. Le pire de Céline, on l’a découvert du côté d’Olivier Sauton, l’ami de Dieudonné, et qui dans les coulisses de son théâtre mental et nauséabond avait d’autres fantasmes que ceux de rencontrer de façon imaginaire Fabrice Luchini. Lui-même  a été atterré d’avoir eu connaissance des tweets antisémites de son sinistre admirateur et s’est désolidarisé complètement de son faussaire comme d’ailleurs le théâtre de la Bruyère qui a annulé ses représentations à partir du 1er mars, et le festival d’Avignon qui l’évitera cet été. Bravo pour ces trois prises de positions. Mais, derrière la scène donc, les coulisses !

Les coulisses…

Entre 2012 et 2013, soit pendant un an, Olivier Sauton s’est livré à une écriture moins romanesque que celle qu’il servait à ses spectateurs. Si Le Pen en avait écrit la moitié, pourtant, en son temps, il ne s’est pas gêné ! La rue hurlerait à dénoncer son antisémitisme, seulement, la « bobo sphère » paraît plus anti-extrême droitiste et anti Lepeniste qu’anti-antisémite ! C’est comme ça, Olivier Sauton n’aura pas le droit à une manif contre ses propos antisémites, comme l’autre du même acabit, Mehdi Meklat ou encore mieux comme les deux dés-espoirs féminins du cinéma français qui ont obtenu un César à la fameuse cérémonie :  l’une est la réalisatrice de Divines, Houda Benyamina, et entre autre, amie de Tariq Ramadan et auteure d’un dessin anti-américain et antisémite sur Facebook, digne de la plus sombre période que connut l’Europe entre 1939 et 1945.  L’autre dés-espoir féminin est son actrice, Oulaya Amamra, auteure elle d’une quenelle et autres subtilités sur son compte tweeter… Nous attendons d’ailleurs avec impatience les réactions de Ligue des Droits de l’Homme, de SOS Racisme, du MRAP et de la LICRA, dont j’ai démissionné la semaine passée suite au procès de Georges Bensoussan…

Décidément, les coulisses du théâtre ou de cinéma nous renseignent toujours plus sur la personnalité des acteurs, auteurs et réalisateurs que leurs prestations cousues pour la vitrine médiatique.  Pour sa défense Olivier Sauton a dit avoir honte, a dit qu’il n’était pas bien en ses années brunes…bref, on peut entendre qu’il était déprimé, mais, encore une fois, dans mon métier, je côtoie beaucoup de déprimés. Peu d’entre eux sont antisémites et s’ils l’étaient, Ce sont eux  qui me déprimeraient…!

Alors oui, Olivier Sauton est sorti de scène. Mais sans les sifflets, ni les critiques acerbes des spectateurs. Gageons qu’il n’y mettra plus les pieds.  Terminé donc Luchini et lui, enfin, « Luchini et moi » et quant à Olivier Sauton et nous, nous ne le regretterons pas… Le rideau rouge s’est refermé sur lui comme un linceul.

Par ©Jean-Marc Alcalay

 

 

3 Commentaires

  1. La morale de cette histoire : Tweeter et les réseaux sociaux sont un bon défouloir et un moyen pour propager la haine et les idées les plus nauséabondes, mais ces outils ont la mémoire longue et ineffaçable. Avis donc à tous les antisémites lâches qui se cachent derrière des pseudonymes, ou fiers de l’être et qui apparaissent en plain jour. Les réseaux sociaux leur donnent une impression d’importance car ils peuvent s’adresser via ces canaux à des millions de personnes de manière instantanée, comme un président de la république ou un auteur célèbre. Mais ces outils se retourneront contre eux et in fine ils en seront les seuls perdants car des gens veillent.
    Je ne doute pas que la peur va changer de camp.

  2. Céline n’était pas seulement un écrivain antisémite, c’était aussi un collaborateur actif du régime nazi qui a pu mener sa vie tranquillement sans être inquiété.

    Louis-Ferdinand DESTOUCHES, dit CÉLINE (écrivain antisémite et collaborateur)

    => Quitte la France dès juin 1944, s’installe à Baden-Baden puis à Sigmaringen
    => Obtient un visa pour le Danemark en mars 1945
    => Les Danois refusent à la France son extradition mais l’incarcèrent durant onze mois à la prison de Copenhague
    => Revient en France après l’amnistie de 1951
    => Achète une maison à Meudon
    => Son oeuvre est publiée dans la Pleïade en 1960
    => Meurt libre en 1961

    https://jsuisjreste.wordpress.com/2017/01/17/1-421-1ere-partie

    • à l’exception des 11 petits mois dans une prison danoise, il n’a jamais eu de jugement et n’a jamais été donc sanctionné à hauteur de son crime. 11 mois ??? Pour collaboration avec l’appareil nazi ??? Pour avoir été une des pièce qui a permis à ce régime d’exister et de massacrer 6 millions d’entre nous et plusieurs autres personnes ??? C’est bien léger !

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