N.Gordon : « vivre ensemble », c’est délégitimer Israël

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Pour Neve Gordon, « vivre ensemble » implique de délégitimer Israël 

 

Dans son article publié le 5 janvier 2018, l’Enseignant Neve Gordon (de l’Université ben Gourion dans le Neguev) critique ce qu’il appelle « le nouvel antisémitisme », consistant pour les « nouveaux antisémites », non à véhiculer une haine systématique des juifs, mais simplement à formuler des reproches contre la politique d’Israël. Son document se présente comme un pamphlet, emprunt de contre-vérités, qui ne sert que la propagande anti-israélienne. En ce sens, le membre actif de l’Organisation « Ta’ayush » (qui signifie en arabe « vivre ensemble »), se livre à une démonstration (contre productive) : la coexistence des palestiniens et des israéliens suppose une délégitimation d’Israël, voire implique une capacité de nuisance d’Israël.

Il débute son propos en se présentant en tant que membre de Ta’ayush dont il définit l’objet : « mener une action directe non violente contre le siège militaire qu’Israël impose à la Cisjordanie et à Gaza » (sic). Ce faisant, il présente Israël comme une puissance militaire qui utiliserait la force pour asseoir un pouvoir sur son voisin. L’enseignant de l’Université Ben Gourion a manifestement oublié que la présence de militaires israéliens en Cisjordanie est le résultat des accords israélo palestiniens d’Oslo, et que la clôture de séparation installée entre Israël et Gaza a été édifiée à la suite de la prise du pouvoir par le Hamas dans la bande côtière, pour l’empêcher de parvenir à son objectif, à savoir la destruction d’Israël.

Il poursuit ensuite son propos en expliquant que l’objectif de Ta’ayush ne consiste pas uniquement « dans une protestation contre les violations par Israël des droits humains mais (également) de se joindre au peuple palestinien dans sa lutte pour son auto-détermination » (sic). Le politologue historien sait pourtant que les palestiniens s’auto déterminent dans la bande de Gaza (avec les terroristes du Hamas qu’ils ont portés au pouvoir), et dans les zone A et B de Cisjordanie (40% du territoire sur lesquels ils vivent) avec l’Autorité palestinienne qui ne veut pas perdre le pouvoir politique au profit du Hamas. Si l’Etat de Palestine ne s’est toujours pas vu affecté de territoires, c’est en raison du refus palestinien d’accepter l’implantation de leur Etat sur les terres qu’ils occupent : la Bande de Gaza d’une part, et les zones A et B de Cisjordanie, d’autre part. Si les palestiniens l’acceptaient, ils reconnaîtraient implicitement l’Etat d’Israël (ce qui est impossible) sans pouvoir le détruire.

Neve Gordon explique ensuite faire l’objet de critiques de la part d’un universitaire de Haifa qui l’accuse d’être un « traite, un suppôt du terrorisme » et « d’être en faveur du Judenrat, et d’être antisémite ». Il explique avoir fait l’objet de menaces de morts et de messages de haine, voire de demandes de renvoi par les donateurs de l’université. Le sujet de son article se présente, alors, comme une accusation du « nouvel antisémitisme » qui consisterait dans une critique du sionisme, des actions et de la politique d’Israël, des campagnes déclarant le gouvernement israélien coupable au regard du droit international tel le BDS. Il serait différent de l’antisémitisme traditionnel dans son expression (il ne s’agit plus de véhiculer une haine basique des juifs) et dans sa représentation (il est désormais de gauche).

Il explique alors la logique de ce qu’il appelle le « nouvel antisémitisme » : « il peut être formulé comme un syllogisme : 1) l’antisémitisme est la haine des Juifs, 2) être Juif c’est être sioniste, 3) donc l’antisionisme est antisémite » (sic) avant de critiquer la deuxième proposition (qu’il a lui-même avancée) : « Prétendre que sionisme et judéité sont identiques, ou qu’un lien de continuité peut être établi entre l’État d’Israël et le peuple juif, est faux ». (En fait, il avance un axiome avant de le critiquer lui même). C’est alors qu’il se livre à une délégitimation en règle d’Israël. Pour lui, le sionisme est à rapprocher « des idéologies nationalistes et coloniales des trois derniers siècles » (sic). C’est bien évidemment faux : le sionisme n’est, en somme, qu’un mouvement migratoire à l’instar des migrations vers les Etats-Unis ou des migrations des ressortissants d’Afrique vers l’Europe. Il ne s’agit en aucun cas de colonisation de la terre d’un autre.

Pour justifier sa critique du « nouvel antisémitisme », il explique qu’il y aurait des « sionistes antisémites » (sic), tels les politiciens d’extrême droite qui auraient en commun avec Israël : « premièrement le caractère ethnocratique de l’état (soit); deuxièmement une islamophobie qu’ils considèrent qu’Israël partage avec eux (sic); et troisièmement des politiques d’une dureté sans concessions vis-à-vis des migrants noirs d’Afrique (en référence à la politique israélienne à l’égard des migrants africains). Il cite alors, parmi ceux qu’il appelle « les sionistes antisémites », l’élu d’extrême droite Gianfranco Fini (de l’Alliance nationale italienne) et Geert Wilder. Une fois encore son propos ne tient pas : le responsable politique italien s’est rendu en Israël avant de se recueillir à Yad Vachem, une Kippa sur la tête, tout comme le leader d’extrême droite néerlandais qui se défend de tout antisémitisme. Ainsi, Neve Gordon invente de l’antisémitisme là où il n’y en a pas.   

Il poursuit alors sa thèse en posant que « antisionisme et antisémitisme ne sont pas réductibles l’un à l’autre », contestant l’assimilation des concepts par les gouvernements ou des Ong tel, le gouvernement Britannique, qui considère la critique d’Israël comme une manifestation antisémite (sic).

Il en vient alors à la dramatique éviction des 8000 juifs du Goush Katif (dans la bande de Gaza) en 2005 par Ariel Sharon, à l’occasion de laquelle des résidents du village agricole « ont protesté en portant des étoiles jaunes, en insistant qu’ils n’iraient pas comme des moutons à l’abattoir ». Il poursuit son explication en indiquant : « A leurs yeux, le gouvernement et les soldats méritent d’être appelés antisémites pas parce qu’ils haïssent les juifs, mais parce qu’ils mettaient en place une politique antisioniste, sapant le projet de mise en place du soi-disant « Grand-Israël ». C’est bien évidemment faux. Pour les juifs expulsés du Goush Katif, le problème n’était pas politique, mais tenait uniquement au principe de mettre des juifs dans des camions pour les chasser de l’endroit où ils vivent, comme aux heures les plus sombres de l’histoire du peuple juif.   

Proche de sa conclusion, il explique qu’en fin de compte, ce sont les palestiniens qui seraient visés : « Lorsque le professeur de l’Université de Haïfa me qualifia d’antisémite, je n’étais pas sa vraie cible. Sa vraie cible, ce sont les Palestiniens ». Une fois encore c’est faux. La critique des personnes juives, en Israël, qui ne cessent de diffuser des propos faux et désobligeants sur l’Etat  juif, résulte de leur appropriation des thèses palestiniennes farfelues.

Il finit en apothéose : « celui qui souhaite prendre part à la lutte pour la libération d’une domination coloniale est qualifié d’antisémite » (sic)… « Le gouvernement israélien a besoin du nouvel antisémitisme pour justifier ses actions et pour les protéger d’une condamnation internationale ou nationale »… « L’antisémitisme est effectivement mobilisé, pas seulement pour étouffer la liberté d’expression mais aussi pour réprimer un mouvement de libération » (sic). Il est « utilisé pour défendre le racisme et pour soutenir un régime qui développe des politiques racistes » (sic)… « Afin de s’acquitter de ces tâches simultanément, l’équation entre antisémitisme et antisionisme doit tout d’abord être repoussée »…  Aussi brillante soit elle, la démonstration de Neve Gordon relève, finalement, du pur sophisme.

3 COMMENTS

  1. “Aussi brillante soit elle, la démonstration de Neve Gordon relève, finalement, de la haine de soi”, de l’ignorance et de la bêtise la plus crasse !
    L’Université de Bersheva se distingue une fois de plus par des “professeurs” antisionistes qui ont oublié où ils vivent et qui sont nos ennemis.

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