Pompeo échoue : la parole américaine démonétisée

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Pompeo écourte sa tournée au Moyen-Orient. Pas de progrès dans la campagne post-syrienne de Trump contre l’Iran

Face au scepticisme des dirigeants arabes, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a interrompu sa tournée dans la région le lundi 14 janvier. Aucun de ses hôtes n’est assuré que la campagne de Trump contre l’Iran se poursuivrait avec la même détermination après le retrait des troupes américaines de Syrie. Le département d’Etat a expliqué son retour brusque à Washington par l’annonce d’un enterrement familial qui nécessite sa présence. Les sources officielles dans les capitales du Golfe considèrent cette raison comme une excuse diplomatique commode pour lui de renoncer à une quête qui s’essoufflait, alors que le retrait américain de la Syrie a effectivement commencé samedi. La promesse de Pompeo au Caire “d’expulser chaque dernière botte iranienne de Syrie” n’a servi à rien. Les présidents et dirigeants arabes auxquels il a rendu visite n’ont pas, non plus, pris pour argent comptant le message Twitter du président Donald Trump, lundi en début de matinée, comprenant les points forts de ses projets : «Commencer le retrait longtemps attendu de la Syrie, tout en frappant durement le petit califat territorial restant de Daesh, et dans de nombreuses directions. On va attaquer à nouveau depuis la base existante si elle se reforme. On Dévastera économiquement la Turquie si elle frappe les Kurdes. Créer une zone de sécurité de 20 milles (32 km). ”

Les sources militaires de DEBKAfile rapportent que la “base existante à proximité” que mentionne Trump, fait référence à la base aérienne K-1 Kaiwan que les Américains ont commencé à construire dans la ville pétrolière de Kirkuk, dans le nord de l’Irak. De là, des frappes aériennes peuvent être organisées sur les sections nord et centrale de la frontière irako-syrienne. En outre, le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, lors de sa visite en Israël au début du mois, a mentionné deux autres bases américaines en Irak à partir desquelles, le cas échéant, des frappes aériennes pourraient être lancées en Syrie. Il s’agit de la base aérienne de Tallil au sud, près de Nassiriya, et de la base aérienne d’Ayn al-Asad, dans la province occidentale d’Anbar. L’assurance de Pompeo disant que les trois bases aériennes soutiendraient l’engagement américain de conserver la présence aérienne américaine dans le ciel syrien n’a pas convaincu les dirigeants arabes. Ils ont déjà contré ces vaines promesses : il y a seulement deux semaines, Bagdad a reçu carte blanche du président syrien Bashar Assad pour envoyer l’armée de l’air irakienne contre des cibles de l’Etat islamique en Syrie sans en demander la permission. Ils ont noté qu’à tout moment, Bagdad peut décider de respecter les exigences syriennes ou iraniennes d’interdire l’utilisation de bases américaines sur son sol pour frapper des cibles en Syrie, voire même d’exiger leur évacuation.

La réponse du secrétaire américain, consistant à convoquer une conférence internationale à Varsovie les 13 et 14 février pour discuter de la stabilité au Moyen-Orient à la lumière des activités malfaisantes de l’Iran, s’est, également, avérée décevante. Des sources arabes ont déclaré que la dernière chose nécessaire pour lancer un défi efficace à l’Iran était une autre conférence internationale. Comme l’a expliqué une source de haut rang à Riyad : «Le temps de parler est terminé ; maintenant nous avons besoin d’action!”.

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Pompeo cuts short Mid East tour. No headway in selling Trump’s post-Syria drive against Iran

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