Malgré des contaminations par dizaines de milliers, la situation grâce à la vaccination, du moins pour ceux qui sont vaccinés, reste sous contrôle. Il n’y a pas la même corrélation entre les infections par le variant Omicron, qui n’est pas encore majoritaire, et les formes graves, pour les personnes vaccinées. Ceci étant le nombre des personnes contaminées devient extrêmement inquiétant.

Ci-dessous les graphes pour certains pays. En rouge les contaminations, en blanc les décès, en vert les vaccinations. Il apparait clairement un nombre de décès moins importants dans une population vaccinée avec les produits Pfizer Moderna, ou AstraZeneca, tandis qu’en Russie le vaccin Spoutnik V ne semble avoir aucun effet.

FRANCE

ANGLETERRE

ESPAGNE

RUSSIE

Sources : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/dashboards/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

COVID-19 Dashboard
by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins University (JHU)

 

Ce que l’on sait de la dangerosité du variant Omicron, en train de nous gâcher les fêtes de fin d’année.

Alors que 16 000 patients étaient hospitalisés pour Covid, dont plus de 3 000 en réanimation, le 22 décembre, la cinquième vague va s’aggraver dans les prochains jours en raison du variant Omicron, plus contagieux et résistant aux vaccins.

Malgré un taux de vaccination, à deux doses, avoisinant les 90% de personnes éligibles au 23 décembre, selon Santé Publique France, la progression du variant Omicron, plus contagieux que les autres variants du Covid-19, inquiète beaucoup les autorités sanitaires. Le 19 décembre, il aurait représenté plus de 10% des cas détectés et séquencés, et il pourrait devenir majoritaire en janvier. Lors d’une conférence de presse, jeudi 23 décembre, le Conseil scientifique a fait le point sur ce que l’on sait de ce variant.

Bientôt des centaines de contaminations

En raison de ses nombreuses mutations, le variant Omicron présente un potentiel de contamination par voie aérienne supérieur aux souches précédentes. Ainsi, le nombre de cas liés au variant Omicron double tous les deux à trois jours. Il serait déjà majoritaire en Île-de-France, avec notamment une forte progression du taux d’incidence chez les 20-30 ans. Les autorités scientifiques sont certaines que le variant Omicron va devenir majoritaire dans les jours qui viennent en France.

Le Conseil scientifique précise cependant que même si le variant Omicron sera responsable de centaines de milliers de contaminations, il s’agira pour la plupart de cas bénins, voire asymptomatiques. Les cas graves se limiteront, pour leur immense majorité, aux non vaccinés et aux personnes les plus fragiles.

Moins de risques d’hospitalisations que Delta

Le 22 décembre, trois études en provenance du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud ont apporté des informations plutôt rassurantes. Elles indiquent que les risques d’hospitalisation diminuent avec Omicron, par rapport au variant Delta. Cette réduction du risque d’hospitalisations oscille entre -30 et -80%, selon les études.

Sur le terrain, les médecins laissent entendre qu’avec Omicron, les personnes hospitalisées ont moins besoin d’oxygène de réanimation qu’avec le variant Delta.

En revanche, avec un virus plus contagieux, il risque d’y avoir mathématiquement davantage de cas graves que lors des vagues précédentes. En raison de cela, les membres du Conseil scientifique insistent sur l’importance de la vaccination avec la dose de rappel. Même s’il faut 20 à 30 fois plus d’anticorps pour se défendre contre Omicron, avec trois doses, notre taux d’anticorps est suffisant pour lutter contre ce variant, selon le virologue Bruno Lina.

EN DIRECT – LE ROYAUME-UNI ATTEINT 120.000 CONTAMINATIONS QUOTIDIENNES, UN RECORD.

Le Royaume-Uni a enregistré jeudi près de 120.000 cas supplémentaires de Covid-19, un nouveau record de contaminations due au variant Omicron.

Après avoir franchi mercredi le seuil des 100.000 cas pour la première fois de la pandémie, le pays, qui déplore 147.720 morts du Covid-19, en a recensé 119.789 de plus en 24 heures. La hausse sur sept jours dépasse 50% et le nombre d’hospitalisations commence à augmenter, notamment à Londres.

Covid-19 : plus de 90 000 cas en 24 heures en France, le conseil scientifique alerte sur les risques de « désorganisation » en janvier

Il s’agit du nombre le plus élevé de cas quotidiens jamais atteint depuis le début de l’épidémie en France. Le conseil scientifique, qui conseille le gouvernement, estime qu’il pourrait devenir nécessaire d’alléger les règles d’isolement.

Le variant Omicron du SARS-CoV-2, plus contagieux, devrait être majoritaire dans le nombre total de cas de contaminations « entre Noël et le Nouvel An », avait averti, mercredi, le ministre de la santé, Olivier Véran.

Patients wait to be tested for the novel coronavirus Covid-19 in Paris on December 23, 2021. The number of daily Covid-19 cases in France is set to exceed 100 000 by the end of December due to the faster-spreading Omicron variant, French Health Minister said. France recorded almost 73 000 new infections on December 21, with an average of over 54 000 over the last seven days. But officials fear that the emergence of Omicron has changed the nature of the pandemic. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Jeudi 23 décembre, Santé publique France a annoncé que le nombre de contaminations en vingt-quatre heures s’élevait à 91 608 cas dans le pays, un chiffre jusque-là jamais atteint. Sur les sept derniers jours, la moyenne s’est établie à 61 274 cas. Le précédent nombre le plus élevé de contaminations remontait au début de novembre 2020, au pic de la deuxième vague épidémique, avec 86 852 cas.

L’extrême contagiosité du variant Omicron pourrait entraîner une « désorganisation » de nombreux secteurs dès le mois de janvier à cause d’une multiplication des arrêts de travail et de l’« absentéisme », a, de son côté, mis en garde le conseil scientifique sur l’épidémie lors d’un point-presse en ligne.

  • L’« absentéisme » pourrait « désorganiser » la France, alerte le conseil scientifique

La « fulgurance » de transmission d’Omicron pourrait se traduire en janvier par « plusieurs centaines de milliers » de cas par jour, a expliqué Olivier Guérin, membre du conseil. Cela va « poser des problèmes dans les secteurs stratégiques de fonctionnement de notre société : la distribution alimentaire, la sécurité, l’énergie, les transports, les communications et la santé », a-t-il poursuivi.

Selon Olivier Guérin, « cela nécessite de réfléchir [aux] règles d’éviction » actuelles – l’isolement peut aller jusqu’à dix-sept jours pour un cas contact vivant avec une personne malade. « C’est une donnée vraiment nouvelle qu’on n’avait pas pour les autres vagues, et qui est liée à la vitesse de propagation d’Omicron », a-t-il encore poursuivi, estimant qu’il s’agit d’un « sujet essentiel ».

« Il y aura des ajustements à faire qui tiendront compte de la sévérité des formes cliniques » de la maladie provoquée par Omicron, a abondé un autre membre du conseil scientifique, Arnaud Fontanet. Selon lui, ces ajustements pourraient aussi dépendre du niveau de contagiosité de la personne à un moment donné, déterminé par des tests, ainsi que de la « nature des fonctions » qu’elle occupe.

Ces possibles « assouplissements » devront s’accompagner « d’un renforcement des gestes barrières », selon le Pr Fontanet. « C’est une question qui va toucher l’ensemble de la société » et « il faut s’attendre à ce qu’en janvier on fonctionne en mode dégradé », a-t-il jugé, en mentionnant également l’école.

Selon de premières études préliminaires venues d’Afrique du Sud, d’Ecosse et d’Angleterre, le variant Omicron semble entraîner moins d’hospitalisations que Delta. Mais dans le même temps, il est beaucoup plus contagieux, ce qui pourrait donc provoquer mathématiquement une hausse du nombre de patients hospitalisés, notamment les personnes non vaccinées et les plus fragiles.

La France a fait état mercredi de 84 272 nouveaux cas de Covid-19, ce qui constitue un record depuis le début de la pandémie. Le ministre de la santé avait déjà prévenu mercredi que le pays dépasserait « très vraisemblablement les 100 000 contaminations par jour d’ici à la fin du mois ».

  • Emmanuel Macron recommande un « test préventif » avant Noël

Face à ce regain épidémique, le président Emmanuel Macron a de nouveau appelé jeudi les Français à « prendre soin les uns des autres ». Il a écrit dans un tweet :

« Bonnes fêtes à tous ! A ceux qui auront la joie de se retrouver en famille pour Noël : les gestes barrières, un test préventif pour rassurer, et, en cas de symptôme, on s’isole, on alerte. A ceux mobilisés pour soigner, nous protéger : merci. Prenons soin les uns des autres. »

M. Macron a répété son message dans une vidéo publiée sur le réseau social TikTok. Il faut, « même si vous êtes vacciné, vous tester vous-même ou aller vous faire tester pour être sûr que vous n’êtes pas porteur du virus avant de retrouver vos proches », dit-il. Et puis « que ce soit une première dose ou que ce soit le rappel, il est temps de vous faire vacciner », a-t-il insisté.

« Même lorsque vous avez eu les deux doses ou quand vous avez été infectés, le rappel, lorsque l’heure est venue, vous protège, il réduit très fortement les formes graves », poursuit-il. « Faites-le pour vous, pour vos proches, maintenant, encore, exhorte-t-il. Nous sommes organisés pour cela. » A la veille du réveillon de Noël, les pharmacies et autres lieux de dépistage étaient toutefois engorgés partout en France.

  • Préfets et élus priés d’annuler leurs cérémonies de vœux 2022

Les préfets et les élus ont été invités par Gérald Darmanin à annuler leurs traditionnelles cérémonies de vœux du Nouvel An « par souci de cohérence et d’exemplarité », alors que le gouvernement a demandé aux Français de limiter les rassemblements face au Covid-19.

« Par souci de cohérence et d’exemplarité et afin de nous prémunir collectivement contre l’apparition de clusters qui auraient pour effet d’accélérer la propagation du virus, nous vous demandons de ne pas organiser les traditionnelles cérémonies de vœux », écrit le ministre de l’intérieur dans un télégramme daté de mardi et cosigné par la ministre de la cohésion territoriale, Jacqueline Gourault.

Il est également demandé aux préfets de « relayer ce message » auprès des élus pour les inciter à annuler l’organisation des vœux « en présentiel, quel que soit le format retenu ».

Le premier ministre, Jean Castex, avait déjà demandé, vendredi dernier, aux mairies de renoncer aux festivités du Nouvel An, notamment aux concerts et feux d’artifice, et annoncé que la consommation d’alcool serait interdite sur la voie publique.

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