Livourne 1742: le miracle de Pourim (1)
Située sur la rive ouest de la botte italienne, Livourne a été fondée à une époque très reculée et elle était déjà connue au temps des Étrusques. Elle est un grand port méditerranéen situé en Toscane peu éloignée de la ville de Pise. Livourne est une ville touristique très visitée et elle jouit d’un climat très agréable.
Livourne a une activité discrète jusqu’à ce que les conditions géologiques nuisent vraiment à l’essor économique de Pise qui s’enlise peu à peu dans les sables et c’est ainsi qu’au XVIème siècle Livourne est choisie pour son port et connaît un essor commercial hors normes.
La communauté juive n’est guère importante jusqu’à ce que les Juifs fuyant l’inquisition portugaise décident de s’installer à Livourne où le Grand-Duc de Toscane Ferdinand Ier leur ouvrit les bras et les accueillit cordialement en publiant ces paroles le 30 juillet 1591 :
« …A tutti voi, mercanti di qualsivoglia nazione, Levantini, Ponentini, Spagnoli, Portoghesi, Greci, Tedeschi, Italiani, Ebrei, Turchi, Mori, Armeni, Persiani ed altri […] concediamo […] reale, libero e amplissimo salvacondotto e libera facoltà e licenza che possiate venire, stare, trafficare, passare e abitare con le famiglie e, senza partire, tornare e negoziare nella città di Pisa e terra di Livorno… »
Traduction : « A vous tous marchands de toutes nations, du Levant ou d’Occident, Espagnols, Portugais, Grecs, Allemands, Juifs, Turcs, Maures, Arméniens, Persans et autres (…) concédons (…) un réel libre et très large saufconduit et une faculté et un permis très large de pouvoir venir, séjourner, faire du commerce, passer et habiter avec les familles d’aller et venir librement dans la ville de Pise ou le territoire de Livourne ».
En 1742, un séisme d’une force exceptionnelle secoua la ville de Livourne quelques jours avant le Nouvel An des arbres (tou bishevat), le 11 shevat, déjà (26 janvier) de très fortes secousses sismiques firent craindre le pire aux Livournais mais, le lendemain, 27 janvier et 12 shevat, le séisme détruisit les deux tiers de la ville causant de nombreuses pertes humaines et matérielles. Les rescapés du quartier juif frappés de stupeur rendirent grâce à l’Eternel qui les avait sauvés en proclamant ce 12 shevat comme pourim spécial de Livourne.
Par la suite, toujours à Livourne, les Juifs assistèrent à un autre miracle : en effet, Livourne étant une ville portuaire, de nombreux vaisseaux affrétaient et débarquaient. Les mesures hygiéniques et les contrôles sanitaires n’étaient pas aussi rigoureux qu’ils le sont aujourd’hui. En 1810 et en 1813 des épidémies de fièvre jaune et de peste se propagèrent en décimant la population. Le 25 tévet ou 1er janvier 1810, l’épidémie fut stoppée et c’est le 16 adar ou 16 février 1813 que l’on cessa de déplorer des morts, victimes de la fièvre bubonique. Ainsi les Livournais avaient trois dates miracle à perpétuer : le 25 tévet, le 12 shevat et le 16 adar. Pourim de Livourne.
Notons que nombre d’œuvres philosophiques, halakhiques et des livres de prières ont été imprimés à Livourne dès 1750.
Le grand sage Hayim Yossef David Azoulay (le Hida) est décédé en 1807 à Livourne. En 1823 est né à Livourne un grand philosophe et cabaliste juif Elie Benamozegh il mourut également à Livourne et 1900.
Un autre personnage juif célèbre vit le jour à Livourne en 1884 et mourut à Paris en 1920 il s’agit du célèbre peintre Amadeo Modigliani.
Beaucoup de Juifs livournais émigrèrent par la suite vers la Tunisie et l’Algérie et sur la plupart des rituels de prières de ces communautés est précisé que les textes suivent le rite est livournais.
A suivre
Adaptation par Jforum avec Caroline Elisheva Rebouh et Pierre Mamou
Sources: www.jguideeurope.org
Beit Hatfutsot
fr.wikipedia.org
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Magnifique voyage ! Où trouver les épisodes précédents ? Merci d’avance