L’isolement des Juifs américains

Source : Caroline B. Glick, Israel Hayom 03/11/2020

Les Juifs américains sont aujourd’hui plus isolés que jamais. Ils sont isolés au sein de leur camp politique qui ne se soucie pas d’eux, et ils sont isolés au sein du monde juif.

Sans connaître les résultats définitifs des élections présidentielles américaines, on peut déjà tirer certaines conclusions sans risque. Par exemple, on peut dire avec certitude qu’entre 70 et 80 % des Juifs américains ont voté pour le démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden.

À première vue, on aurait pu s’attendre à ce que les Juifs américains votent dans la même proportion, dans la direction exactement opposée. Après tout, de la Grande-Bretagne à la France en passant par l’Australie, au cours des dernières décennies, les communautés juives des démocraties avancées sont passées de la gauche à la droite.

Ce mouvement a eu lieu en réaction à la transformation de leurs foyers politiques traditionnels en terrain hostile. Depuis le début du XXe siècle, les partis de gauche ont toujours été plus favorables aux Juifs que les partis de droite. Mais depuis le début du 21e siècle, cette tendance historique s’est largement inversée. Les partis de gauche sont devenus de plus en plus hostiles aux Juifs et les partis de droite ont fait des efforts soutenus pour gagner le soutien des communautés juives. De Toulouse à Leeds, de Berlin à Melbourne, les Juifs ont lu la même carte politique et se sont tournés vers la droite.

En Amérique, la situation politique est comparable à celle des autres démocraties occidentales. D’un cycle électoral à l’autre, le pouvoir des forces progressistes hostiles à Israël et aux Juifs américains s’est accru au sein du parti démocrate. En revanche, le Parti républicain est devenu le parti le plus pro-israélien et pro-juif en dehors d’Israël que le monde ait jamais vu. Et pourtant, en contraste frappant avec leurs frères d’Angleterre et de Belgique, les Juifs américains ont fermement maintenu leur allégeance aux Démocrates et à la gauche politique.

Au cours des quatre dernières années, le contraste dans le comportement politique entre les Juifs américains et les Juifs d’autres démocraties occidentales est devenu de plus en plus notable. D’une part, Donald Trump est le président le plus pro-israélien et pro-juif de l’histoire des États-Unis. Trump a soutenu Israël presque sans condition. Il a combattu l’antisémitisme aux États-Unis plus efficacement que tout autre président et il l’a fait tout au long de sa présidence.

Pour leur part, les démocrates ont fait des pas de géant pour devenir la version américaine du parti travailliste dirigé par Jeremy Corbyn. Ce n’est pas simplement que les étoiles montantes du parti démocrate comme les congressistes Alexandria Ocasio Cortez et Ilhan Omar boycottent Israël. Elles le font avec le soutien total de la direction du parti. La sénatrice Kamala Harris, colistière de Biden, s’est rangée du côté d’Omar contre les Juifs américains qui avaient demandé au parti de censurer Omar après l’une de ses plus graves manifestations d’antisémitisme l’année dernière.

Harris a des liens étroits avec le Conseil national iranien-américain (NIAC), le lobby du régime iranien à Washington. Les dossiers de financement de la campagne de Biden à la veille de l’élection montrent que le NIAC est l’un de ses plus gros bailleurs de fonds pour la campagne. Harris a soutenu avec enthousiasme l’accord nucléaire avec l’Iran et a boycotté la conférence de l’AIPAC l’année dernière.

Au cours de ses 47 années de carrière politique, Biden est sans doute celui qui a le plus soutenu l’Iran dans la politique américaine, et ce depuis le plus longtemps. La première réaction de Biden aux attaques du 11 septembre a été de demander aux États-Unis de donner 200 millions de dollars à l’Iran.

Les juifs britanniques ont abandonné le Parti travailliste en masse et ont consacré leurs efforts collectifs à dénoncer et à combattre l’antisémitisme au sein du Parti travailliste après que Corbyn eut remporté la course à la direction en 2015. Quelque 90 % des Juifs britanniques ont voté pour les conservateurs lors des élections de l’année dernière. En contraste, les Juifs américains sont parmi les contempteurs les plus virulents et les plus expéditifs du président Trump.

Qu’est-ce qui explique le fossé béant entre les Juifs américains et les autres communautés juives occidentales, sans parler de celui qui sépare les Juifs américains des Juifs israéliens ?

Les Juifs américains donnent au Parti démocrate un blanc-seing pour les avoir abandonnés parce qu’ils ne veulent pas reconnaître qu’ils sont abandonnés. Malgré l’hostilité des progressistes envers eux, les Juifs veulent rester progressistes.

Les Juifs progressistes qui ont remarqué la montée des forces antisémites dans leur parti, sont rassurés et reçoivent la permission de rester dans le parti de la part de dirigeants et de personnalités juives qui insistent sur le fait que, même si les choses ne sont pas parfaites, ou même bonnes dans leur propre camp, ils peuvent rester parce que Trump – bien que « gentil » avec Israël – est un crypto-nazi.

Les calomnies répétées et sans fondement de Jonathan Greenblatt, PDG de l’Anti-Defamation League, et de l’écrivain Bari Weiss, qui affirment que Trump a fait l’éloge des suprémacistes blancs lors des émeutes de Charlottesville en 2017 – alors même qu’il les a condamnés à trois reprises, pendant et immédiatement après les émeutes – ainsi que les allégations selon lesquelles Trump fait l’éloge des suprémacistes blancs et facilite ainsi leurs attaques contre les Juifs, permettent aux Juifs progressistes qui s’inquiètent de ce qui se passe dans leur parti de rester impassibles malgré leurs préoccupations.

La montée en flèche des taux d’assimilation parmi les Juifs américains indique que, toutes choses étant égales par ailleurs, la plupart des Juifs de la gauche politique cesseront de s’identifier comme Juifs d’ici une génération et demi.

De même, la montée des Juifs américains antisionistes qui soutiennent l’anéantissement d’Israël en tant qu’État juif indique que dans les années à venir, très vraisemblablement, les Juifs américains joueront un rôle de premier plan dans la campagne démocrate/progressive contre Israël. À titre d’exemple, deux mois après qu’il a appelé à la destruction d’Israël dans une chronique du New York Times, le mois dernier, Peter Beinart, un juif américain antisioniste de premier plan, s’est vu accorder par ce journal une chronique régulière.

Comme l’indique leur soutien massif à Biden, indépendamment de ce que l’avenir leur réserve, les Juifs américains sont aujourd’hui plus isolés que jamais. Ils sont isolés au sein de leur camp politique qui ne se soucie pas d’eux, et ils sont isolés au sein du monde juif. CG♦

Caroline Glick 

Adaptation Mabatim.info, avec l’aide de DeepL.com

10 Commentaires

  1. Ils ont peur de perdre leurs amis de gauche.Dur de changer de genre de vie,Ils croyent etre des personnes de haute moralite en soutenant leurs principes de gauche meme et surtout quand ce n’est pas l’interet d’Israe et encore plus parce qu’ils sont juifs.Ils croyent a la victoiure des puissances d’argent qui sont en majorite parmi les democrates,leur attachement a Israel d’autre part se delite au fur et a mesure qu’ils s’assimilent en abandonnant entre autres la religion et pour toutes ces raisons ils sont tres receptifs au matraquafe mediatiques contre Israel l.

  2. Pendant les cinquante premières années de l’état d’Israël les Juifs Américains ont dans leurs très grandes majorité soutenu l’état d’Israël, a cette époque les deux partis Américains se cofonder, moi personnellement je ne faisait aucune différence démocrates et républicains, les élections américaines étaient folkloriques et bonne enfant avant que les communistes de l’Union Soviétique ne s’infiltre dans tous les rouages du parti démocrate, des universités, et de la culture, pendant toute cette période les juifs Américains avaient beaucoup de poids sur le gouvernement Américain, ce qui a permis a Israël de s’émanciper, les JA ont suivit comme tous les Américains démocrates le lavage de cervelle, un formatage totale du cerveau, suivi d’une reprogrammation ultra gauchiste radicale destructive, ils sont actuellement entre le marteau et l’enclume, leurs seule chance, est de se tourner radicalement vers les républicains ou ils pourront a nouveau relever la tête.

  3. M. Louzoun, vous retardez de deux générations. Dans un colloque sur les Juifs dans le monde en 2017 à l’Institut Martin Buber de l’Université Libre de Bruxelles, cette vieille rengaine a été descendue en flèche. On comptait en 2016, 5,1 millions de Juifs aux USA en y incluant les enfants des couples mixtes Juif / non-juive / non-Juif / juive. A ce moment, Israël avait dépassé les 7 millions de Juifs sur une population totale de 8, 5 millions d’habitants. C’est un fait archi-connu maintenant : Israël concentre à peu près 45 % des Juifs du monde et les Etats-Unis, moins d’ un tiers alors qu’ils étaient 7,3 millions aux Etats-Unis au milieu de la décennie 1930 – 1940. Bref, ils sont de moins en moins juifs et de moins en moins nombreux. C’est une déliquescence complète quand on regarde les écoles primaires et secondaires où les Juifs font étudier leurs enfants et qui ne sont presque jamais juives. Et cela ne peut que se détériorer vu leur grave manque de combativité comme Juifs dans l’arène politique et celle des médias (sauf pour se plaindre d’Israël). Leur peur de perdre leurs amis « de gauche » est la première raison de leurs diverses fuites. Le Monde de Paris est antisioniste à la limite de l’antisémitisme depuis les années 70 ou 80. Le New York Times et le Washington Post ont viré leur cuti dans les années 90 et personne n’ose les critiquer. Ce sont de tels journaux et hebdomadaires qui montrent le chemin et donnent lez la à tous les médias de leurs pays respectifs. Les Chrétiens évangéliques des USA sont beaucoup plus favorables à Israël et son « sionisme » que les Juifs américains eux-mêmes. Nathan le Toqué (de Bruxelles)

  4. Le problème c’est que ces juifs américains représentent 50% du peuple juif !
    Il faut essayer de les reconquérir et de recoller les morceaux. C’est vital

  5. « La montée en flèche des taux d’assimilation parmi les Juifs américains indique que, toutes choses étant égales par ailleurs, la plupart des Juifs de la gauche politique cesseront de s’identifier comme Juifs d’ici une génération et demi. »
    C’est cela qui explique l’attention plus ou moins bienveillante de la gauche, par ailleurs antisémite depuis toujours, à l’égard des juifs.

  6. En fait, la grande majorité des médias critiquent Israël à longueur de journée en usant de fausses informations et/ou d’un double standard à l’encontre d’Israël et cela influence tout le monde : les Juifs et les autres. La fracture ne se situe pas entre les Juifs américains et les autres Juifs mais entre les Juifs libéraux, conservative et laïc (non -croyant) d’une part et d’autre part, les Juifs religieux du courant orthodoxe. Il est très difficile de résister au rouleau compresseur des médias et seul un faible pourcentage des auditeurs, téléspectateurs, lecteurs y parviendra. Cela demande beaucoup d’intelligence pour déceler les incohérences et de temps pour s’informer. Généralement, les Juifs orthodoxes ne critiquent pas Israël « parce qu’on ne critique pas sa famille ». Les autres Juifs estiment généralement qu’on peut critiquer Israël et ne s’en privent pas mais souvent leur critique use de double standard. En réalité, même si l’attitude des Juifs orthodoxes est la plus positive vis-à-vis d’Israël, les 2 attitudes sont sans fondements logiques. En réalité, la critique d’Israël doit être possible mais uniquement en usant des mêmes critères que ceux pour critiquer les autres pays et/ou gouvernement. Généralement la critique à l’encontre d’Israël est basée sur le double standard à savoir un critère pour Israël et un autre pour les autres pays comme cela se passe quotidiennement sur de nombreux médias ; c’ est de l’antisémitisme même si c’est le fait de Juifs et même d’Israéliens Juifs.

    • Je ne suis pas contre ce que vous dites, mais quand la patrie du peuple juif est attaquée de toutes parts, on ne joue pas contre son camp, surtout sur la place publique.
      Il y a plein d’aspects dans la politique israélienne qui m’exaspèrent, mais je ne les exprime que dans mon cercle privé. En outre, nous ne connaissons pas les dessous des affaires et ne vivons pas avec l’épée de Damoclès au dessus de nos têtes comme c’est le cas en Israel.
      Alors ayons la pudeur et l’honnêteté de nous abstenir de critiquer.

  7. Dissonance cognitive manifeste, ceux-là, plus vraiment juifs, et tellement dissociés de leur origine, ont perdu le « lien ». Triste…
    Mais c’est écrit en clair… :
    « Je les poursuivrai, jusqu’à la 3ème, (voire) la 4ème génération, jusqu’à ce qu’ils aient disparu d’au milieu de leurs frères… »
    Combien sont-ils « encore juifs », hormis les pratiquants, traditionnels ou orthodoxes ?
    Ces malheureux ne sont plus…reconnus, simplement, des SIF, sans identité fixe.

    • Il est expliqué là-bas, dans le texte « pour ceux qui persistent ».
      Pour ceux qui gardent le lien, bénis jusqu’à…la 1000 ème génération, c-a-d pour toujours.

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