L’annonce du communiqué conjoint sur l’accord-cadre forgé par les Etats-Unis avec l’Iran, à Lausanne, a mis en lumière le stratagème et la duperie du Président Barack Obama. Nous avons été les témoins du flagrant mépris du Guide Suprême de l’Iran, Ali Khamenei. Ce dernier a rejeté les points essentiels de l' »accord » et il a dénoncé les objectifs diaboliques de l’Amérique, alors que ses partisans scandaient « Mort à l’Amérique ».

Cependant, Obama insistait qu’un véritable accord-cadre avait été conclu, écartant les objections de Khamenei comme « des propos à usage domestique« . Il a répété que l’Iran ne deviendrait jamais une puissance nucléaire, tant qu’il serait là.

Aujourd’hui le 1er Ministre Benjamin Netanyahou ne parle plus dans le désert. Un flot de condamnations s’est déversé de nombreux secteurs des medias. Nombre de  libéraux y compris des inconditionnels d’Obama – qui s’étaient auparavant moqué de Netanyahou lors de son discours au Congrès et avaient justifié les critiques.

Le problème c’est qu’Obama et ses acolytes refusent de voir la réalité en face: le régime iranien n’est pas simplement terroriste, mais contrôlé par des fanatiques religieux baignant dans un fondamentalisme messianique. Ces gens-là sont prêts à détruire le monde: ils ont déjà envoyé à la mort plus d’1/2 million d’enfants-soldats, pendant la guerre contre l’Irak dans les années 80; ces enfants martyrs avaient dans leur poche une clé plastique d’entrée au paradis. Les moyens de prévention en vigueur au temps de la Guerre Froide avec les Russes – une mutuelle auto-destruction — n’est plus d’actualité dans ce conflit. Ces gens-là sont prêts à un suicide nucléaire pour détruire Israël, et ils sont persuadés que c’est le chemin du paradis.

L’Iran finira par accepter un accord pour que les sanctions soient levées d’emblée, et ce pays deviendra en toute légalité internationale une « hégémonie nucléaire de seuil », avec la latitude de devenir une puissance nucléaire légitime au bout de 13 ans, comme l’a confirmé le président Obama. Deux anciens secrétaires d’Etat Henry Kissinger et George Schultz ont écrit dans le Wall Street Journal: « Les négociations pour empêcher l’Iran d’avoir la capacité de développer une arsenal nucléaire se terminent par un accord qui leur donne cette capacité« 

La décision cynique de Vladimir Poutine de lever l’interdiction de livrer des anti-missiles S-300 élimine toute velléité de neutraliser l’influence néfaste d’un Khamenei.

Il ne reste plus que le Congrès américain qui puisse empêcher cet accord, qui a des implications frisant la catastrophe, et il ne reste plus que quelques semaines pour agir.

Les nouvelles lois proposées requérant l’approbation du Congrès pour tout accord avec l’Iran et toute levée des sanctions sont en cours de vote.

Dans ce contexte, l’attitude des Juifs américains vis-à-vis des actions du président Obama est d’une importance extrême (1). Toujours favorables au parti démocrate, les Juifs, commencent à se rendre compte que celui qu’ils ont élu mène depuis un certain temps déjà une politique d’abandon progressif d’Israël.

Conscient de ce revirement, Obama apparaît soudain plein de sollicitude, exprimant un étonnement peu sincère devant les affirmations qu’Israël est loin de son cœur, affirmant même cyniquement, qu' »un Israël affaibli serait un échec patent de sa présidence« . Drôles de propos d’un président qui a traité Israël comme un état voyou pendant ses deux mandats. Il a même ajouté que « si quelqu’un touchait Israël, il trouverait l’Amérique sur son chemin« . Propos vides de sens et pathétiques d’un président qui n’a fait que malmener ses alliés au profit de ses ennemis.

Au milieu des négociations avec l’Iran, un responsable iranien a annoncé que « la destruction d’Israël n’était pas négociable« . Obama a simplement regretté ces propos qui n’ont eu aucune influence sur sa position.

Les responsables juifs ont mis du temps à s’apercevoir que leur président n’était pas du côté d’Israël. Pourtant de nombreux soutiens passionnés d’Obama sont juifs ou d’origine juive. Les plus bénins sont schizophrènes: ils aiment Israël, mais au lieu de critiquer l’administration Obama, ils sont vindicatifs à l’égard de Netanyahou, considéré comme « extrémiste »… Les plus vicieux sont les groupes franchement anti-israéliens comme J Street, G Soros  et les organisations gauchistes qui demandent à Obama de « punir Israël »….. Mais il y a relativement peu de Juifs parmi ces activistes, souvent ce sont d’anciens communistes, ou « bundistes » ou leur progéniture qui a hérité d’idées désuètes hostiles au sionisme. Parmi les jeunes, il faut savoir que 80% des Juifs non orthodoxes et non traditionnels se marient en dehors de la communauté juive. Leur seul lien avec le judaïsme c’est d’avoir un seul parent juif, sans aucune transmission de la culture ni de la tradition, et sans aucun lien avec Israël.

Mais globalement, le judaïsme américain de base soutient encore Israël, et, même dans une grande proportion le gouvernement Netanyahou, malgré les réticences de nombreux responsables, qui ont tardé à manifester leur soutien. Leur « silence apeuré » contraste avec la réaction de la majorité des Américains qui ont tancé Obama, dès qu’ils ont compris ses manigances.

Après le discours de Nétanyahou au Congrès et l’attitude du gouvernement Obama à Lausanne, l’Aipac (The American Israel Public Affairs Committee)s’est enfin décidé à reprendre son lobbying pro-israélien au Congrès. Il a été suivi par la Conférence des Présidents des organisations juives américaines, de même qu’Abe Foxman de l’Anti Defamation League qui était auparavant opposé à la venue de Netanyahou. Il en est de même de David Harris, chef de l’AJC (American Jewish Comittee) et du rabbin colombe Yitz Greenberg qui a accusé Obama d’avoir créé « une menace existentielle à Israël« .

Avec la date limite de fin juin pour finaliser un accord avec l’Iran, avec une administration Obama prête à ne plus soutenir Israël devant les instances internationales en majorité pro-arabes, avec un président cherchant à se faire valoir ou pire à nuire à Israël, il est grand temps que l’ensemble des dirigeants et responsables juifs aux Etats-Unis se réveillent et se lèvent pour aider le Congrès à devenir un contre-pouvoir en matière de politique étrangère et à faire prévaloir son point de vue en neutralisant le veto du président. La survie d’Israël à terme est en jeu.

 

Par Isi Leibler, journaliste israélien d’origine américaine –www.wordfromjerusalem.com. ileibler@leibler.com.

IsraelHayom 15/4/15

Adapté et résumé par Albert Soued, écrivain pour www.nuitdorient.com

Note de www.nuitdorient.com

(1) Les Juifs américains ont voté pour le parti démocrate et son candidat Barack Obama à 80% en 2008 et à 70% en 2012. Aveuglement, snobisme, atavisme, habitude héritée des années d’avant et après-guerre ? Toujours est-il qu’une grande partie d’entre eux le regrette aujourd’hui.

Lisez d’urgence  Cheval de Troie, dîtes-vous ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.