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Les Boycotteurs de BDS boycottés par Israël

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Le 7 août 2016, le Ministre israélien de l’intérieur Aryeh Deri et le Ministre de la  Sécurité Publique Gilad Erdan ont décidé de former une force d’intervention pour « expulser et interdire l’entrée des militants BDS » (Boycott Désinvestissement Sanction) en Israël et dans les territoires de la zone C de Cisjordanie. Pour Gilad Erdan : « Nous ne devons pas permettre à des militants de BDS d’entrer en Israël. Ceci est une étape nécessaire, compte tenu des intentions malveillantes de ces militants à nous délégitimer et à propager des mensonges et les distorsions de la réalité dans notre région ». Pour sa part, le Ministre de l’intérieur a rappelé que « Lutter contre le boycott d’Israël commence par la lutte contre ceux qui sapent l’État d’Israël ». « Nous avons la responsabilité de faire tout notre possible pour écraser tout boycott et dire clairement que nous ne permettrons pas que l’État d’Israël soit lésé. La formation du groupe de travail est une étape importante dans cette direction». Le Mouvement BDS doit cesser sa propagande diffamante, calomnieuse et mensongère, uniquement destinée à jeter l’opprobre sur I’ État juif.

La déclaration conjointe a indiqué qu’actuellement, des centaines de militants pro palestiniens et des dizaines d’organisation se trouvaient en Israël pour « pour recueillir des informations et les utiliser pour le boycott d’Israël et nuire à ses citoyens ». Pire, les militants BDS se rendent dans les territoires de la zone C de Cisjordanie pour inciter les palestiniens à se révolter. Le Groupe de travail devrait donc permettre de surveiller les militants étrangers mais également les militants israéliens et palestiniens impliqués dans cette campagne nuisible.

L’expulsion des activistes est la dernière d’une longue liste de mesures adoptées contre le mouvement au cours ces derniers mois. En janvier 2016, la Knesset a organisé une conférence pour discuter des moyens de lutte contre le Mouvement BDS, consacrant 100 millions de shekels (26 millions de dollars) du budget du gouvernement de 2016 à ce projet. En mai 2016, Israël a interdit l’un des cofondateurs de BDS, Omar Barghouti, de se rendre à l’étranger (celui-ci s’en est ému en considérant que la mesure montrait « jusqu’où Israël était prêt à aller pour arrêter la propagation du mouvement non-violent et palestinien du BDS pour la liberté, la justice et l’égalité » (sic)). Le 12 juillet 2016, la Knesset a adopté un projet de Loi « sur la transparence des Ong » obligeant les structures associatives à révéler leurs sources de financement lorsque plus de la moitié de celui-ci provient d’entités étrangères publiques. (Le leader de l’opposition Isaac Herzog du parti sioniste a pourtant critiqué la mesure, dénonçant la Loi comme symbolisant « le fascisme naissant dans la société israélienne ». (sic)).

Empêcher les activistes du mouvement BDS de se rendre en Israël est incontestablement une excellente chose : Israël doit boycotter de son territoire tous ceux qui le boycottent. Pour autant, il conviendrait également, pour Israël, de s’attaquer aux mensonges de ce mouvement pour, d’une part, rétablir la vérité sur la situation contemporaine, et d’autre part, récupérer son honneur.

En effet, le mouvement BDS culpabilise les partenaires de l’Etat juif situés en Israël ou en zone C de Cisjordanie et fait ses émules en surfant sur la vague de l’anti-israélisme viscéral des uns ou sur la naïveté des autres, nourris des mensonges sur la soit disant « occupation par Israël des territoires » que l’on nomme à tort « palestiniens ».

Lors de sa naissance le 9 juillet 2005, le Mouvement BDS a construit son argumentaire sur la base de deux postulats faux. Tout d’abord, il a indiqué qu’Israël occupait la Cisjordanie palestinienne depuis 38 ans et qu’il accroissait son emprise avec le mur de sécurité. Par ailleurs, il a repris la thèse internationale selon laquelle Israël refusait les perspectives de paix et de se conformer aux décisions internationales en mettant fin à son occupation » (sic). Aussi, s’est-il fixé de mener des actions de sorte qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit des palestiniens à l’auto détermination en :
– mettant fin à son occupation
– en reconnaissant le droit des arabo palestiniens en Israël à une égalité absolue
– en reconnaissant le droit au retour des réfugiés palestiniens sur la base de a résolution 194 de l’Onu du 9 décembre 1948.

C’est donc sur ce terrain qu’il convient de se placer pour souligner les incohérences dans le raisonnement du Mouvement BDS et sa méconnaissance de la situation.
D’une part, Israël n’occupe pas la Cisjordanie depuis 1967. L’occupation de la Jordanie a duré jusqu’en juillet 1988, date de la renonciation par le Royaume hachémite à ce territoire. Depuis, les prérogatives civiles et militaires israéliennes en zone C de Cisjordanie (60 % du territoire) résultent des accords passés entre Arafat d’une part, et Pères et Rabin, d’autre part, qui ont, tous trois, reçu le prix Nobel de la paix.

D’autre part, Les citoyens arabes en Israël ont une égalité de droits, comme tous les citoyens israéliens en Israël. Les résidents palestiniens de Jérusalem disposent d’une carte de séjour comme tous les étrangers en situation régulière dans les pays dont ils ne sont pas les nationaux. (De leur côté, les palestiniens jouissent d’une parfaite autodétermination puisqu’ils dépendent de l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie, et du Hamas, dans la Bande de Gaza).

Enfin, le droit au retour visé par la résolution 194 de l’Onu concerne les palestiniens qui avaient des « foyers en Israël en 1948» (non leurs arrières petits enfants,  enfants). Par ailleurs, le retour devait se faire « le plus rapidement possible » (non 70 ans après. d’ailleurs beaucoup l’on exercé en 1949, notamment les chrétiens de Galilée). Enfin, il était réservé aux palestiniens qui voulaient vivre en paix avec Israël (non à ceux qui veulent le détruire). Le cas échéant, la résolution préconise des indemnités financières pour les biens perdus, seules prérogative susceptible d’être invoquée par les palestiniens, si tant est qu’ils étaient propriétaires de biens immobiliers.

A sa décharge, le Mouvement BDS s’appuie sur des qualifications juridiques impropres qui participent du mensonge international. Le 21 octobre 2003, l’Onu a adopté une résolution condamnant la construction du mur se sécurité qui, selon le texte, empièterait sur le territoire palestinien occupé » (sic). En outre, le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice a rendu un avis sur la question selon lequel : « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ». Ces résolutions et avis sont juridiquement faux puisque la Palestine a été reconnue comme Etat de l’Onu le 29 novembre 2012 (9 ans plus tard), et encore, sans territoire d’affectation. Comme la Palestine n’a jamais été occupée, il ne sert à rien de répéter des inepties en boucle pour fabriquer une vérité.

En attendant que la communauté internationale reconnaisse ses erreurs, Israël restera en droit de boycotter ses boycotteurs… menteurs.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

2 COMMENTS

  1. idem pour al dzazira qui termine toujours ses reportages par” jerusalem occupée”…jusqu’à quand!!!! faut savoir ce que l’on veut

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