Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik © AFP / Ludovic Marin

L’après confinement selon Boris Cyrulnik : “on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature”

 par  France Inter publié le 
Invité du “Téléphone Sonne”, Boris Cyrulnik a donné sa vision sur l’après-confinement. Retrouvez ici les réponses du neuropsychiatre données au micro de Claire Servajean.

Le Covid-19 laissera-t-il un traumatisme ? 

Boris Cyrulnik : “Peut-être pas un traumatisme, mais un problème à résoudre.

On a cru pendant 70 ans que les épidémies appartenaient au passé. On découvre que cette épidémie a probablement été provoquée par l’hyper technologie : celle de l’élevage qui concentre les animaux, et accroît l’effet de serre, mais aussi celle du transport des aliments, de l’aviation (le virus ne se déplace pas, c’est nous qui le transportons).

On a oublié qu’on appartenait au monde vivant : on partage la planète avec les animaux. Si on enferme les animaux, si on fait de la surpopulation dans les élevages, on crée les conditions de fabrication de virus. Ensuite les avions et les autres moyens de transport font le reste. Bref, si on massacre le monde vivant, on partira avec lui

C’est la leçon dont les scientifiques et les politiciens devront tenir compte. C’est une banalité, mais on l’avait oubliée.

On pensait qu’on était au-dessus des lois de la nature. Eh bien non, on n’est pas au-dessus, on est dans la nature. Et si on ne change pas l’an prochain, il y aura une autre épidémie de virus.”

Quel est le risque après la catastrophe ?

BC : “Après les situations de catastrophes ou de chaos, le danger arrive souvent de quelqu’un qui dit : « J’ai la solution, votez pour moi » Et ce sont des dictateurs que les gens sont prêts à croire… Mais généralement, c’est une escroquerie politique.

La bonne solution serait d’attacher de l’importance à « l’être ensemble » et au groupe pour lequel on fait des efforts et on renonce à certaines choses. La solidarité est un précieux facteur de résilience, mais c’est aussi un sacré défi.”

On entend beaucoup parler du monde d’après qui serait différent. Mais à vous écouter, il va falloir faire très attention à ce qu’il peut être. 

BC : “C’est un enjeu énorme :

on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature  – qu’elle soit politique, religieuse, financière ou liée à l’hyper-consommation. 

L’après catastrophe peut être bénéfique. Au Moyen-Âge, des commerçants ont apporté le bacille de la peste. En deux ans, il a tué un Européen sur deux. Avant 1348, les aristocrates qui possédaient des terres vendaient ou achetaient des serfs.  Après l’épidémie, en raison de la pénurie de main d’œuvre, ils ont dû mieux traiter les paysans et le servage a disparu en deux ans.

Mais l’après catastrophe peut aussi avoir des effets maléfiques. Parce que l’Allemagne avait été humiliée en 1918 par le traité de Versailles, les Allemands ne pouvaient pas se reconstruire. Est arrivé un pseudo sauveur… Et en 1933, il a été élu, ce qui a provoqué une catastrophe mondiale.

Là, on aura le choix de vivre solidairement, d’une autre manière : en redonnant la parole à beaucoup de ceux que l’on redécouvre maintenant, les aides-soignantes, les infirmières, les facteurs, les éboueurs.

Si on ne le fait pas, il y aura des candidats dictateurs.

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11 Commentaires

  1. Je leur donnerai des jeunes gens pour chefs, Et des enfants domineront sur eux.
    Ésaïe 3:4

    Malheur à toi, terre, quand ton Roi est jeune, et quand tes Gouverneurs mangent dès le matin!

  2. Étonnant qu’il y ait des gens qui ne connaissent pas B. C
    Et, pire, ne le connaissant pas, se permettent des avis médisants. L’inculture est un manque, mais quand on s’en vante, elle devient un défaut.
    Le “téléphone sonne” n’est pas un reportage, ou un dossier, même pas un interview.
    C’est un coup de téléphone, une demande d’avis, sur le grill. 2 ou 3 minutes en ligne. Le Pr Cyrulnik. (enfant caché) est une des grandes consciences de ce pays.
    Il reste fidèle à ses opinions, déductions inscrites en clair dans ses livres et essaies. Un_réel_humaniste, il a vécu ce dont il parle. Si les politiques l’écoutaient…
    Ad mea ve essrim.

  3. Un peu cucu la praline !
    Il y aura certes beaucoup de chose à revoir et surtout réindustrialiser et produire plus locale.
    Mais ” on n’ a pas de pétrole et on a des idées….”malheureusement très mauvaises idées….
    Quant au nucléaire pour faire tourner nos usines, pour faire plaisir aux “écocus” Macron dit calligula minus a fait voter la fermeture de 14 centrales nucléaires…..
    Beaucoup de doute sur la Chine quant à ce virus….et les conséquences en Europe aie aie aie….

  4. ki est ce cet illustre inconnu de plus ? de quelles limbes est il sorti? fait il partie de la cohorte de la vermine ? Quel talent est déployé par des journalards pour faire sortir le purin du fumier !!

  5. très bon article
    Faisons des sondages auprès des personnels soignants !!!! J ai travaillé près de quarante ans dans les milieux pauvres avec plein de personnel au cœur d or qui les aidaient
    Bonne idée !!!Restons unis et n écoutons pas les fausses info qui nous divisent

  6. Boris Cyrulnik, encore un écolofasciste ! Et que de belles certitudes. L’homme exploite trop la terre (mieux vaudrait que nous mourrions presque tous de faim pour que la planère “vive”) utilise des modes de déplacement néfastes (des avions pensez donc). Et cette “hypertechnologie” accroit l’effet de serre. En sommes nous sommes tous collectivement responsables de cette épidémie !

    1- Il est plus que probable que ce virus chinois ne soit pas lié à une mutation dans un marché aux animaux, insalubre, mais bien dans un laboratoire P4 mal géré. Attendons les preuves mais les obstacles mis en place par les Chinois pour que l’origine réelle de ce virus soit connue ne présagent rien de bon. Lisez la presse libre et vous saurez que l’Australie demande des comptes à la Chine, comme les Etats-Unis. Monsieur Cyrulnik ne peut même pas penser une chose pareille ! Tous coupables.

    2- Il est malhonnête de voir un effet néfaste à l’humanité entière et de ne pas considérer que nous ne sommes pas tous pareils et que les dictatures sont infiniment plus dangereuses que les démocraties pour les épidémies (la Chine n’en est pas à son coup d’essai) et pour la planète. Regardez les préoccupations écologiques des Chinois depuis des décennies.

    3- Bien sûr sans avion le virus se propagerait moins vite. Mais les avions servent ils seulement à propager un virus ? N’est il pas judicieux de les utiliser ? Un déplacement sûr et rapide des humains d’un point à un autre du globe n’est il pas préférable à l’usage de diligences ? Plus généralement faut il condamner tous les progrès accomplis par l’homme ?

    4- Quant à l’effet de serre allégué, rien ne prouve son existence, mais chut il ne faut surtout pas le dire, sinon vous devenez ecolosceptique (écoloseptique aussi ?) insulte bien plus infamante que celle de raciste ou d’abruti.

    Il y a des avis tout faits, d’une grande banalité parce qu’ils rejoignent de vieux poncifes éculés, dont on se passerait volontiers.

  7. La France n’est plus une démocratie il suffit de voir le traitement ahurissant de l’information. Écoutez ce que dit Macron le matin, je peux vous dire ce que diront les médias le soir.
    Être gouverné par un gamin gerontophile n’est pas le signe d’une bonne santé démocratique mais plutôt de ses travers.

  8. Il y a déjà en France un dictateur élu par une élection truquée et une justice manipulée .
    Certes une agression sexuelle par une adulte alors qu’il avait à peine quinze ans a dû profondément marquer le jeune homme qui est devenu un psychopathe.
    Le résultat est là : des français vieux et blancs gazés, tabassés et mutiles par sa police. Et maintenant, une population enfermée avec un ausweiss à présenter pour sortir.
    Staline et Pol Pot doivent être émus devant tant d’ingéniosité.

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