La ruse d’Abbas pour rivaliser avec la Mairie de Jérusalem ©

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Le stratagème d’Abbas pour rivaliser avec la Municipalité de Jérusalem

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Les Etats-Unis, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et Israël également, ont tous mis en garde le chef palestinien octogénaire Mahmoud Abbas contre l’idée d’organiser des élections municipales le 8 octobre auxquelles il a appelé les villes et localités de la bande cisjordanienne de Judée-Samarie contrôlées par les Palestiniens, mais également celles de la Bande de Gaza.

Abbas espérait prendre le Hamas islamiste au dépourvu, à un moment où il se trouve dans de beaux draps sur la scène arabe (et bien qu’Abbas et le Fatah soient également en complet chaos de leur propre côté) et que la Bande de Gaza sous sa férule se trouve en situation financière désespérée et sous la pression intérieure.

Mais, au lieu de cela, le Hamas a retourné la situation à son désavantage et annoncé que, cette fois, à la différence de 2012, quand le groupe palestinien fondamentaliste avait choisi de s’abstenir de voter, il est plus que déterminé à présenter des candidats pour déifier les politiciens locaux du Fatah et obtenir des mairies.

Plus d’un million d’individus se sont déjà inscrits pour voter.

Abbas a été averti qu’en menant ce projet d’élections, il exposerait son parti du Fatah à la même défaite dont il a déjà fait l’expérience au cours des dernières élections parlementaires organisées par les Palestiniens il y a dix ans, quand le Hamas l’avait balayé pour obtenir une majorité de 66% au cours de cette législature [NDLR : ce qui fait que le Président de “l’AP”, qui n’existerait plus depuis cette période, devrait obligatoirement être le chef de file du Hamas au Parlement palestinien. Il va sans dote que cela se traduirait instantanément par la fameuse “3ème Intifada” que tout le monde dit redouter. Tout le monde? Sauf Abbas, qui sent venir sa fin] 

 

Le Hamas n’a, cette fois, pas besoin de ramasser la moisson de ces 400 conseils municipaux de la bande cisjordanienne de Judée-Samarie et de la Bande de Gaza. Cette campagne seule donne aux islamistes l’occasion de restaurer son infrastructure politique en ruine, en Judée et Samarie. Poubvoir démanteler ses réseaux a pris trois bonnes années aux services de renseignements israéliens, palestiniens et américains. C’est exactement tout ce laborieux travail que ces élections vont pouvoir envoyer à la ferraille. Le jour d’après le vote, personne ne doute plus que le Hamas va diriger son dispositif de campagne et le soutien des électeurs pour rétablir ses réseaux terroristes.

Les responsables israéliens et américains impliqués dans la résolution de la question palestinienne perçoivent les bénéfices électoraux récoltés par le Hamas comme débouchant directement sur un soulèvement de la Bande cisjordano-palestinienne – fondée sur le type de terrorisme lancé à partir de septembre dernier et qui est en plein essoufflement actuellement. Ces responsables, quand ils tentent d’intercéder auprès des personnalités palestiniennes, pour les mettre en garde contre le fait qu’ils sont en train d’ouvrir une boîte de Pandore, découvrent que Ramallah est en état de chaos frénétique.

La confusion est telle qu’il est impossible de faire le tri pour déceler qui soutient qui, dans les loyautés embrouillées entre les factions, les “militants”/terroristes et les diverses familles et clans. Certains membres du Fatah paraissent prévoir de faire sécession vis-à-vis de leur dirigeant Abbas et de mener des listes indépendantes. Parmi eux, on trouve des personnages prédominants comme le Maire de Naplouse Ghassan Shak’a. Pour s’opposer à lui, les disciples d’Abbas font appel à Mohammad Ayish, un homme d’affaires qui dirigeait la liste du Hamas dans cette même ville, il y a quatre ans. 

A Al-Bireh, un quartier de Ramallah, les adhérents du Fatah organisent cinq listes séparées.

Ainsi, bien avant même le décollage, la campagne électorale du Fatah se répand déjà en profondes divisions. Le Hamas n’est guère en meilleure forme.

Ce groupe souhaiterait  se raccrocher à Mahmoud Dahlan, l’ancien homme fort de Gaza, l’ennemi juré de Mahmoud Abbas, devenu magnat des affaires se déplaçant entre Abu Dhabi, le Caire et sa villa au Montenegro, pour qu’il parraine ses candidats grâce à de l’argent frais, dans le but de gâcher les chances d’Abbas. Mais Dahlan n’a montré que très peu d’intérêt pour ces élections municipales palestiniennes et encore moins pour financer des politiciens du Hamas.

Cela peut être partiellement dû à l’imprévisibilité d’Abbas. Même les Palestiniens ne sont pas sûrs  qu’il ne lui viendra pas à l’esprit d’annuler ces élections- et même à la toute dernière minute.

Pour convaincre les Palestiniens qu’il ne plaisante pas et que faire campagne doit être pris au sérieux, Abbas s’est lancé dans ce qu’il appelle son “Grand Jeu à Jérusalem”.

Sachant pertinemment que les Israéliens ne laisseront pas l’Autorité Palestinienne installer des bureaux de vote à l’Est de Jérusalem, qui abrite 130.000 Palestiniens, son plan consiste à déclarer l’ouverture d’élections pour une municipalité palestinienne qui gérerait la partie Est de la Capitale d’Israël en concurrence de la municipalité israélienne. Il a choisi le village d’Abu Dis en tant que siège et y a déjà installé un “gouverneur palestinien de Jérusalem”, qui n’est reconnu par personne et connu de très peu.

Pour Abbas, cette manoeuvre présente un autre risque. S’il échoue à organiser le scrutin pour une “municipalité palestinienne de Jérusalem”, il perd la face. D’un autre côté, si Israël fait avorter cette tentative de rediviser sa capitale, le chef palesitnien dispora du prétexte commode pour annuler ces élections dans la bande cisjordanienne de Judée-Samarie, de maintenir le status-quo ante et d’en faire porter le blâme des divisions inter-palestiniennnes, une fois encore, sur Israël.

 

DEBKAfile Exclusive Report August 15, 2016, 2:53 PM (IDT)

2 COMMENTS

  1. Pas mal. Sauf que tous les autres n’ont qu’un seul objectif: nous. Donc si on protège le chef des shd alors on peut encore contrôler la situation. Courage, à Rosh hashana il sera déjà partant

  2. pourquoi Israël ne laisse pas abbas aux mains du hamas tout simplement au lieu de le protéger. !!
    On devrait aussi laisser rentrer l’Egypte dans Gaza et nettoyer le Hamas. Celà s’appelle de la politique spectatrice !!
    On fait régler nos problèmes par d’autres ….

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