L’implosion de la Syrie, 1er défi de la coalition en Israël

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Depuis quelques semaines l’armée de Bachar el Assad subit de nombreux revers, alors qu’elle semblait avoir repris le contrôle de la situation il y a trois mois. Est-ce à dire que la Russie abandonne son allié syrien, ou bien que l’Iran n’est plus en mesure de mener une guerre sur plusieurs fronts, notamment depuis l’implication des pays du Golfe dans la guerre au Yemen, avec le soutien des puissances occidentales ?

Déçus des tergiversations américaines vis-à-vis de l’Iran, les Etats du Golfe, avec le soutien de l’Egypte, de la Turquie et de l’Europe, et notamment de la France, ont lancé une contre-offensive au Yemen et n’entendent pas mettre en danger leurs intérêts stratégiques dans la péninsule arabique.

L’achat d’avions français par l’Arabie saoudite et le Qatar est un message clair envoyé à la Maison Blanche pour lui signifier leur mécontentement. Le monde sunnite est divisé entre les pays modérés et les mouvements djihadistes, à la pointe du combat en Syrie et en Irak. La Ligue arabe n’est plus aujourd’hui en mesure d’imposer une ligne politique, mais depuis l’été dernier un axe semble se dessiner entre les Etats décidés à empêcher le monde arabo-musulman de sombrer totalement dans le chaos.

L’apparition de Daech, sorte de golem politico-terroriste, est sans aucun doute le résultat du développement de l’idéologie salafiste, mais comme en Egypte après la prise de pouvoir des Frères musulmans, dans les pays du Golfe on commence à comprendre, que ce monstre est en train d’échapper à tout contrôle et qu’il représente un véritable danger pour ceux qui l’ont créé de toutes pièces.

C’est aussi la raison pour laquelle, l’armée égyptienne n’aura sans doute d’autre choix que d’intervenir en Libye pour protéger sa frontière occidentale et assurer la sécurité des populations coptes dans cette région. Israël est l’allié objectif de cette coalition des Etats arabes, que l’on ne peut pas définir comme modérés, car la plupart appliquent la Charia, la peine de mort et refusent l’égalité aux femmes.

Néanmoins il existe une communauté d’intérêts entreIsraël et ces Etats, qui craignent le renforcement de l’axe Téhéran, Damas et Liban avec le Hezbollah comme tête de pont du terrorisme. Israël ne souhaite pas voir l’ouverture d’un nouveau front sur le Golan, et a dû à plusieurs reprises intervenir pour dissuader aussi bien Assad que les rebelles d’attaquer dans cette région.

Le message a été transmis aussi bien à Moscou qu’à Ryad. Israël apporte une aide humanitaire aux blessés sur le plateau du Golan et fournit des informations à l’Arabie saoudite via la Jordanie sur la situation en Syrie, mais n’entend pas prendre parti dans le conflit.

Le nouveau gouvernement d’Israël devra sans doute faire face dans les semaines à venir à une évolution dans la guerre civile en Syrie, et plus particulièrement dans la région du Golan. Ce sera le premier test important de la solidité de l’alliance qui se met en place depuis quelques mois dans la région, pour pallier les carences de la stratégie américaine et réparer ses échecs dans cette région du monde.

 

bar_zvi

Chronique de Michaël Bar-Zvi | Yod Het be Yaar 5775 – 7 mai 2015

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