HouKaT: comment Jephté s’adresse aux ennemis d’Israël

Cette haftara est constitué par le discours que Jephté a tenu au roi des Ammonites, ennemis des enfants d’Israël.

La Haftara et la Paracha ont en commun qu’ils soulignent les conséquences dramatiques du dévoiement de la parole: Moché est puni pour avoir frappé le rocher au lieu de lui avoir parlé, et Yifta’h fait un vœu déraisonnable et irresponsable aux conséquences dramatiques.

En cas de victoire, il s’engage à apporter en sacrifice à Hachem, la première chose qui sortira de chez lui, et ce fut sa fille qui sortit l’accueillir en premier…Yifta’h s’obstina à respecter son vœu, même si nous ne savons pas s’il la sacrifia au sens propre ou au sens figuré en lui imposant une vie de dévotion, sans mariage, en retrait du monde matériel.

Il avait envoyé une délégation auprès de ce monarque, avec mission de lui demander les raisons de son agressivité envers les enfants d’Israël.

Dans cette lecture prophétique, nous nous trouvons à l’époque des Juges[1] où Yftah (en français Jephté le Galaadite)  devint chef et Juge du peuple juif à une époque de crise (Juges chapitre XI versets 1 à 33).

Jephté est le fils de Galaad de la tribu de Menashé et il naquit d’une femme prostituée dont on ne cite pas le nom dans le livre des Juges mais au sujet de laquelle on dit qu’elle était aubergiste.

Galaad, le père de Jephté est marié à une autre femme qui a d’autres enfants. Après avoir été chassé de la maison paternelle par ses frères, Yftah succéda au juge Yaïr et devint ainsi le huitième Juge d’Israël.

Se voyant menacés par les Ammonites, les fils de Galaad se rendirent auprès de leur demi-frère pour lui demander d’intercéder ou de les aider à combattre leurs ennemis.

Yftah après avoir reproché à ses frères de l’avoir rejeté, accepte la mission à condition toutefois de rester à leur tête et, il  envoya une délégation auprès du roi des Ammonites qui répondit en accusant Israël d’avoir envahi et pris des territoires appartenant aux Ammonites.[2]

Autrement dit : « Vous nous avez dépouillés de nos terres, et vous les occupez sans droit ni titre ! Il n’y aura pas de paix entre nous aussi longtemps que vous ne nous les aurez pas rendues ! »

On dirait aujourd’hui, autre temps même querelle : «  La paix contre les territoires !  », proposition dont on a pu mesurer, ces dernières années, la dangereuse ambiguïté.

Jephté ne se laissa pas décourager par cette rebuffade, et il tenta une seconde fois de négocier. Il rappela aux Ammonites des données historiques indiscutables, celles qui avaient donné à Israël un droit irréfutable à la possession des territoires convoités par ses adversaires : Israël n’avait rien pris, ni à Moab, ni à Ammon, mais c’est Si‘hon, roi des Amorréens, qu’il avait combattu, et ce sont ses terres qu’il s’était approprié.

Les Ammonites n’avaient pas à s’ingérer dans cette querelle, à laquelle ils étaient étrangers. En clair, si Erets Yisraël est à nous, ce n’est pas parce que nous l’avons conquis, mais parce que Hachem nous l’a donné ! Aussi n’avons-nous pas le droit d’y renoncer.

Jforum avec Chiourim , Caroline Elishéva REBOUH et www.torah-box.com

 

[1] Le Yiboum ou Lévirat consiste au fait que si un homme décède sans avoir eu le temps de procréer, le frère du défunt a le devoir d’épouser sa belle-sœur uniquement dans le but de donner une descendance posthume au mari décédé.

[2 ) Aujourd’hui on accuse encore Israël d’avoir envahi des territoires alors que cela n’est pas vrai : l’histoire se répète sans cesse !!!

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