Yom Kippour 2018
De la soirée du mardi 18 septembre

À la soirée du mercredi 19 septembre

A propos du deuxième verset de la paracha Haazinou (traduction littérale) :

« Que s’infiltre mon enseignement comme la pluie, que coule ma parole comme la rosée, comme des averses sur la verdure, et comme des ondées sur l’herbe », en hébreu : yaarof kamatar lik’hi tizal katal imrati kis’irim alé déché vékhirvivim alé essev.

Ce verset parle de la façon dont le maître invite l’élève à goûter aux eaux de la Torah.

1- Yaarof kamatar lik’hi : lik’hi désigne « mon enseignement ». Il s’agit de la Torah appelée dans le livre des Proverbes léka’h tov, un bon enseignement : « Je vous ai donné un bon enseignement, n’abandonnez pas Ma Torah ! ».
Dans le verset, il n’est pas dit que la Torah doit être dispensée avec violence et de manière forcée. Bien au contraire, on parle de pénétration de la connaissance de la Torah de manière douce.

A propos du mot yaarof « que s’infiltre », Rachi dit qu’il s’agit d’un mot évoquant un « goutte à goutte ».

Ainsi, mon enseignement devra toucher les esprits doucement et très progressivement, goutte après goutte, connaissance après connaissance, à l’instar d’une pluie bienfaitrice.

C’est ainsi que la Torah pénètre en l’homme qui a su devenir, par sa maîtrise de la patience, un récipient ou kéli adéquat pour sa réception. Ainsi les initiales des trois mots Yaarof Kamatar Lik’hi, forment le mot Kéli.

Cette connaissance ne doit pas rester l’apanage d’une élite, mais elle doit s’étendre à toutes les composantes du peuple, à savoir Kohen, Lévi, Israël, dont les initiales forment le mot Kéli.

C’est de cette manière qu’avec un arrosage doux et progressif, il est possible de faire pousser de beaux fruits à travers notre étude de la Torah. Une allusion à cela se trouve dans les lettres finales de yaaroF kamataR lik’hI qui forment le mot Péri, fruit.

C’est notre éloignement des valeurs de la Torah qui nous a conduits à contracter une maladie dans notre âme. Ceci rappelle qu’un malade doit être alimenté d’abord au compte- goutte, puis quand il commence à reprendre des forces, il est possible d’augmenter progressivement la dose.

Ainsi, dans le verset, la Torah parle d’abord de yaarof, une délivrance du liquide qui se fait au goutte à goutte.

2 -Tizal katal imrati
C’est seulement ensuite que la Torah poursuit en employant le verbe tizal, (lié à nozal s’écouler), relatif à un liquide qui s’écoule sans interruption : tizal katal imrati, que coule ma parole comme la rosée.
La place des deux verbes semble étonnante.

En effet, puisqu’au départ, la Torah emploie le verbe yaarof, lié au goutte à goutte, elle aurait dû comparer cela à la rosée (on parle bien des gouttes de rosée).

Pourtant, elle évoque matar, la pluie qui semble s’écouler avec plus de force que la rosée. De plus, lorsqu’il s’agit d’évoquer la rosée, elle emploie le verbe tizal, lié à l’écoulement (a priori sans interruption comme un jet d’eau, et cela ne concerne pas la rosée !). Essayons de résoudre cette difficulté.

a. Lik’hi : littéralement, cela signifie « ma prise », léka’h étant lié au verbe laka’hat, prendre. L’homme au départ souhaite s’emparer de la Torah : il pense naïvement pouvoir la saisir, la prendre comme il le ferait pour n’importe quel objet …

A celui qui agit de cette manière, le maître répond : yaarof, c’est-à-dire que la Torah s’apprend progressivement, au compte- goutte. Cependant, sache que si tu sais apprendre dans l’ordre, étape après étape, alors, tu auras droit à une réception plus grande de la Torah : kamatar, comme la pluie qui s’écoule et revivifie tout l’être, ainsi l’étude de la Torah te transformera. Mais pour cela, il faut d’abord la recevoir à petite dose.

b. Mais la Torah s’appelle aussi imrati, ma parole. Sache que même si tu n’en comprends qu’une très faible partie, (ne serait-ce qu’une parole), à l’instar du volume d’une goutte de rosée (katal), malgré tout, si tu t’attaches avec persévérance à Ma Parole, imrati, alors, elle finira par s’épancher sur toi dans un écoulement continu (tizal).

3. Kis’irim alé déché : comme des averses sur la verdure.

Le targoum onkelos (rapporté par Rachi) traduit kis’irim par des vents de pluie. Ces vents qui amènent la pluie avec eux renforcent la végétation.
Cela fait allusion à l’étude en groupe, en particulier l’étude de la Torah orale, dans la « tempête » ou le tumulte de la maison d’étude, le beit hamidrach.

Car au départ, l’homme ne pouvait recevoir la Torah qu’au compte-goutte (yaarof kamatar lik’hi). Puis dans son apprentissage de la Torah, il fut en butte à difficultés de compréhension : il voulait goûter à la pluie matar, mais il ne goûta qu’à la rosée tal.

Cependant, en persévérant, il reçut des forces pour que la Parole divine s’écoule sur lui sans discontinuer (tizal), ce qui lui valut l’accès aux vents de pluie, l’agitation bruyante de la maison d’étude (kis’irim alé déché). Cela lui permit d’avoir une connaissance générale de la Torah : déché, la verdure désigne un terme générique où les éléments végétaux ne sont pas différenciés.

4. Kirvivim alé essev

Mais c’est en demeurant au beit hamidrach qu’il en vint à découvrir la beauté insondable de la Torah : kirvivim alé éssev, comme des ondées sur l’herbe …

C’est-à-dire qu’il découvre des multitudes d’enseignements (kirvivim de la racine ribev multiplier par myriades) sur chaque détail, chaque « brin d’herbe » de la Torah.

Telle était dès le départ la finalité de l’enseignement prodigué par le maître : faire goûter à l’élève les eaux de la Torah, tout d’abord progressivement, puis dans une cadence plus accrue, afin de finalement lui offrir la possibilité de découvrir à son tour la richesse extraordinaire de la Torah dans ses multiples facettes.

Et la téchouva et le pardon des fautes passent essentiellement par l’étude de la Torah. Car l’étude de la Torah répare énormément. Ainsi, comme il serait bon de prendre des décisions en ce début de nouvelle année, afin d’amplifier notre étude ? Chacun selon son niveau, et de façon progressive, auprès d’un maître de la Torah qui saurait susciter en nous l’amour de son étude. Que H’ nous aide à revenir à lui de tout notre cœur.

Shavoua tov et que le jeûne de Kippour se passe dans les meilleures conditions.

Shmouel Darmon

 

PARASHAT HAAZINOU 2018 ETRE RECONNAISSANTS

Cette lecture est l’avant dernière du livre du Deutéronome. Dans sa dernière allocution, et avant de bénir son peuple, le plus grand prophète de tous les temps, le seul qui aura parlé au Créateur face à face, le seul qui aura su conduire un peuple rude de l’esclavage à l’autonomie et au statut d’homme libre sur sa terre, Moïse donc, fils d’Amram et de Yokhéved, vient recommander au peuple une fois de plus de respecter la Loi divine.

En prenant à témoin les Cieux et la Terre, il explique à cette assemblée d’Israël que ces 613 commandements autour desquels s’articule toute la Torah ne sont rien en comparaison de toutes les marques et preuves d’amour que le Créateur a données à Son peuple. Et qu’exige-t-IL en contrepartie de la part de Ses enfants ? Des prières, d’apposer des mezouzoth sur nos demeures ? De revêtir des tsitsioth (franges) ou de mettre des tefiline ? Comment LE remercier pour TOUT ce qu’IL nous donne ? Comment exprimer notre reconnaissance autrement ?

Dans la sidra Nitsavim le peuple a reçu une très « chaude recommandation », celle d’opérer un retour sur nous-mêmes, de faire teshouva. Cette péricope traite elle aussi de teshouva mais la différence est dans le nombre : ici, le peuple tout entier est concerné par cette teshouva attendue par D.

Le verset 7 attire notre attention tout d’abord où l’homme est appelé à se placer sur l’échelle du temps de manière à pouvoir se référer au passé et ainsi s’appuyer sur des faits : « זכור ימות עולם בינו שנות דור ודור, שאל אביך ויגדך זקניך ויאמרו לך.. »

Moïse entend par là que chaque membre du peuple doit s’intéresser sans se dissocier du passé du peuple car l’existence et tout ce qui a fait l’histoire n’a pas intéressé des individuels mais une collectivité entière et l’homme ne doit nullement se désolidariser de son passé et de son peuple et savoir son origine ainsi qu’il est écrit « ימות עולם ». Par ce biais, l’homme peut apprendre les erreurs du passé et éviter de retomber dans les mêmes ornières et de cette manière, il est possible de comprendre par quel moyen l’on peut se rapprocher de D.

En effet, lorsque l’individu commet une faute, il n’a qu’à demander pardon au Créateur qui s’est « retiré » et pour que D. se rapproche de l’homme à nouveau, il faut faire un retour sur soi-même, reprendre l’étude de la Torah par exemple pour constater que D. est à nouveau « présent ».

Lorsque le peuple faute, il doit dans son intégralité faire un retour, et faire tous les efforts possibles pour nous rapprocher de D. et provoquer ainsi un retour de la Shekhina auprès du peuple.

D. S’est retiré de Son peuple. Qui en est responsable ? Chacun individuellement en ne tentant pas, par exemple, de réprimander son voisin ? En négligeant des mitsvoth ? En agissant de telle façon que D. Se voile la face et se retire du monde ? Et lorsqu’il est écrit voici devant toi se trouvent la malédiction et la bénédiction, tu choisiras la vie. Tu choisiras la bénédiction. Est-ce ainsi que le peuple peut faire revenir la Shekhina.

Moïse lance un appel poignant au peuple avant de « rejoindre ses pères ». Pour ce faire, il désire prendre pour témoins « les cieux » et la terre, c’est-à-dire le cosmos tout entier.

Il veut insister pour que le Peuple tout entier se rapproche de la Torah. Que le peuple fasse teshouva. La teshouva réclamée peut se faire même si l’individu n’a pas commis de faute. Il faut qu’il éprouve le désir ardent de faire revenir la Shekhina parmi les hommes.

Dans le service effectué par les Cohanim, nous pourrons voir de quelle façon la Majesté Divine va être ramenée ici-bas, sur terre depuis le « septième ciel ».

A ce propos, je vous proposerai, prochainement, si D le veut, une explication sur les « cieux » à travers les commentaires de certains très grands exégètes.

Après avoir pratiqué la cérémonie d’imposition des mains sur les taureaux qui vont être sacrifiés en rachat des fautes des grands prêtres et des familles des grands prêtres, après avoir tiré au sort entre les deux boucs : celui qui sera sacrifié pour racheter tous les péchés de tout Israël et le bouc émissaire qui sera précipité d’une montagne dans le désert de Judée et après avoir aussi imposé ses mains sur le bouc sacrifié pour y confesser tous les péchés d’Israël, le sang sera aspergé sur l’autel selon le cérémonial donné : le cohen asperge l’autel d’une goutte de sang vers le haut. Tout se passe alors comme s’il tendait la main vers le Saint béni soit IL pour L’accompagner à descendre marche après marche, degré après degré ou ciel après ciel les sept cieux qui Le séparent de nous.

C’est ainsi que cela est décrit d’ailleurs dans le « seder ‘haâvoda » lu pendant le moussaf de Kippour : un, un et un (une goutte pour un ciel); un et deux (une goutte et on arrive au deuxième ciel), un et trois (une goutte et on arrive au troisième ciel) et ainsi de suite jusqu’au septième degré depuis le Haut, puis, le cérémonial pour raccompagner la Majesté Divine de la terre jusqu’au septième ciel se trouvera à la fin de l’office de la Néîla de Kippour.

A ce propos, il est à souligner un comportement que beaucoup adoptent : dès après la sonnerie du shofar, beaucoup de fidèles plient leur talith et s’en vont car, ils pensent que le son du cor ayant retenti tout est terminé or, il s’agit d’une erreur grave : il reste à « raccompagner » la Majesté Divine vers le « septième ciel » c’est-à-dire qu’au moyen du verset-profession de foi suivant : ה’ הוא האלוקים L’Eternel est notre D. (Ado-nay ‘hou ‘haElo-‘him) répété sept fois, nous raccompagnons l’Eternel vers Son trône.

Ainsi, tout se passe comme si, après avoir accueilli un invité de marque qui nous honore de sa présence, tout-à-coup, nous nous levons et l’abandonnons …………. Tout cela pour vite aller boire et manger quelque chose….. Et, si nous restions à la synagogue encore dix ou quinze minutes après avoir jeûné déjà 25 heures que se passera-t-il ?

Se restaurer est-il plus important que de dire au revoir à l’invité de marque ?
Nos fautes ne sont pardonnées que grâce à Yom Kippour, ne montrons pas notre désir si matériel en partant de la synagogue un peu trop tôt. Ne montrons pas notre impatience à notre D qui nous pardonne alors que l’homme désobéit constamment.

Dans la péricope de ‘Haazinou se trouve un commandement par l’exécution duquel nous allons trouver la réponse à la question que nous nous posons : comment savoir pourquoi nous sommes fautifs dans toute chose ?

Dans le chapitre XXXI du Deutéronome, D. ordonne de mettre par écrit ce poème « haazinou » – certains commentateurs enseignent que la locution « hashira ‘hazoth » ne concerne pas uniquement le poème qui commence cette sidra mais la Torah tout entière.

Et, c’est la raison pour laquelle, Moïse, recopia (écrivit) des sifré torah pour que chaque tribu ait la sienne et un autre qui serait conservé dans le Temple pour le cas où l’on aurait besoin de rectifier une « erreur » qui aurait pu se glisser dans l’un des sifré Torah.

Le grand Prophète écrivit ces treize sifré Torah en un temps record aidé en cela par un miracle suscité par le Créateur. Non seulement il l’écrivit כתב mais encore il l’enseigna לימד אותה.

Au chapitre XXXII des versets 44 à 47 nous relevons six fois le mot כל ou provenant de la racine כל. Le mot כל est composé des initiales כ de כתבו et de ל provenant du verbe « enseigner » ללמד…..

Et, ce que le texte veut nous faire comprendre c’est que si nous n’écrivons pas la Torah et si nous ne l’enseignons pas (allusion à la Torah écrite et à la Torah orale), alors, nous risquons de nous trouver dans la position que décrit le verset 47 : כי לא דבר ריק הוא מכם כי הוא חייכם car –cette Torah – n’est pas une chose vide elle est votre existence.

C’est-à-dire que, lorsqu’il nous est conseillé de choisir la vie c’est-à-dire la Torah, nous considérons que par notre choix/action/modus vivendi d’après la Torah, en l’écrivant et en l’enseignant nous donnons son plein sens non seulement à la Torah mais à la vie elle-même.

En consacrant un peu de temps à l’étude et un peu de notre temps à nous rapprocher de D. nous nous éloignons de la faute et, nous participons activement à la finalité de l’homme juif.

Caroline Elisheva REBOUH

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