Le Hamas va-t-il pouvoir se maintenir, rien n’est moins sûr, tant sa gouvernance est de plus en plus contesté. Mais cette information très peu diffusée montre que les choses bougent à Gaza.

C’est toujours de la jeunesse que viennent les mouvements contestataires et il ne faut pas croire que cela s’arrêtera là.

Une mobilisation populaire a viré au calvaire, mercredi 29 avril à Gaza. Plusieurs jeunes ont été malmenés puis arrêtés dans l’enclave palestinienne. Ils s’étaient rassemblés pour réclamer davantage de droits et de libertés. Des revendications sociales mais aussi politiques : ils demandaient également la fin de la division entre le Hamas et le Fatah.

 

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Plus de 400 jeunes se sont rassemblés mercredi soir dans le quartier de Chajaya, à l’est de la ville de Gaza. Mais la mobilisation a tourné court : des policiers en civil, qui s’étaient mêlés à la foule, ont frappé plusieurs manifestants à coups de poing, sans leur causer de blessures graves, et ont ensuite arrêté sept personnes, selon des témoins.

Le ministère de l’Intérieur du Hamas, le mouvement qui contrôle la bande de Gaza, a déclaré dans un communiqué que la foule était devenue violente, forçant la police à intervenir « pour protéger la vie des manifestants, après quoi le calme a été rétabli ».

Mais selon Fadi Cheikh Youssef, le coordinateur du Rassemblement des jeunes de Gaza, le Hamas a tenté de récupérer cette mobilisation à son avantage : « Certaines personnes ont tenté de prendre le contrôle de notre rassemblement en scandant leurs propres slogans. Elles ont fini par monter sur la scène que nous avions installée et elles ont pris le contrôle des micros et des hauts-parleurs. Les jeunes du rassemblement ont tenté de les en empêcher mais sans succès… Les jeunes Gazaouis ont alors décidé de se retirer. »

D’après Fadi Cheikh Youssef, le Rassemblement des jeunes de Gaza est composé « de jeunes indépendants qui ne sont affiliés à aucun parti politique et qui rejettent les programmes de ces partis. Ce mercredi, ils étaient d’ailleurs dans la rue pour faire pression sur ces partis. Ces jeunes ont leurs propres revendications : ils sont contre la division entre le Fatah et le Hamas. Ils exigent la levée du blocus contre Gaza. Ils réclament l’ouverture du point de passage de Rafah et que le président palestinien Mahmoud Abbas vienne pour une visite à Gaza. En descendant dans la rue, ils voulaient évoquer des questions qui les concernent mais sur lesquels le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza sont opposés. »

Aux termes d’un accord de réconciliation scellé en avril 2014, l’Autorité palestinienne établie en Cisjordanie et dominée par le Fatah laïque et modéré devait reprendre pied dans la bande de Gaza. Mais dans les faits, le Hamas ne semble pas prêt à une telle perspective.

 

JForum.fr – AFP

 

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