Le plus grand cours d’hébreu du monde, ce dimanche 29 mai ! À l’occasion du centième anniversaire du décès d’Éliézer Ben-Yehouda, le père de l’hébreu moderne, l’OSM vous convie à un événement exceptionnel : un cours d’hébreu géant diffusé dans le monde entier sur la plate-forme Zoom depuis Jérusalem.

Eliezer Ben Yehuda

Le fils de Yehuda Leib et Feyga Perelman, des juifs hassidiques du Chabad Loubavitch, sera en contact avec l’hébreu biblique et talmudique dès l’âge de trois ans. En fait, il commence très tôt l’étude des grands textes du judaïsme, Torah et Mishna. Après la mort de son père, alors qu’il n’avait que 5 ans, sa mère confie sa garde à son oncle David Wolfson.A 13 ans, son oncle l’envoie poursuivre ses études religieuses dans une petite académie talmudique (yeshiva) Polatsk, actuellement en Biélorussie. Un étudiant  lui fait découvrir les textes de la Haskala alors considérés comme hérétiques. Il se détache alors de plus en plus de la religion jusqu’au jour où il décide d’abandonner des études rabbiniques et souhaite aller étudier la médecine à l’Université de Moscou. Il est désormais en rupture avec son oncle et le jeune Eliezer doit subvenir seul à ses besoins. Heureusement pour lui, un homme d’affaires hassidique, Samuel Jonah Naphtali Herz s’occupera de lui, et c’est dans cette famille qu’il rencontre sa future femme, Debora, fille aînée de son nouveau parrain. Dans son autobiographie, Ben Yehuda a avoué que, à cette époque, il avait presque rompu avec sa judéité. La seule chose qui l’empêchait de devenir complètement russe était son attachement à l’hébreu. Il continue à lire tous les textes hébreux qui passent entre les mains et devient un lecteur de journal mensuel Hashachar Perez Smolensky.

Stèle en hommage à Eliezer Ben Yehuda dans sa ville natale, Polatsk, en Biélorussie

Une terre et une langue

C’est au cours de ces années qu’il acquiert la ferme conviction que le peuple juif a le droit, comme tous les autres peuples, de se former dans un État-nation, quelque part sur la Terre.  Malgré le pessimisme des auteurs juifs de cette époque sur l’avenir de la langue hébraïque et  son utilité, Ben Yehuda a acquis la conviction que pour reconstruire, en Israël, une nation juive il fallait l’hébreu, seule langue commune aux Juifs du monde entier. Mais l’hébreu n’était plus   la langue maternelle des Juifs depuis des siècles. Il prend ensuite la décision d’aller à Paris pour étudier la médecine et ainsi atteindre l’autonomie économique. Mais déjà il envisage de s’installer plus tard dans Israël.

Paris

C’est dans un café du Quartier latin qu’il fait la rencontre de celui qui deviendra son troisième « père » Chashnikov, un journaliste russe. A ses côtés, Eliezer apprend les secrets du journalisme et  du monde politique de Paris. Pour subvenir à ses besoins et payer ses études, Chashnikov lui fournit un travail de traduction française en russe. Il  commence ses études de médecine à l’Université de Paris, la Sorbonne. Au cours de son premier hiver, il contracte la tuberculose, maladie encore mortelle. Les médecins qui le traitent ont peur pour sa vie et lui conseillent de quitter le France, pour un pays où les hivers ne sont pas froids. Son état de santé l’oblige bientôt à abandonner ses études de médecine. Eliezer  confie enfin à son ami journaliste le secret de sa venue à Paris, Chashnikov le soutient et l’aide à diffuser, par ses articles, son idée de la renaissance des Juifs en Terre Sainte.

A Paris, des conversations en hébreu et la création de mots nouveaux

A Paris, Eliezer prend l’habitude de converser en hébreu avec les Juifs qu’il rencontre. Pour les besoins de ses propres conversations, il commence à composer une liste de mots anciens et contemporains en hébreu et se met même à en inventer de nouveaux, pour décrire les choses et les idées qui n’existent pas dans cette langue. Dans son autobiographie, il dira que  Milon, le mot hébreu qui signifie dictionnaire, est en fait le premier néologisme conçu pour cette langue adoptée. En 1880, il a publié deux articles dans le journal Havatselet (lis) Dov Israël pour améliorer l’utilisation de l’hébreu comme langue d’enseignement dans les écoles Jérusalem. Sa santé se détériorant rapidement, les médecins lui interdisant d’assister aux  cours  de la Faculté de médecine et lui suggèrent de quitter la France pour un pays plus chaud. Il prendra la décision d’aller à Jérusalem le plus tôt possible. Hospitalisé à l’hôpital Rothschild, il rencontre Abramo Moshé Luntz, également hospitalisé, et apprend que différentes communautés juives se sont déjà installés en Israël, ashkénaze, séfarade, Nord-Africains et les Géorgiens qui ont l’habitude de parler en « hébreu séfarade », seule langue comprise par tous. Au bout de deux semaines à l’hôpital, son médecin lui ordonne de quitter la France pour un pays du Sud. Après être passé par Vienne où il épouse sa fiancée, le couple part et va au Caire, à Bucarest, puis Constantinople avant d’arriver à Jérusalem.

Jérusalem

A Jérusalem, son interlocuteur Dov lui propose de travailler pour son journal Habatzelet, en tant que rédacteur en chef avec un salaire de vingt francs par mois. Il utilise cette position privilégiée pour promouvoir la renaissance de la langue et de la culture juive à Jérusalem.  A cette époque, le projet nationaliste juif attire de plus en plus de monde. A la suite des premiers pogroms dans l’Empire russe environ 10 000 personnes quittent le territoire de l’empire pour se déplacer en Israël. Ce sera la première Aliyah. Certaines organisations comme Ohavei Tsion (Les Amants de Sion), sous la direction de Moïse et Lilienblum Leon Pinsker, et comment le Bilu Israel Belkind sympathisent avec la cause de l’hébreu comme langue nationale.

L’hébreu, une option parmi d’autres langues

Malgré ce contexte, le grand projet de l’hébreu promu par Ben Yehuda reste très marginal et ses adhérents sont confrontés à de nombreux obstacles. En fait, ils entrent en compétition avec d’autres groupes qui préfèrent le français, l’allemand ou l’anglais.  Mais Ben Yehuda est convaincu du rôle fédérateur de l’hébreu nécessaire aux différentes communautés présentes à Jérusalem. Il commence à nouer des liens d’amitié avec toutes les personnes influentes, et  au cours de sa première semaine dans la ville, il rencontre entre autres Yehiel Michael Pines, chef de la direction de la Fondation Moses Montefiore. A cette époque, les Juifs en Palestine sont dispersés à Jaffa, Hébron, Safed, Tibériade, Haïfa, Acco et Sidon, des villes qui ne possèdent presque aucune institution, cependant, il est consolé de voir que les Juifs sont la majorité de la population de la ville sainte, musulmans et chrétiens combinés.

Le fils de Ben-Yehuda, le premier enfant à parler exclusivement hébreu, le premier après 2000 ans

Peu de personnages occupent une place aussi importante dans le panthéon du sionisme, l’histoire de l’État d’Israël et les annales mêmes du peuple juif qu’Eliezer Ben-Yehuda, un humble érudit biélorusse qui a déclenché une révolution linguistique sans précédent. La vision infatigable de cet homme a transformé une langue liturgique semi- figée en la parole vivante d’un pays vibrant. Ben-Yehuda, champion de l’hébreu moderne, s’est forcé, ainsi que sa famille – y compris son fils, le premier enfant parlant exclusivement l’hébreu depuis au moins 2 000 ans – à ne parler que l’hébreu, et ce faisant, il a inventé des milliers de mots pour des éléments non référencés en hébreu classique. Il s’est lancé dans la compilation de l’œuvre de sa vie, A Complete Dictionary of Ancient and Modern Hebrew. Un mois avant sa mort en décembre 1922, la langue hébraïque avait été déclarée par le mandat britannique langue officielle de la communauté juive de Palestine.

JForum – diverses sources

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