Daesh se renforce dans le Sahel

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Le Mujao fusionna en 2013 avec le groupe de Mokhtar Belmokhtar pour former Al-Mourabitoune, qui prêtera allégeance à Al-Qaida au Magreb Islamique (AQMI). Selon la dernière vidéo d’Al-Sahraoui, on ne compte qu’une quinzaine de combattants à ses côtés, et, de fait, le nombre de djihadistes au sein d’Al-Mourabitoune qui l’ont rallié a été extrêmement réduit. Pourtant, Al-Baghdadi l’a désigné comme le seul émir légitime pour diriger la Katibat d’Al-Mourabitoune, l’entité sahélienne d’AQMI. Un revers pour son chef Mokhtar Belmokhtar, qui avait tenté l’année dernière d’obtenir l’aide de l’Etat Islamique en Libye.

Le groupe d’Al-Sahraoui a revendiqué trois attaques depuis le mois de septembre (deux au Burkina Faso, et une au Niger). Il s’agit donc du second groupe reconnu par Daech en Afrique après Boko Haram, et ceci constitue un nouvel échec pour AQMI. Tout d’abord Al-Qaida n’a jamais pu apporter la preuve que Mokhtar Belmokhtar a survécu au raid de drone Reaper qui l’a ciblé en juin 2015. D’autre part, la mort le 8 octobre dernier dans l’explosion de son véhicule de Cheikh Ag Aoussa, qui n’était autre que le grand financier du groupe islamiste Ansar Dine, contrôlé par la tribu suzeraine des Ifoghas, et les tentatives de négociations, révélées la semaine dernière, de son chef militaire Iyad ag Ghaly avec Bamako ont particulièrement impacté la gouvernance d’Al-Qaida.

Iyad ag Ghaly avait en effet, dès la création d’Ansar Dine, prêté allégeance à AQMI, et son émir A. Droukdel voulait lui confier la direction de l’Azawad… Pour toute réponse, AQMI a exécuté ce week-end deux Touaregs accusés de collaboration avec l’Armée française. Il est encore trop tôt pour conclure à un repli d’AQMI au nord Mali. Al-Qaida a déployé depuis le début de l’année une stratégie consistant à encourager l’autonomie dans la lutte armée de certaines communautés, comme les Peuls. Une stratégie qui se nourrit par ailleurs de la dégradation des conditions de vie des populations.

Mais quand bien même AQMI serait affaibli, le niveau de violence au nord Mali n’en sera pas pour autant réduit. Islamisée ou non, chaque ethnie, chaque tribu dispose désormais de sa propre milice armée, et l’incapacité de Bamako à rétablir l’état de droit sur plus des deux tiers de son territoire «libanise» chaque jour un peu plus le Mali.

TTU

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