Conférence pour la paix : les raisons d’un échec programmé ©

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Conférence parisienne pour la paix : les raisons d’un échec programmé 

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C’est finalement le 3 juin 2016 que se tiendra la Conférence de Paris destinée à relancer ce qui est couramment appelé « le processus de paix israélo palestinien ». Le Ministre des Affaires Etrangères Jean Marc Ayrault l’a annoncé le 19 mai 2016, cette date permettant au secrétaire d’Etat américain John Kerry, d’y assister. Le Président François Hollande en a fourni l’objectif : créer les paramètres pour permettre aux israéliens et aux palestiniens de se retrouver à la table des négociations. Cette énième tentative de rapprochement est bien évidemment vouée à l’échec pour 4 raisons fondamentales : les acteurs internationaux entendent imposer une paix entre Israël et l’Autorité palestinienne alors qu’ils ne sont pas en guerre. Inversement, il n’est pas tenu compte de la position du Hamas, définitivement hostile à toute idée de normalisation israélo palestinienne. En outre, la méthode pour sa mise en œuvre est parfaitement inadaptée, voire inacceptable. Enfin, les postulats se fondent sur des contre vérités en Droit international qui faussent toute perspective d’établissement du futur Etat palestinien.

1° l’absence de relation de belligérance entre Israël et l’Autorité palestinienne     

Les acteurs internationaux omettent tout d’abord de prendre en considération la dualité des relations avec les palestiniens : en Cisjordanie, les relations entre Israël et l’Autorité palestinienne sont courtoises, voire cordiales alors que les relations avec le Hamas de la bande de Gaza sont bloquées. En Cisjordanie, les relations trouvent leur source dans les accords d’Oslo aux termes desquels  les palestiniens exercent une plénitude de juridiction dans la zone A (20% du territoire) et partagent avec Israël ces prérogatives en zone B (20 %). Pour sa part, l’Etat hébreu dispose des prérogatives civiles et militaires sur la zone C (60 % du territoire). Rappelons que les partenaires sont liés par des accords sécuritaires confiant à la police palestinienne la prévention des opérations terroristes anti-israéliennes. Enfin, des accords économiques prévoient le reversement à l’Autorité Palestinienne de la TVA perçue par Israël. Certes, Israël et l’Autorité palestinienne doivent négocier entre eux les frontières du futur Etat palestinien, mais il s’agit de relation bilatérales qui ne justifient pas une action internationale. Ainsi, en l’absence de relation de belligérance entre Israël et l’Autorité palestinienne, rien ne justifie une mesure internationale pour l’établissement d’un accord de paix. En revanche, est occulté la relation entre Israël et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza qui justifierait, elle, une plus grande implication de la part de la communauté internationale. Il est regrettable que la  France impose la paix aux parties en paix, sans s’occuper du Hamas.

2° l’absence de prise en compte du Hamas

La seconde raison de l’échec de la conférence de paix tient précisément à l’absence de prise en compte de la position du Hamas dans le processus de décision. Or, le Hamas est une composante palestinienne incontournable qui s’oppose à toute idée de rapprochement israélo palestinien (comme cela est d’ailleurs martelé dans sa Charte). Sur ce terrain, la France ne devrait pas chercher à rapprocher israéliens et palestiniens mais juste combattre l’idéologie du Hamas, constitutive d’un appel à commettre des crimes contre l’humanité puisque les palestiniens du Hamas ne rêvent que du meurtre de juifs et de l’éradication de l’entité sioniste. Or, l’influence du  mouvement islamique est grandissante, même en Cisjordanie, puisque le mouvement islamique a remporté les élections à l’université de Bizert à Ramallah, le 27 avril 2016, ce qui constitue un grave défi pour Mahmoud Abbas.

3° l’inadéquation de la méthode suggérée    

S’agissant de la méthode, la France propose un processus en deux étapes. Tout d’abord, une conférence internationale regrouperait une vingtaine de pays (à l’exception d’Israël et de l’Autorité palestinienne) et poserait les paramètres de la négociation. Une seconde conférence, prévue pour la fin de l’année, associerait alors les protagonistes (qui n’en sont pas) sur la base d’éléments définis en amont (sic). Ainsi, les solutions seraient figées par la communauté internationale avant d’être imposées à Israël, ce qui constitue une ingérence interdite en Droit international (un peu comme si la France renouait avec son passé colonial et décidait à nouveau de l’organisation des territoires dans le monde). Bien évidemment, cette méthode est inadaptée : Israël ne saurait se voir imposer une organisation étatique imposée depuis l’extérieur, par des pays qui ne sont pas concernés.

Ce mode opératoire n’est pas sans rappelé le vote insensé de la résolution de l’Unesco du 17 avril 2016 visant à confier au Waqf jordanien la plénitude de l’administration religieuse sur le Mont du Temple. Pour essayer de couper les liens entre Israël et ses lieux saints, la résolution nomme tout d’abord le Mont du Temple « Esplanade des Mosquées » et le « mur occidental » sous son nom arabe, «  Place Al Buraq ». La France occulte ainsi la réalité de la situation et imagine qu’une décision, soit disant démocratique, suffit à la modifier. L’erreur française sur ce point est double : Israël n’a pas à se voir imposer le nom de ses sites par la communauté internationale. Plus grave, la résolution ne saurait confier à la Jordanie la gestion de l’Esplanade des Mosquées alors même que le Royaume hachémite a renoncé à toute parcelle de Cisjordanie le 31 juillet 1988 (qu’elle avait annexée en 1950). Autrement dit, la communauté ne peut suggérer que la Jordanie gère une partie du territoire d’Israël alors qu’elle n’y exerce plus de prérogatives (alors que c’était le cas entre 1967 et 1988 puisqu’il s’agissait d’une partie de son territoire). Si la France (et la communauté internationale) refuse de prendre en considération les modifications géopolitiques survenues au cours des dernières années (alors même que la Jordanie a fait la paix avec Israël depuis 1994), toute proposition dite de paix est vaine.

4° sur les contre vérités en Droit international

Enfin, l’échec annoncé de la Conférence résulte des contre vérités en Droit international qui polluent de débat. Il est régulièrement fait état de « la Palestine occupée » (comme lors du vote de la résolution de l’Unesco du mois d’avril dernier) alors que la Palestine n’a pas encore d’assiette territoriale. La France essaie ainsi de substituer le concept de « Jordanie occupée » (qui ne l’est plus) à celui de « Palestine occupée » (qui ne l’est pas). Aussi, le Président français François Hollande a-t-il posé elle la question « s’il n’est rien fait, que va-t-il se passer ? la colonisation, les attaques, les attaques terroristes, un certain nombre de conflits vont se poursuivre, les Palestiniens vont aller vers le Conseil de sécurité. ». Bien évidemment, il n’y a aucune colonisation israélienne puisque Israël construit en zone C de Judée-Samarie et, partant, aucun risque de saisine du Conseil de sécurité. François Hollande pense d’ailleurs à reformuler la résolution en octobre. Il a toutefois indiqué « Il n’est pas possible que les lieux saints puissent être mis en cause ou en doute quant à l’appartenance aux trois religions ». Or, la question n’est pas celle de leur appartenance mais celle de leur implantation dans la capitale de l’Etat juif souverain : seul Israël décide souverainement des aménagements sur son territoire. Les règles du Droit international transcendent le juriste, quel que soit le pays qui l’a vu naître. Elles ne dépendent pas de « soit disant » votes démocratiques anti-israéliens.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

7 COMMENTS

  1. Hormis le fait d’oublier que le fatah est aussi négationniste, et ce , à terme, il demandera tout Israël, ce texte explique clairement la situation avec ses non-dits habituels de l’Internationale qui n’est pas sans savoir la véracité énoncée par Maître Muhlbach, comme il le fait si bien et depuis toujours. Toutes ces raisons invoquées ont leur importance, et les occulter et ne pas les clamer, ce serait pour Israël très grave. Certes, la diplomatie est de rigueur, mais ne pas clamer la Vérité, c’est continuer à faire croire à quelques milliards de personnes, qu’il y a un Israël fort et grave pour la population palestiniste (otages de toujours de ses dirigeants) et la palestinie “sans armes” (et quelle violence!!!!!!!!!!!) etc… etc…

    .

  2. non mr sobol l’olp n’a pas besoin de charte pour ça , elle envoie ses jeunes à la mort pour faire le plus de gats possibles. Décidement il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Allez l’OM 😉

  3. Comme il est écrit à propos de AMALEK: ” TIZKOR AL TSHKAR” , souviens-toi , n’oublie pas le vote à l’UNESCO de
    la FRANCE.

  4. MAIS QUI A SIGNE CE VOTE EXTREMEMENT RACISTE A L’UNESCO ?

    Tout le monde a la mémoire courte car il y a 2 ou 3 mois JUSTE AVANT DE PARTIR FABiUS avait promis de faire qu’Israël soit dans la difficulté et avec l’accord de son gouvernement. Mes amis, il serait temps de vous REVEILLEZ.

  5. Juste une correction si je puis me permettre. La charte du hamas est également celle du fatah donc de ramallah. L’éradication de l’état disrael est le but de tous les palestiniens pas seulement du hamas. Mahmoud abbas et le hamas ne sont opposés que sur le pouvoir pas sur les objectifs vis a vis d’Israël

    • La charte de l’OLP (pas celle du HAMAS) comporte -t-elle une clause visant ,disons,l’anéantissement d’Israël?
      Clause ÉCRITE !

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