Comment le Mossad a gagné la bataille de Constantine…

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… et d’autres!

Une exposition raconte comment le Mossad a sauvé des Juifs opprimés partout dans le monde entier

Une prochaine exposition du Centre du patrimoine et de la commémoration du renseignement israélien racontera le rôle clandestin du Mossad dans le sauvetage des Juifs opprimés dans des pays étrangers.

Une exposition raconte comment le Mossad a sauvé des Juifs opprimés dans le monde entier

Le MOSSAD a sauvé des Juifs dans des pays étrangers, de l’Afrique du Nord à l’Irak, de la Syrie à l’Éthiopie. (crédit photo: IICC / WWW.INTELLIGENCE.ORG.IL)
C’était le seul incident de l’époque en Afrique du Nord et au Moyen-Orient où une communauté juive a été attaquée par un groupe armé organisé, mais où les Juifs étaient prêts et ont riposté.
Le 12 mai 1956, pendant 25 minutes, une bataille sans merci a eu lieu à Constantine, en Algérie.
Avec l’aide d’agents-conseillers du Mossad comme Ibrahim Barzilai – une légende qui a été à l’avant-garde du combat pour faire venir environ 80 000 Juifs de pays étrangers en Israël au cours d’une carrière de près de 60 ans dans les services de renseignement – les Juifs ont non seulement évité un massacre, mais ils ont gagné le combat.
Voici ce que dit le journal israélien Maariv, qui évoque cette bataille racontée par un agent du Mossad : «Barzilaï a le pressentiment que le FLN va commettre un attentat. Il donne donc l’ordre aux membres de sa cellule de s’armer de pistolets et de patrouiller, rue de France, l’artère principale du quartier juif de Constantine. A midi, une très forte explosion secoue la rue : un Arabe a jeté une grenade à l’intérieur d’un café. Les jeunes de la cellule de Barzilaï arrivent sur place très rapidement. Des femmes juives crient.
L’une d’elles désigne du doigt la ruelle vers laquelle le terroriste s’est enfui (…) Les jeunes juifs de ma cellule l’ont rattrapé et l’ont abattu (…) Nous craignions que les Arabes ne viennent se venger contre le quartier juif. Nous avons alors déployé quatre autres cellules sur des points stratégiques, à l’entrée du quartier juif. Certains juifs portaient des armes, avec l’autorisation des autorités françaises. Très rapidement, les coups de feu ont commencé à fuser de toutes parts. Et les juifs armés, furieux après l’attentat, ont commencé à se diriger vers le quartier musulman. J’ai donné l’ordre à nos hommes de prendre le contrôle de la situation et d’éviter tout débordement aux conséquences dramatiques.
Le Mossad était actif en Afrique du Nord, il avait armé et réactivé des cellules dormantes à Constantine pour combattre le FLN.
Dans un entretien qu’il a récemment offert au Jerusalem Post Magazine, au Centre du patrimoine et de la commémoration du renseignement israélien, Barzilai a expliqué en détail cette bataille et les multiples incidents au cours desquels lui et le Mossad avaient fait passer clandestinement vers Israël non seulement des Juifs, mais également des communautés juives entières en danger.
Barzilai se confiait au Magazine alors que l’IICC passait à la vitesse supérieure pour monter une grande exposition de 250 mètres carrés consacrée au récit de l’histoire du sauvetage de Juifs par des agents du renseignement israéliens. La nouvelle exposition est encore en construction.
Le thème central de l’exposition, dirigée par Yochi Erlich – qui dirige de nombreux projets de l’IICC et qui est un retraité du renseignement de l’armée israélienne – s’intitulera «À bientôt à Jérusalem».
Il soulignera que l’État juif est le seul endroit au monde à «confier à la communauté du renseignement la tâche d’amener de grands groupes» d’un ensemble de population spécifique dans un autre pays, afin de les préserver de la persécution par le biais d’opérations dangereuses et secrètes.
Erlich a déclaré que l’exposition décrira comment la mission spéciale visant à regrouper les Juifs remonte à David Ben-Gourion.
L’exposition mettra en vedette d’anciens agents des services de renseignement et du gouvernement qui serviront de guides touristiques, dans un décor conçu par des aspects de haute technologie interactifs, mis à jour et la description de leurs postes de travail, afin de mieux raconter l’histoire des Juifs et des différents pays d’origine européenne, asiatique, nord-africaine et éthiopienne.
En décrivant plus en détail l’exposition, Erlich a déclaré que les reportages répondraient à des questions telles que : «qu’est-ce qui causait la détresse et les problèmes des communautés? Pourquoi des actions extrêmes étaient-elles nécessaires? Quels étaient les dangers? Et ce sera généralement une fenêtre sur ces communautés » telles qu’elles vivaient à l’époque.
Erlich a ajouté que «malheureusement, la persécution des Juifs n’est pas seulement une réalité du passé. Cela se produit encore.
Selon Barzilai, le Mossad a sauvé des Juifs dans des pays étrangers – de l’Afrique du Nord à l’Irak, en passant par la Syrie et l’Ethiopie, après la fondation de l’État (il y a également eu des Juifs sauvés avant la guerre) – avec le premier ministre Moshé Sharett, au début et au milieu des années 1950.
La question a commencé lorsque des mouvements nationalistes se sont implantés dans un certain nombre de pays alors que des affrontements de civilisations se multipliaient avec ce que l’on considérait comme l’Occident colonial.
Sharett se demandait ce qui arriverait lorsque ces mouvements nationalistes remarqueraient de nouveau que les communautés juives parmi eux bénéficiaient d’une protection moindre de la part des puissances coloniales.
Il a demandé au chef du Mossad, Isser Harel, d’examiner la question.
Harel a choisi Shlomo Havilio (qui était commandant des forces israéliennes à Jérusalem pendant la guerre d’indépendance de 1948, mais qui est décédé il y a deux ans) pour servir de guide à cette exploration.

(À droite) 'Huit cent à mille Juifs sont sortis du Maroc à cause de leur philosophie parle de [Martin] Buber (photo)!' POLITIQUE FAMILIALE Eliyahu Sasson (à gauche) s'entretient avec le commandant de la marine Aluf Shlomo Harel, 1962(À droite) ‘Huit cent à mille Juifs sont sortis du Maroc à cause de leurs discussions [d’une agente du Mossad et du Consul de France] autour de la philosophie de [Martin] Buber (photo)!’ Le politicien réputé Eliyahu Sasson (à gauche) s’entretient avec le commandant de la marine Aluf Shlomo Harel, 1962

Barzilai a déclaré que les ordres de Havilio étaient de se rendre «dans trois pays d’Afrique du Nord et d’obtenir des réponses à trois questions: 1) Les Juifs locaux se sentaient-ils en danger? 2) Veulent-ils de l’aide d’Israël? 3) Existe-t-il suffisamment de ressources humaines juives pour mettre en place une opération de transfert des Juifs?
Pendant trois mois, en 1954, Havilio sillonna le pays, jusqu’à ce qu’il ait répondu «oui» aux trois questions.
C’est à ce moment que Barzilai est entré dans le tableau.
Il était l’un des 20 agents du Mossad recrutés à la fin de 1955 et au début de 1956 pour former et organiser les communautés juives locales de chaque pays en machines perfectionnées et les envoyer en grand nombre en Israël.
Barzilai a déclaré que tous les agents du Mossad étaient mariés et envoyés en couple dans les communautés de Constantine, Marrakech, Casablanca, Tanger, Alger, Oran et Tunis.
Alors qu’il décrivait ses compatriotes du Mossad, il alternait entre fermer les yeux et regarder le sol, car il semblait revivre des moments avec eux, à cette période.
Bien que âgé de 93 ans, Barzilai garde un souvenir étonnant des détails.
Il semble toujours rester une force indomptable de la nature, bien que mener cet entretien représentait un réel défi physique, mais il continue d’aller de l’avant avec son charme caractéristique, en lançant une bonne blague auto-dérisoire.
Clairement, il adore également raconter l’incroyable période historique qu’il a vécue et contribué à façonner.
En 2016, Yossi Cohen et Reuven Rivlin, lui ont décerné le prix d’excellence du Mossad pour l’ensemble de ses réalisations au cours de sa vie.
Même s’il a officiellement pris sa retraite en 1995, il n’a jamais vraiment raccroché.
Depuis sa retraite, il a continué à faire du bénévolat pour le Mossad à divers titres, plus récemment en enseignant à de jeunes recrues et en partageant sa sagesse et son expérience.

CONSTANTINE, ALGÉRIE, 1899. Cinquante-sept ans plus tard, en 1956, ce serait le théâtre d’une bataille brève mais cruciale pour les Juifs de la région. (Crédit: Wikimedia Commons)CONSTANTINE, ALGÉRIE, 1899. Cinquante-sept ans plus tôt, en 1956, elle a été le théâtre d’une bataille brève mais cruciale pour les Juifs de la région. (Crédit: Wikimedia Commons)

Pour revenir à l’histoire de Constantine, Barzilai a déclaré que la résistance victorieuse des Juifs n’était intervenue qu’après des pogroms antérieurs, notamment un massacre de 40 Juifs en deux jours.
Les assaillants ont également volé 12 millions de francs à la communauté juive lors du pogrom.
Dans cette atmosphère, Barzilai se promenait toujours avec un couteau sous la manche et un pistolet sous l’aisselle, tandis que sa femme dissimulait une grenade que le Mossad l’avait entraînée à utiliser dans une situation de crise, même si elle n’était pas, formellement, une agente.
Outre Constantine, il y avait environ 600 000 Juifs en Afrique du Nord, mais 300 000 seulement au Maroc, constituant la plus grande communauté juive du monde arabe.
Sans surprise, Barzilaï a été profondément impliqué dans le combat visant à faire sortir les Juifs du Maroc.
La question devint plus pressante en 1957, lorsque le Maroc ferma officiellement son aliya légale avec Israël, alors que 12 000 Juifs attendaient déjà de partir et qu’on en comptait bien davantage, et qui représentaient beaucoup plus d’immigrants potentiels en Israël.
À ce moment-là, Harel a rencontré Shlomo Zalman Shragai, de l’Agence juive, et les deux hommes ont décidé que le travail sconsistant à faire augmenter  l’Aliyah du Maroc passerait complètement sous l’égide du Mossad.
Soudainement, Barzilai est devenu animé. L’Aliyah du Maroc est «l’une des choses les plus merveilleuses qui se soient produites», a-t-il déclaré, riant avec fierté du nombre considérable de Juifs amenés en Israël.
Il a ajouté que le Mossad avait mis en place deux laboratoires à plein temps pour créer un nombre considérable de faux passeports.
Décrivant la zone qui était la tête de pont initiale du Mossad, il a déclaré qu’il exploitait une région du Maroc, notamment Tétouan, et deux villes, Ceuta et Melilla, qui faisaient officiellement partie de l’Espagne.
Une fois que les Juifs Marocains seraient sur le territoire espagnol, ils seraient légalement en Espagne et pourraient faire leur Aliya en Israël.
Des Juifs ont également été introduits clandestinement en France via l’Algérie, qui était encore officiellement française à l’époque.
Il a dit qu’une grande partie de son succès était due à une relation qu’une femme sioniste religieuse nommée Yehudit avait noué avec le consul de France.
Née en Hollande, Yehudit parlait quatre langues et découvrit que le consul était un grand fan des écrits philosophiques de Martin Buber.
“800 à 1000 Juifs sont sortis du Maroc à cause de leurs discussions (à tous deux) autour de la philosophie de Buber!”, S’est exclamé Barzilai.
Il a expliqué que lui-même et ses collaborateurs se rendraient dans la province de Ouarzazate, située dans le centre-sud du Maroc, au milieu d’un plateau nu au sud de l’Atlas, isolée de la majeure partie du pays plus développé.
Barzilai a fait remarquer que cette région était si isolée que ni les Romains ni aucun autre empire n’avaient jamais conquis ces régions. L’architecture unique, vieille de plusieurs siècles, était donc intacte.
À la frontière du désert du Sahara, le mode de vie à Ouarzazate constituait un retour à une époque oubliée, où il fallait prendre soin des ânes et d’autres animaux, a-t-il déclaré.
Néanmoins, ils ont pu atteindre ces zones avec des bus pour faire sortir les Juifs du pays, après les avoir préparés aux défis auxquels ils pourraient être confrontés à la frontière.
Une partie du temps, le Mossad réussissait à faire se faufiler des Juifs devant les gardes-frontières marocains, mais souvent, ils soudoyaient des fonctionnaires à la frontière, qui pouvaient dire quels passeports et quels documents de voyage avaient été falsifiés.
Toutes les missions n’ont pas été couronnées de succès.
Barzilai a parlé d’un agent nommé Rafael qui a été attrapé, torturé et tué en dépit des efforts déployés pour le faire ressortir.
En 1961, le navire Egoz, qui faisait sortir clandestinement des Juifs du Maroc, a coulé avec à son bord l’agent Hayim Tzarfati.
S’arrêtant brusquement, Barzilai a déclaré sombrement que 14 fois le navire avait réussi à faire passer clandestinement des Juifs, mais que la seule fois où il avait coulé avait changé la donne sur le terrain de jeu.
“Il y avait des cris [d’indignation] qui provenaient de partout, disant que les Juifs doivent couler vivants pour avoir le droit de sortir du Maroc ?!”
Il a ajouté que l’incident avait provoqué des pressions internationales qui ont abouti à l’acceptation par le Maroc de laisser les Juifs quitter le pays ouvertement, si Israël payait une rançon.
Selon certaines informations, le 27 novembre 1961, après qu’Israël aurait versé 500 000 dollars via le Mossad, le responsable de la sécurité nationale marocaine aurait signé le premier «passeport collectif» permettant aux Juifs de quitter le pays légalement.
C’était le début de l’opération Yachin. Les chiffres varient, mais entre 50 et 200 dollars par personne ont été transférés sur des comptes bancaires suisses des dirigeants marocains, certains estimant que le coût total pourrait atteindre des centaines de millions de dollars.
En fin de compte, entre 1962 et 1964, le Mossad a pu amener quelque 100 000 Juifs marocains en Israël.
D’autres héros du Mossad et du renseignement israélien ont aidé les Juifs à se rendre en Israël. Certains d’entre eux figureront dans la nouvelle exposition et d’autres participeront à la rédaction du récit de l’exposition.
Nina Fattal, 73 ans, est l’un de ces anciens responsables du renseignement. Elle est moins célèbre que Barzilai, et préfère que cela demeure ainsi, refusant de parler de la plupart de ses propres aventures, car elle ne le ferait que si toute son équipe se révélait au public.
Cependant, elle était également dans les renseignements depuis des décennies et détient également une point de vue assez unique sur le Mossad et le sauvetage des Juifs, car elle est la fille d’un agent de renseignement israélien précédant l’existence du Mossad : son père, Nissim Louzia.
Elle est plus à l’aise dans le récit des histoires de son père – certaines étant liées au thème de la nouvelle exposition, tandis que d’autres concernent d’autres types d’opérations de renseignement – que la sienne.

HASSAN II, roi du Maroc, se rendait à la prière du vendredi à Marrakech en 1966. Au début des années 1960, entre 50 et 200 dollars par juif étaient transférés sur des comptes bancaires suisses aux dirigeants marocains afin de permettre à ces juifs de partir - avec une estimation le coût total atteint des centaines de millions (Crédit: Wikimedia Commons)HASSAN II, roi du Maroc, se rendant à la prière du vendredi à Marrakech en 1966. Au début des années 1960, entre 50 et 200 dollars par juif étaient transférés sur des comptes bancaires suisses aux dirigeants marocains afin de permettre à ces juifs de partir – avec une estimation du coût total atteint des centaines de millions (Crédit: Wikimedia Commons)

Elle a raconté comment son père avait été emprisonné à trois reprises en Syrie. Une fois, c’était après que les Syriens eurent découvert qu’il avait un frère qui était allé vivre dans un kibboutz en Israël.
Cette fois-là, a-t-elle dit, il a été libéré en utilisant les relations qu’il avait avec la France pour que les Français lui envoient un avocat important qui l’a aidé à le faire sortir.
Mais la troisième fois, en 1948, il s’agissait d’une histoire bien différente car elle impliquait également l’agent de renseignement israélien bien connu Akiva Feinstein.
Feinstein, qui parlait arabe, a été arrêtée et emmenée dans la même cellule où son père était incarcéré. Le gardien de prison a déclaré aux prisonniers arabes : «Voici un nouveau sioniste pour vous», à rosser.
Fattal a déclaré qu’un groupe de voyous arabes convergeaient vers Feinstein. Feinstein leur a dit dans un arabe parfait : “Si vous avez une dignité, alors [attaquez-moi] un seul à la fois.”
Elle a raconté comment ils avaient obtempéré et que Feinstein les avait ensuite éparpillés presque tous l’un après l’autre, jusqu’à ce que le dernier se rassoie sans le défier.
Fattal, née en Syrie en 1946, a déménagé au Liban avec son père et sa famille peu après la libération de son père.
Le plan était que sa famille vienne en Israël par petits groupes, mais cela n’a pas complètement fonctionné.
Bien que Fattal soit arrivée avec succès en Israël en 1953, son frère et sa sœur aînés, alors âgés respectivement de 9 et 10 ans, ont essayé de se rendre en bateau du Liban en Israël avec sa grand-mère en 1949.
Tous sont morts avant d’arriver en Israël.
Elle a fait remarquer avec tristesse que Ben Gourion “avait donné l’ordre de ne rien publier au sujet de sa famille ou des Juifs quittant le Liban pour s’installer en Israël”, de sorte qu’une grande partie de l’histoire de sa famille a été classifiée pendant des décennies.
Toutefois, elle a ajouté que son père avait participé à de nombreuses opérations et participé à des pourparlers menés par l’agent de renseignements israélien Aryeh Shalev (qui allait devenir l’un des principaux responsables du renseignement de l’armée israélienne lors de la guerre de Yom Kippour de 1973) avec le Liban pour des échanges de prisonniers de guerre.

M. Yitzhak Ben-Zvi et son épouse, Rachel Yana'it Ben-Zvi, accompagnés de nouveaux immigrants d'Afrique du Nord, à bord du navire 'Negba' en 1955 (Crédit: ROBERT MILSHTOK / YAD BEN ZVI, ARCHIVES PHOTO)M. Yitzhak Ben-Zvi et son épouse, Rachel Yana’it Ben-Zvi, accompagnés de nouveaux immigrants d’Afrique du Nord, à bord du navire ‘Negba’ en 1955 (Crédit: ROBERT MILSHTOK / YAD BEN ZVI, ARCHIVES PHOTO)

Fattal elle-même avait rejoint les services de renseignements de l’armée et était devenue officier en 1967. Poursuivant l’histoire de son père et de Feinstein, un jour de 1967, elle se préparait à assumer ses fonctions lorsqu’on a frappé à la porte de sa famille.
C’était encore Feinstein, pour faire appel à son père.
Feinstein avait été nommé gouverneur du Golan et voulait amener son père à s’acquitter de missions supplémentaires.
Fattal a expliqué qu’ils ne pouvaient pas se précipiter à la porte aussi vite, parce que son père était religieux et qu’il priait à l’époque en ayant posé les phylactères (téfilines), et qu’il y avait une scène comique de signaux de la main entre les deux agents de renseignement de haut rang, pour ne pas parler avant que ses prières ne soient terminées.
Le père de Fattal n’était pas le seul autre membre de sa famille impliqué dans les services de renseignements israéliens. Revenant sur le thème de la migration des Juifs en Israël, elle a déclaré que son oncle, David Louzia, travaillait sur la question avec le diplomate et homme politique Eliyahu Sasson.
Dans un article, David Louzia déclara à Sasson en mars 1937 que, avec seulement 500 lires (une monnaie utilisée en Syrie et dans d’autres pays), il pourrait savoir quels villages juifs allaient bientôt être la cible de diverses forces arabes.
Fattal a alors pris un ton espiègle et demandé : «Comment mon oncle pourrait-il obtenir cette information?
Elle a expliqué que la clé de l’information était Fawzi al-Qawuqji, qui deviendrait plus tard le commandant de l’armée de libération arabe.
Son père avait mis sur pied une cellule d’infiltration en Syrie. L’armée française était toujours en Syrie et son père fabriquait des uniformes français, notamment pour la milice de Qawuqji et, éventuellement, pour l’armée syrienne.
Son père s’est rendu auprès de Qawuqji et lui a dit : «Je vais vous vendre des uniformes à bas prix, mais sans utiliser les services de messagers de rang inférieur. Je veux les livrer personnellement. » Qawuqji a envoyé son émissaire personnel de haut rang pour gérer le problème.
Le père de Fattal a raconté à l’émissaire personnel une série de blagues et a veillé à ce qu’elles soient accompagnées de courgettes, parce qu’il avait appris qu’il les appréciait particulièrement bien.
Son père et un autre frère se sont ensuite rendus avec l’émissaire pour apporter les uniformes à Qawuqji.
En cours de route, et avec l’émissaire maintenant détendu, ils ont demandé à l’émissaire de révéler de manière passive le nombre de soldats de Qawuqji, quand ils attaqueraient des villages juifs et où ils les attaqueraient.
L’émissaire n’a même jamais su qu’il transmettait des informations cruciales aux espions israéliens.
Après avoir partagé toutes ces histoires fascinantes, Fattal a reconnu qu’il n’était pas toujours facile de faire partie de la famille des légendes du renseignement israélien, quand on a des membres de la famille décédés en voulant se rendre en Israël. Elle a déclaré qu ‘«elle avait été élevée différemment à cause de l’ampleur de la douleur ressentie par ses parents» de la perte de deux de leurs enfants et de sa grand-mère.
«Je ne les ai jamais dérangés pour mes propres besoins. Mon autre frère a également essayé d’agir avec eux comme si tout allait bien, a-t-elle déclaré.
Elle a dit qu’à ce jour, elle s’inquiète davantage que la moyenne lorsque des membres de sa famille voyagent, par exemple lorsque ses petits-enfants étaient en tournée en Inde ou en Amérique du Sud.
Du côté positif, elle a déclaré: «Nous sommes devenus forts pour ne pas rompre».
En outre, elle a déclaré qu’elle pensait que ces expériences avaient amélioré sa mémoire et son sens du détail, car les traumatismes pouvaient contribuer à concentrer la mémoire d’une personne.
Fattal est l’une des guides touristiques de l’IICC qui était auparavant dans les services de renseignement et est fortement impliqué dans le nouveau projet d’Erlich pour une exposition sur les opérations visant à aider les juifs à s’échapper des pays étrangers vers Israël.
Elle a décrit le mouvement Maccabi comme un moyen d’aider les Juifs à sortir de Hongrie et a raconté l’histoire d’un groupe de collégiens français organisé pour servir de couverture avant de les amener en Israël.
En outre, elle a reconnu que Hehalutz, la Histadrut, Keren Kayemeth et d’autres organisations travaillant avec des Juifs dans des pays étrangers, avaient participé à cet effort.
Barzilai, Fattal et Erlich espèrent tous que la nouvelle exposition redonnera vie à ces histoires et à celles de leurs collègues agents, pour le plus grand bénéfice de la nouvelle génération.
BY YONAH JEREMY BOB
 MAY 22, 2019 08:21

22 COMMENTS

  1. En 1962 , j’avais 17 ans et j’ai quitté Oran 1 mois avant l’independence. J’habitai Boulevard Joffre et j’ai été témoins des combats qui ont opposés le FLN et l’ OAS-juive pour la possession du quartier juif. Il a été fortement question d’un important dépôt d’armes à la grande synagogue mais de cela je n’en ai pas été témoin.

    • @CZig
      En mai 1962, un avion israélien, chargé d’armes, officiellement à destination de Saint-Domingue, a atterri à l’Est d’Alger. Les Français l’ont saisi, mais où sont passées les armes? Sur Oran il y avait une OAS-Juive assurant la défense du quartier Juif. Cette branche juive de l’OAS fonctionnait de manière quasi-indépendante et même le Général Jouhaud, commandant en Chef de toute l’OAS-Oranie n’avait qu’un correspondant avec la branche Juive, nommé Tabarot, je crois. Dans l’OAS-Juive il y avait des militaires, de grands blonds aux yeux clairs, parlant Hébreu, probablement d’origine Juive Allemande, au point que le FLN délirant a accusé l’OAS entière d’être truffée d’anciens SS transmettant les ordres en allemand. Il faut rappeler que si en 1939-45 les indépendantistes arabes étaient alliés de l’Allemagne nazie, durant les années 50, quelques 3000 FLN étaient entraînés en Allemagne, donc en accusant l’OAS de fascisme le FLN projetait sa propre situation sur son ennemi. Dans tous les cas, Ben Gourion avait clairement déclaré que “la sécurité des Juifs d’Algérie devait être assurée en attendant leur transfert en France, et qu’Israël n’accepterait pas de pogrom Juif dans ce chaos” (je répète qu’en 1962 la shoah restait bien vivante dans les esprits). Le fait que cette affaire reste obscure plus d’un demi siècle après les faits, montre l’efficacité et la discrétion des services Juifs de l’époque, et c’est tant mieux. Maintenant, si le chaos survient actuellement à Paris, Israël interviendra-t-il?

  2. Ce qui me questionne dans cet article, c’est qu’il n’est fait aucune allusion aux autorités et à l’armée française.
    Ors, à cette époque, la guerre d’Algérie battait son plein depuis deux ans et un très fort contingent de troupes françaises était stationné à Constantine et dans sa région, située non loin de la frontière tunisienne d’ou provenaient les bandes de fellagas.
    Si quelqu’un peut m’éclairer…

    • @CZig
      En 1956 nous ne sommes qu’à 11 années de la fin du régime Vichyste et croire que l’antisémitisme des Autorités Françaises, déjà flagrant lors du pogrom de Constantine de 1934, aurait brutalement cessé en 1945 serait une illusion. Mon père qui dès novembre 1942 avait combattu, en uniforme Anglo-Saxon contre la France alliée de l’Allemagne, m’avait précisé combien l’Armée Giraud avait été antijuive. De juin à octobre 1943, De Gaulle a tergiversé 6 mois avant de rendre leurs Droits aux Juifs d’Algérie et cela sous forte pression Américaine. Croyez-vous que si, en mai 1962, Ben Gourion avait eu confiance en l’Armée Française il serait intervenu quand-même pour éviter des pogroms Juifs en Algérie? Alors pourquoi aurait-on rêvé en 1956, à Constantine, que les attitudes aient changé? L’article de Jabotinski, publié en Hébreu dans le Yishuv, à la suite du pogrom de Constantine de 1934, montre qu’il avait parfaitement compris cela, que les Juifs devaient ne compter que sur eux-mêmes, et les décennies qui ont suivi lui ont donné raison.

      • @Asher Cohen

        Tout à fait d’accord avec vous Asher , je voudrai rajouter juste un petit mot .

        De Gaulle , de Londres n’a jamais fait une seule remarque ni donné d’instructions concernant les lois de Vichy et les déportations de Juifs .

        Il n’a pas été le ” sauveur ” pour tout le monde ce traitre .

        • @Bonaparte
          La quasi-totalité des Juifs de France ignorent l’Histoire réelle, ont donc une mémoire fausse et ainsi une identité perturbée. De Gaulle n’a pas protesté quand dès l’été 1940 Pétain fait déporter et exterminer les Juifs apatrides de France dans les camps de la mort du Sahara. Il n’a sûrement pas protesté contre l’abrogation du Décret Crémieux le 7 octobre 1940. En 1942, Pétain, Roosevelt, Churchill, Staline, Ben Gourion, et aussi De Gaulle, savaient pertinemment la mise en œuvre de la solution finale. Qu’a-t-il fait alors? Il a appris à son lever le Débarquement Allié du 8 novembre 1942 en AFN. Durant les 6 mois de campagne de Tunisie jusqu’en mai 1943, les gaullistes n’alignent pas 9000 hommes et donc ne pèsent rien. On peut donc comprendre que dès le 1er mai 1943, Roosevelt ait fait annoncer l’Amgot à Alger (occupation partagée de la France). En Janvier 1943, tout comme Mitterrand le giraudiste, De Gaulle ne dénonce pas le maintien de l’internement de 30.000 Juifs dans les camps du Sahara jusqu’en avril 1943. Il arrive à Alger en juin 1943 mais devra attendre encore plus d’une année le bon vouloir des Américains à débarquer en France. Il n’est pas capable de stratégie, et, contrairement à ses affirmations, la France ne peut pas être libérée à partir de son Empire colonial, ce qui va lui coûter très cher après la guerre. Il ne s’empresse pas de restituer aux Juifs leurs droits, biens et entreprises. Et en décembre 1961, il se fait donner par Ben Gourion 120.000 esclaves Juifs d’Algérie. Que l’on démontre en quoi il aurait-été un “sauveur”, ne serait-ce que pour les Juifs?

  3. Si en décembre 1961 Ben Gourion a donné 120.000 Juifs d’Algérie à De Gaulle, en avril-mai 1962 le Mossad de Shamir est intervenu pour éviter un massacre des Juifs d’Oran, et bien des Juifs de cette ville doivent la vie à cette institution. Seulement à 17 années de la Shoah, et après avoir perdu 6 millions des nôtres,les Sionistes ne voulaient manifestement plus de pogroms Juifs.

  4. Pour finir en musique :

    Quelques paroles de la chanson ” Constantina ” par Enrico Macias

    Constantina, si je t’écris c’est que je pense à toi
    Constantina, le soleil brûle, nos amours d’autrefois
    Constantina, si je te chante, c’est que j’ai mal de toi
    Le Mansourah nous a connu amoureux toi et moi

    Qu’est ce que tu deviens toi que j’aime
    Depuis toutes ces années perdues

  5. Texte admirable, tout y est : courage, esprit d’initiative, solidarité, ne compter que sur ses propres forces et, surtout, être prêts à rendre coup pour coup. Comme toujours, l’antisémite réfléchit à deux fois avant de passer à l’acte, sachant qu’il devra courir des risques physiques bien réels.

  6. De nos jours on n’entend aucune action du mossad contre ceux qui s’attaquent quotidiennement aux juifs à part des pleurniches .

    • Par votre pseudo, vous semblez un spécialiste incontesté de ce que vous reprochez aux autres : la “pleurniche”. Réfléchir un peu vous éviterait de tirer trop vite des conclusions hâtives.

      Ce qui est sûr : nous ne sommes plus dans l’extrême urgence de l’après-Shoah -période de décolonisation de tous les pays arabes à la fois. Même les phases dramatiques des opérations Salomon, d’exfiltration des Ethiopiens (années 90) sont passées. A la même époque, il y a eu les tractations intensives concernant les Juifs russes des pays ex-soviétiques (et Géorgiens, etc.). Jusqu’à il y a peu et encore actuellement, une sollicitude certaine s’exerce vis-à-vis des Juifs d’Ukraine, directement sous le feu. Très discrètement, pour qu’ils ne soient pas pris en otage du conflit, on peut penser qu’une préoccupation certaine entoure les Juifs du Venezuela.

      On ne peut jamais dire grand chose des actions contemporaines puisque leur réussite dépendra toujours de la discrétion qui les entoure.

      Concernant les Juifs occidentaux, il y a un souci permanent de leur protection, comme bien avant les attentats de 2015, où la France était informée deux ans avant. Ensuite la législation “permissive”, en tout cas, non préventive fait le reste. Récemment, on a appris qu’Israël avait évité plusieurs attentats d’envergure dans les pays européens (Villepinte, pays scandinaves, etc.). D’autre part, la sociologie de ces Juifs occidentaux est bien différente de la structure du Mellah ou du quartier juif des pays arabes. L’individualisme fait de l’Alyah un projet personnel, on ne va plus assister dans ces pays-là de l’Ouest à de grands brassages, de grands mouvements collectifs comme au Maroc… Bref autres temps, autres mœurs.

      Et, à propos de pleurnicher, commencer par se prendre en main, sans attendre le miracle d’une main secourante peut aussi préparer le chemin et permettre peut-être au “miracle” de se produire plus vite. Mais ce n’est guère en entretenant une mentalité d’assistés qu’on contribuera à l’organisation collective… Aide-toi… le Ciel t’aidera.

  7. ( Tunisie suite ) .

    Livournais et autochtones
    Au XIXe et XXe siècles, la judaïcité tunisienne
    se compose de deux communautés : les
    autochtones (les Twansa) et les juifs livournais d’origine judéo portugaise (les Grana ) qui affluent en Tunisie dès la fin du XVIe siècle.

    La vitalité du sionisme tunisien

    Avec l’éveil au début du XXe siècle du sionisme politique on voit se développer en Tunisie un important mouvement sioniste fondé sur l’activité politique les journaux, les mouvements de jeunesse et l’apprentissage de l’hébreu. Il réunit les différents groupes de la société juive tunisienne.
    En 1910, l’association Agoudat Tsionest crée sous l’impulsion d’Alfred Valensi, de Joseph Brami et du grand rabbin Jacob Boccara.
    La fédération sioniste est fondé dès 1920 , son président
    Alfred Valensi participe au XIIème congrès de Carlsbad et on compte en 1922, 12 sections sionistes comprenant près de 2 000 membres.

    Le sionisme en Tunisie

    Dans les années 1852, la Tunisie compte environ 30 000 juifs dont plus de la moitie vivent à Tunis.
    A la fin des années 1940, ils sont 70 000.
    Beaucoup restent après l’indépendance du pays en 1956 mais, en 2003 on ne compte plus qu’environ
    1500 juifs en Tunisie, essentiellement à Djerba.

  8. Et celle de la Tunisie aussi

    En 1948-1949, l’aliyah (émigration des juifs vers Israël) à partir de la Tunisie est organisée par le Mossad le-‘Aliyah Bet, qui n’avait pas obtenu de statut légal en Tunisie, mais les autorités coloniales françaises ont toujours fermé les yeux sur ses activités tant que ses agents faisaient montre de discrétion. Ainsi, près de 6 200 émigrants juifs tunisiens ont pu rejoindre Israël via Alger et Marseille durant ces deux années.

    Au début de 1950, le département de l’émigration de l’Agence juive remplace le Mossad le-‘Aliyah Bet en Tunisie. La France accepte alors d’accorder un statut légal à ce nouvel organe afin de permettre à Israël de conduire les opérations d’émigration dans de meilleures conditions. Cette année-là, 3 725 juifs tunisiens émigrent en Israël.

    Les années suivantes, ce chiffre passe à 3 414 (1951), 2 548 (1952), 606 (1953), 2 651 (1954), 6 104 (1955) et 2 362 (1967).

    Avec la légalisation de l’émigration juive par la Résidence de France, l’Agence juive ouvre un bureau spécial à Tunis dirigé par Nahum Dwinger, puis des annexes dans d’autres villes du pays. Ces bureaux, animés par des Israéliens et des activistes juifs locaux, organisent l’émigration d’une majeure partie des populations juives de Sousse, Sfax et Tunis, aussi bien que du Sud (Ben Guerdane, Médenine, Gafsa, Gabès et Djerba).

    D’autres départements de l’Agence juive, engagés dans l’éducation sioniste, l’émigration des jeunes et le mouvement des scouts, sont également actifs, avec l’accord tacite de l’administration française, au sein de ces communautés entre 1950-1951. Parmi ces départements, celui des juifs du Moyen-Orient, chargé de mettre en place des dispositifs pour la formation en matière d’autodéfense. Ce département, qui fonctionne dans d’autres pays du Maghreb et du Moyen-Orient, préparait les jeunes juifs à protéger leurs communautés contre les violences dont elles pouvaient être la cible, particulièrement après la guerre de 1948. Les forces d’autodéfense – formées principalement à Sousse, Gabès, Djerba et Tunis – sont illégales et clandestines. À partir de 1952, c’est Moshe Hababo-Arnon, un Israélien originaire du kibboutz de Regavim, qui prend leur direction, avec l’assistance de juifs locaux dont il avait assuré personnellement l’entraînement.

    Ainsi, vers la fin de 1950, 50 hommes ont déjà reçu une formation à Tunis et 60 autres nouvelles recrues sont entraînées. La cellule de Tunis possède revolvers, mitraillettes et fusils. Ce groupe collabore, par ailleurs, avec un pharmacien local qui fabrique des grenades artisanales. À Sousse, un non-Israélien est en charge de l’opération, assisté par sept instructeurs. Le nombre de stagiaires y atteint une vingtaine en novembre 1950. Ils ont à leur disposition revolvers et mitraillettes.

    Le dispositif mis en place à Sfax est plus modeste : un instructeur en charge d’une quinzaine d’hommes utilisant trois revolvers. À Gabès, il y a cinq instructeurs locaux et dix-huit activistes, qui ont aussi des armes en leur possession. La ville émerge, dès la fin des années 1940 comme un important centre de la Jeunesse sioniste et des nationalistes du Néo-Destour. Le plus important centre de la région est cependant basé à Djerba, où le nombre d’activistes atteint la cinquantaine.

    À Tunis, le QG clandestin des forces d’autodéfense est très actif. Sous la conduite de Hababo-Arnon, aidé par son adjoint local Zvi Tanoudji, les activistes juifs impriment des documents pour vulgariser les techniques d’autodéfense. Tanoudji a une autre responsabilité : prendre contact avec les marchands d’armes. Quant aux exercices de tir, ils sont menés dans des terrains vagues hors de Tunis. Trente-six heures sont consacrées chaque mois aux entraînements de judo et à l’utilisation de couteaux et de triques. Un journal secret est aussi publié, qui reproduit messages codés pour les activistes des différentes communautés. Une fois lue et décodée, la publication est aussitôt détruite.

    Chaque activiste recruté au sein des cellules clandestines signe un engagement dans lequel il fait serment de rester fidèle aux principes de l’organisation. Le document est ensuite détruit à son insu. Un comité spécial est aussi formé pour punir ceux qui violent le code d’honneur, informent les autorités de leurs activités ou dénoncent leurs camarades. En 1952, après l’émigration en Israël de leurs principaux responsables, ces cellules sont démantelées. Elles seront ressuscitées par le Mossad et son bras armé connu sous le nom de Misgeret (« Structure »).

    Misgeret entre en scène en 1955, après que la France eut déjà garanti l’autonomie interne à la Tunisie. Les opérations d’entraînement à l’autodéfense ont leur quartier général spécial à Paris, responsable de tout le Maghreb. Comme lors des précédentes opérations du début des années 1950, Misgeret envoie des émissaires israéliens pour entraîner les juifs à protéger leurs communautés en pleine guerre d’indépendance tunisienne. Les émissaires du Mossad préparent les jeunes recrues au sein du Misgeret clandestin créé au sein des communautés juives les plus importantes. Dans un entretien réalisé par Laskier avec Shlomo Havillio, commandant en chef du Misgeret à Paris entre 1955 et 1960, ce dernier admet que, rétrospectivement, les craintes initiales à propos d’éventuelles réactions des nationalistes tunisiens à l’égard des juifs étaient beaucoup plus imaginaires que réelles. Les Tunisiens n’ont rien tenté en définitive pour nuire aux juifs. La seule crainte pouvait venir de la présence de révolutionnaires dans la société tunisienne après l’indépendance.

    Harissa.com

  9. J’avais 11 ans en 1956 et j’habitais Oran.
    Avec mes parents nous nous tenions assiduement au courant des »Événements «  et pour cause, nous étions les premiers concernés.
    En ce qui concerne l’affaire de Constantine, l’armée française, aux prises avec les rebelles et étant au courant d’une attaque sur Constantine, avait posté un régiment de parachutistes et l’entreprise du FLN a échoué avec de lourdes pertes.

  10. Très intéressant ! Mais ou votre titre est erroné et concerne un autre article, ou vous avez oublié de parler de la bataille de Constantine et comment le Mossad l’a gagné !!!

    • L’article porte sur l’ensemble de l’exposition, où les détails de cette bataille sont narrés aux visiteurs : l’intérêt, c’est d’y aller, aussi par courtoisie envers les organisateurs de l’exposition va t-on se contenter de vous inciter à vous y rendre :

      C’était le seul incident de l’époque en Afrique du Nord et au Moyen-Orient où une communauté juive a été attaquée par un groupe armé organisé, mais où les Juifs étaient prêts et ont riposté.

      Le 12 mai 1956, pendant 25 minutes, une bataille sans merci a eu lieu à Constantine, en Algérie.

      Avec l’aide d’agents-conseillers du Mossad comme Ibrahim Barzilai – une légende qui a été à l’avant-garde du combat pour faire venir environ 80 000 Juifs de pays étrangers en Israël au cours d’une carrière de près de 60 ans dans les services de renseignement – les Juifs ont non seulement évité un massacre, mais ils ont gagné le combat.

      Dans un entretien qu’il a récemment offert au Jerusalem Post Magazine, au Centre du patrimoine et de la commémoration du renseignement israélien, Barzilai a expliqué en détail cette bataille et les multiples incidents au cours desquels lui et le Mossad avaient fait passer clandestinement vers Israël non seulement des Juifs, mais également des communautés juives entières en danger.

    • Merci d’avoir tenu compte de mon précédent mot. Nous avons maintenant l’article correspondant au titre. Bravo et bonne continuation. Hamec Deschamps.

  11. Dommage que cet article soit decousu , je n arrive pas a lire les details de cette bataille de constantine .

    Est il possible de lire le texte original ?

    Merci d avance

    • S’agissant d’adaptation, vous avez toujours l’original dans le lien en bas :

      l’article n’est pas “décousu”, il donne sciemment peu de détails sur l’opération elle-même afin de donner envie aux futurs visiteurs de se rendre à l’exposition.

      BY YONAH JEREMY BOB
       MAY 22, 2019 08:21
      jpost.com
      https://www.jpost.com/Magazine/Exhibition-tells-about-Mossads-rescue-of-oppressed-Jews-around-the-world-588446

      Sur Constantine stricto-sensu —- On ne lira que :

      C’était le seul incident de l’époque en Afrique du Nord et au Moyen-Orient où une communauté juive a été attaquée par un groupe armé organisé, mais où les Juifs étaient prêts et ont riposté.

      Le 12 mai 1956, pendant 25 minutes, une bataille sans merci a eu lieu à Constantine, en Algérie.

      Avec l’aide d’agents-conseillers du Mossad comme Ibrahim Barzilai – une légende qui a été à l’avant-garde du combat pour faire venir environ 80 000 Juifs de pays étrangers en Israël au cours d’une carrière de près de 60 ans dans les services de renseignement – les Juifs ont non seulement évité un massacre, mais ils ont gagné le combat.

      Dans un entretien qu’il a récemment offert au Jerusalem Post Magazine, au Centre du patrimoine et de la commémoration du renseignement israélien, Barzilai a expliqué en détail cette bataille et les multiples incidents au cours desquels lui et le Mossad avaient fait passer clandestinement vers Israël non seulement des Juifs, mais également des communautés juives entières en danger.

  12. Un rassemblement aura lieu en Israël où le pseudo historien benjamin stora donnera une version falsifiée de l’histoire , ce collabo est à vomir qu’il y retourne en Algérie comme dhimmi ce traitre.

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