Des recherches israéliennes offrent un nouvel espoir pour vaincre l’un des cancers du cerveau les plus mortels.

Au lieu de remplacer les médicaments existants, les thérapies futures pourraient se concentrer sur le blocage des mécanismes qui permettent aux tumeurs de leur résister, ont indiqué les chercheurs.

Pesach Benson/TPS-IL

Des scientifiques israéliens ont identifié une nouvelle approche potentielle pour lutter contre le glioblastome, l’une des formes les plus mortelles de cancer du cerveau, en ciblant le mécanisme biologique qui fait que de nombreuses tumeurs cessent de répondre à la chimiothérapie.
Bien que relativement rare, le glioblastome est la tumeur cérébrale primitive maligne la plus fréquente chez l’adulte. Cette maladie représente plus de la moitié des tumeurs cérébrales malignes et demeure l’un des cancers les plus difficiles à traiter.

Malgré des traitements agressifs associant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, le glioblastome développe souvent une résistance au traitement. La résistance aux agents chimiothérapeutiques, notamment au témozolomide (TMZ), médicament de référence, demeure l’un des principaux défis pour les chercheurs. Selon l’Institut national du cancer et la Société américaine du cancer, les patients atteints de glioblastome ont une survie médiane d’environ 12 à 18 mois après le diagnostic, et seulement 5 à 7 % d’entre eux survivent cinq ans.

Des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem ont toutefois découvert qu’un composé expérimental, le BA-101, pouvait bloquer un processus biologique permettant aux cellules du glioblastome de survivre au traitement. En inhibant ce processus, ils ont réussi, lors d’études en laboratoire, à restaurer la sensibilité au TMZ dans des tumeurs résistantes aux médicaments.

Les résultats, publiés dans la revue scientifique Cancer Medicine , suggèrent une nouvelle stratégie thérapeutique potentielle pour les patients dont les tumeurs ne répondent plus aux traitements standards. Cependant, le BA-101 demeure expérimental et nécessitera des études complémentaires et des essais cliniques avant de pouvoir être testé comme traitement chez les patients.

Les recherches, menées par le Dr Mallikar Nimgampalle, chercheur postdoctoral, et le professeur Haitham Amal de l’Université hébraïque de Jérusalem, ont révélé que les cellules du glioblastome utilisent un processus appelé stress nitrosatif pour survivre à la chimiothérapie. Ce stress nitrosatif survient lorsque les cellules produisent des quantités excessives de molécules d’oxyde nitrique, créant ainsi un environnement propice à la croissance, à la propagation et à la résistance aux traitements des tumeurs.

En bloquant ce processus grâce au BA-101, un inhibiteur sélectif de la synthase neuronale de l’oxyde nitrique (nNOS), une enzyme impliquée dans la production d’oxyde nitrique dans les cellules, les chercheurs ont pu affaiblir les défenses des cellules cancéreuses. Lors d’expériences en laboratoire, le BA-101 a ralenti la croissance des cellules tumorales, réduit leur capacité à envahir les tissus environnants et augmenté la mort des cellules cancéreuses.

Les chercheurs ont ensuite testé le BA-101 en association avec le témozolomide et ont constaté que cette combinaison était plus efficace que chaque traitement pris isolément. Lors d’expériences menées sur des modèles murins, la thérapie combinée a réduit significativement la croissance tumorale, suggérant que cibler le mécanisme de résistance des cellules cancéreuses pourrait accroître l’efficacité des chimiothérapies existantes.

« La résistance au témozolomide demeure l’un des principaux obstacles au traitement du glioblastome », a déclaré Amal. « Nos résultats suggèrent que cibler le stress nitrosatif pourrait restaurer la sensibilité de la tumeur au traitement. Bien que des études complémentaires soient nécessaires avant que cette approche puisse être appliquée aux patients, ces résultats ouvrent une perspective prometteuse pour le développement de thérapies plus efficaces contre l’un des cancers les plus mortels. »

Les chercheurs ont indiqué que leurs découvertes pourraient ouvrir la voie à une nouvelle approche du traitement du cancer : au lieu de remplacer les médicaments existants, les thérapies futures pourraient se concentrer sur le blocage des mécanismes permettant aux tumeurs de leur résister. Si d’autres études confirment ces résultats, la désactivation de ces voies de survie pourrait permettre aux traitements devenus moins efficaces de retrouver leur capacité à attaquer les cellules cancéreuses.

NeuroNOS, une société de biotechnologie cofondée par Amal, a obtenu une licence exclusive pour le BA-101 auprès de Yissum, société de transfert de technologie de l’Université hébraïque de Jérusalem. NeuroNOS développe le BA-101 comme traitement novateur potentiel du glioblastome, dans le but de faire progresser le composé vers de futurs essais cliniques.

Les chercheurs ont souligné que ces résultats sont encore préliminaires et que des essais supplémentaires seront nécessaires pour déterminer si cette approche est sûre et efficace chez l’humain. Si elle s’avère concluante lors d’études ultérieures, cette approche pourrait offrir une nouvelle solution à l’un des principaux défis du traitement du glioblastome : la résistance des tumeurs aux thérapies existantes.

JForum.fr avec jns
Un écran affiche une image des effets de divers médicaments sur des cellules cancéreuses de patients, à l’aide d’un microscope à fluorescence automatisé de la plateforme de séquençage à haut débit de l’Institut de recherche Curie à Paris, le 11 décembre 2025. Photo de Thomas Samson/AFP via Getty Images.

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire