Tsahal se prépare à la prochaine offensive du Hezbollah
Le Château de Beaufort, forteresse historique dominant le sud du Liban, a été repris par l’armée israélienne lors d’une offensive majeure menée par la 36e division blindée. Cette opération, qui s’est déroulée en mai et juin 2026, a permis à la brigade Golani de s’emparer de ce point stratégique, longtemps tenu par Hezbollah depuis le retrait israélien de 2000. La prise de ce bastion symbolise un coup dur pour l’organisation chiite, dont les forces ont subi de lourdes pertes, estimées à environ 3 500 combattants, dont 600 tués par la seule 36e division. Cette avancée militaire s’inscrit dans une stratégie israélienne visant à neutraliser les capacités de guérilla de Hezbollah, notamment en détruisant un vaste réseau de tunnels souterrains construits avec l’aide d’ingénieurs nord-coréens et iraniens.
Les tunnels, longs d’environ un kilomètre et équipés de commodités sophistiquées, témoignent de la militarisation avancée de Hezbollah, qui s’apparente désormais à une force quasi étatique. Ces infrastructures permettaient aux combattants de se déplacer, de se soigner et de se ravitailler à l’abri des frappes aériennes et terrestres. La destruction partielle de ce réseau, confiée aux unités d’élite Yahalom et Commando, représente un coup stratégique majeur, mais la cessation des hostilités avant l’anéantissement complet des tunnels laisse planer une incertitude sur la pérennité de ce succès. En parallèle, la région autour du Château de Beaufort a vu une dépopulation massive des villages chiites, notamment Taybeh, autrefois un bastion de Hezbollah, désormais en ruines. Cette politique israélienne vise à priver l’organisation de son soutien civil, un principe inspiré des stratégies de guérilla où la population locale est essentielle à la survie des combattants.
Malgré ces avancées, le commandement israélien reste vigilant face à la capacité de Hezbollah à se réarmer et à reconstruire ses forces à proximité immédiate de leurs positions, notamment autour de Nabatiya. La menace d’un retour aux tactiques de guérilla, qui avaient déjà causé de lourdes pertes à Israël entre 1985 et 2000, demeure une préoccupation majeure. Les responsables militaires israéliens expriment un scepticisme marqué quant à l’efficacité d’un éventuel déploiement de l’armée libanaise pour remplacer Hezbollah dans cette zone, soulignant la nécessité d’une présence militaire israélienne continue pour contenir la menace. Le commandant de la 36e division insiste sur l’importance de maintenir une posture défensive forte, affirmant que la présence israélienne est une obligation pour protéger les civils israéliens des attaques terroristes.
Cette situation illustre la complexité du conflit au sud du Liban, où les enjeux militaires se mêlent à des dynamiques politiques et sociales profondément enracinées. La reprise du Château de Beaufort, bien que symbolique, ne signifie pas la fin des hostilités. Au contraire, elle ouvre une nouvelle phase où la vigilance, la préparation et la capacité à anticiper les mouvements de Hezbollah seront déterminantes pour la stabilité de la frontière israélo-libanaise. Le maintien d’une présence israélienne dans cette région stratégique s’impose comme une condition sine qua non pour empêcher un retour à une guerre asymétrique qui pourrait rapidement dégénérer.
La reconquête du Château de Beaufort par l’armée israélienne constitue une avancée significative dans le cadre du conflit avec Hezbollah. Cependant, la menace persistante de guérilla et la reconstruction des capacités militaires adverses imposent une vigilance constante. La situation reste fragile, et la sécurité des populations israéliennes dépendra largement de la capacité de l’armée à contenir et neutraliser les menaces dans cette zone sensible du sud Liban.
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