“Bienheureux le peuple qui connaît le Son du Shofar ! » (vidéo)

A. Benchimol mis àjour le 25.09.2020

“Bienheureux le peuple qui connaît le Son du Shofar ! Ils marchent, ô Éternel, à la Lumière de Ta Face!“ (Psaume:89/16)

Le shofar (chofar) est l’instrument de musique à vent le plus vieux au monde. Il est fabriqué uniquement avec une corne de bélier ou d’un animal kasher. Il est le symbole du bélier sacrifié par Abraham à la place de son fils Isaac. (Ge. 22 : 13).

Le mot Shofar est malheureusement trop souvent traduit dans la Bible, par le mot trompette (ce qui est une erreur linguistique) et cela fausse la compréhension de son utilité dans les Temps que nous vivons.

De tous les instruments de musique, à corde, à vent et à percussion seul le shofar a suivi le peuple juif dans son exil. On ne se sert plus de cette corne de bélier qu’à deux occasions dans le judaïsme, à savoir le jour de Yom Teruah et le jour des propitiations (Yom Kippour).

A Yom Teruah, jour du jugement, il est une alarme pour les consciences.
A Kippour, le Shofar qui retentit marque la fin du jeûne. Il n’est pas alarme. Il évoque le shofar du Jubilé qui, tous les cinquante ans, annonçait la libération des esclaves, le renoncement aux dettes et le retour des terres à leurs premiers propriétaires.

Le Shofar est le plus fort des symboles de la fête de Yom Teruah. Mais n’est-il qu’un symbole? Mais que signifie-t-il exactement?

 Le Shofar ne cache-t-il pas un enseignement profond?

Il y a beaucoup d’usages du Shofar dans les Écritures (Jéricho, procession de l’arche sous la direction de David …) et nous sommes tous appelés à appliquer ses injonctions à nos vies – sur un plan spirituel et symbolique. Encore, en faut-il saisir le sens et les raisons…

Il servait à l’origine à rassembler après la bataille, à avertir d’un danger et appeler à l’aide ou encore à avertir de quelque chose de nouveau.

On a aussi l’habitude de sonner du shofar pour commémorer un événement exceptionnel (le jour où les troupes israéliennes ont libéré Jérusalem, par exemple). Depuis 1949, la prestation de serment de tout nouveau président de l’Etat d’Israël s’accompagne d’une sonnerie symbolique du shofar.

Le Shofar est sonné les deux jours de Yom Teruah, sauf si le premier jour tombe un shabbat. La sonnerie du shofar qui symbolise une plainte ou un cri, marque l’apogée des cérémonies.

Mais le « Shofar » reste lié, dans la pensée juive, à la venue du Messie et cela est effectivement en relation avec de nombreux passages bibliques et prophétiques.

A. Benchimol

 

Kippour 2020 (5781)
De la soirée du dimanche 27 septembre
À la soirée du lundi 28 septembre 2020

 

Le chofar réveille la voix divine au plus profond de nous

Le chofar réveille la voix divine au plus profond de nous, nous rappelant à notre source.

Le chofar – il dégage une aura de crainte et de sainteté. Son cri peut ébranler les cœurs de pierre et balayer des couches d’indifférence. Son appel a cette capacité unique de nous replonger aux tréfonds de notre être.

Le Baal Chem Tov dit : « Dans le palais du roi se trouvent de nombreuses pièces et chacune s’ouvre avec une clef différente. Il existe une clef, un instrument, qui peut ouvrir toutes les portes : la hache. Le chofar est une hache. Quand une personne se présente avec passion devant le Tout-puissant le cœur brisé, il peut faire voler en éclats n’importe quelle porte du palais du Roi des rois. »

Le Baal Chem Tov nous enseigne que le chofar est un moyen émotionnel et intuitif d’accéder aux tréfonds de notre cœur, au savoir divin. Son cri, ce son dénué de mots, touche notre cœur à un degré que les paroles et les concepts les plus élaborés ne peuvent atteindre.

 

Le roi David ne dit pas « Heureux est le peuple qui entend la terou’ah ». L’accent semble être mis sur l’intellectualisation : nous avons besoin d’utiliser notre intellect pour bénéficier véritablement du chofar.

Quelle est la bonne approche ? Le chofar est-il une expérience intuitive, émotionnelle, comme le suggère le Baal Chem Tov, ou bien intellectuelle, selon les paroles du roi David ?

LA CLOCHETTE MAGIQUE

Le Maguid de Doubnov nous offre une parabole qui peut peut-être nous aider à répondre à cette question.

Un fermier pauvre avait un oncle riche qui habitait la ville et qui l’invita à lui rendre visite. Enthousiasmé par cette invitation, le fermier ne perdit pas une seconde pour se rendre chez son oncle.

Quand il arriva, il fut accueilli chaleureusement et conduit immédiatement à une vaste salle à manger pourvue d’une longue table.

Tout en conversant et en échangeant des anecdotes sur la famille, l’oncle saisit une clochette en cuivre et la fit sonner. Immédiatement, un bataillon de serviteurs pénétra par les portes de service, chargés de plateaux d’apéritifs. Le fermier n’avait jamais vu de tels mets de toute sa vie. Les serviteurs retournèrent ensuite aux cuisines et les deux parents poursuivirent leur discussion.

Peu de temps après, l’oncle fit de nouveau tinter la clochette et les serviteurs reparurent, emportant les plateaux vides et en amenant de nouveau pour les hors-d’œuvre. Le fermier n’en croyait pas ses yeux. Il n’avait jamais vu une telle quantité de nourriture et un service tellement rapide.
Le repas se poursuivit de la sorte tout au long de la soirée. A chaque fois que l’oncle faisait tinter sa clochette tout un groupe de serviteurs répondait à son appel. Et à chaque fois, le fermier n’en revenait pas de sa surprise.
Quand vint le moment de partir, le fermier remercia son oncle de tout cœur et fit une halte dans un magasin local avant de rentrer chez lui. A son arrivée, il réveilla sa femme et lui dit avec excitation :
« Tu ne croiras jamais ce que j’ai fait ? »
« Quoi ? »
« J’ai dépensé toutes nos économies ! »
« Comment ?! »
« Ne t’inquiète pas. Tu vas me remercier un million de fois d’avoir fait cette dépense. Voilà, regarde. »
Sur ce, il sortit de sa poche une clochette en cuivre identique à celle de son oncle.
« C’est une clochette magique », expliqua le fermier.
Sa femme le regarda comme s’il avait perdu la tête. Imperturbable, l’homme continua :
« Tu vas voir, tout ce que j’ai à faire, c’est d’agiter cette clochette et immédiatement des serviteurs nous apporteront les mets les plus exquis que nous mangerons à satiété. »
Bien sûr, aucun serviteur n’apparut, la clochette ne possédant aucune magie. Elle n’était qu’un signal donné à des serviteurs prêts à servir.
Il en va de même du chofar.

Traduction et Adaptation de Tsiporah Trom

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