BeHouKoTai: “Si vous suivez Mes lois” (Manitou Z’l)

0
357

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

Im-be’houkotay telekhou

ve’et-mitsvotay tishmerou va’asitem otam.

Si vous suivez Mes lois

Et faites attention à garder Mes commandements et à les faire.

Une des Parashiot les plus dures de la Torah, pas seulement du point de vue du texte, mais du point de vue du contenu. Il y en a une seule qui correspond dans cette difficulté c’est Parashat Ki-Tavo dans Devarim. Le texte essentiel de la Parashah c’est une sorte de dilemne ou d’alternative qui s’attache au fait que la Torah est donnée à Israël.

Le sujet général du livre de Vayiqra c’est la sainteté.

Le livre de Vayiqra rassemble toutes les Mitsvot qui concernent la pureté, l’impureté. C’est le projet de sainteté. En particulier le verset important qui se trouve dans Parshat Qédoshim :

קְדֹשִׁים תִּהְיוּ:  כִּי קָדוֹשׁ, אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם

Qedoshim tihyou ki qadosh Ani Hashem Eloheikhem 

Et qui formule le projet du Créateur pour l’histoire humaine, ce que j’ai appelé dans un autre vocabulaire d’une autre analyse : le projet du Créateur pour l’histoire du monde au 7ème jour.

 

La Torah formule le projet de la Création pour chacun des jours des 6 jours du commencement. A la fin des 5 jours apparait l’homme dans l’histoire et donc il y a un projet pour l’histoire humaine : d’arriver à réaliser la sainteté la Qdoushah.

Nous n’avons pas étudié cette année cette notion de sainteté. Je vous donne une des réponses données par les sources :

Chacune des valeurs qui sollicitent la conscience humaine est un absolu pour elle-même mais la sainteté n’apparait que  lorsqu’il y a l’unité de toutes les valeurs à la fois.

Les valeurs elles-mêmes sont en état de dispersion, elles peuvent être atteintes chacunes pour elle-même, mais le projet de l’authenticité de la créature n’est vraiment atteint que lorsque cette unité des valeurs se fait et dans chaque chemin où cela tend à se réaliser apparait un projet de sainteté.

Quelle est dans sa qualité la valeur de cette sainteté, c’est un sujet pour lui-même.

Cela nous fait comprendre pourquoi la Torah, en tant qu’elle est l’ordre des Mitsvot qui permettent de réaliser la sainteté, va être donnée à Israël qui d’autre part est le peuple de l’unité.

L’humanité est elle-même dans son histoire propre en état de dispersion. Et chacune des manières d’être homme de toutes les nations est capable de réaliser une des valeurs et devient à la limite le véhicule privilégié de cette valeur.

C’est en cette nation-là qu’on finit par se renseigner à propos de telle valeur particulière. Le cas d’Israël est un cas particulier. Il n’est pas donné à la réalisation de telle  ou telle valeur en particulier, mais à un projet qui est littéralement surhumain par rapport au niveau de l’histoire humaine en général qui est celui de l’unité de toutes les valeurs à la fois. On retrouve le problème de l’identité des Patriarches et tout ce que nous avons étudié à ce sujet.

Le fait que les commandements de la Torah concernant la séparation de la pureté et la restauration de la pureté sont données de façon corrolaire au projet de sainteté est un sujet pour lui-même que je rappelle brièvement : seul celui qui est candidat à l’identité de sainteté est vulnérable à l’impureté. Raison pour laquelle il y a accumulation des prescriptions concernant l’impureté et la pureté dans ce livre de Vayiqra.

Ce qui du point de vue de l’évidence de la culture générale peut nous paraître paradoxal. Précisément celui qui est donné à la sainteté devrait être défini comme étant insensible à l’impureté. La Torah nous devoile que c’est en réalité exactement l’inverse.

Si nous étions au niveau d’une morale d’intentions qui ne touche pas la réalité on pourrait suivre ce principe faux mais qui vient de l’évidence de base de toute la culture contemporaine. Par exemple l’expression « Tout est pur pour les purs »  alors que pour la Torah dit tout le contraire : « Pour les purs tout est danger d’impureté ».

Au fur et à mesure qu’on avance dans le projet de sainteté alors précisément pureté et impureté cela devient sérieux Ce n’est plus une morale d’intention, cela devient concret.

Il y a un étonnement à la lecture de ces textes : à partir du moment où Israël se définit par ce livre de Vayiqra comme étant « Am Qadosh » le peuple de la sainteté , c’est précisément lui qui est interpellé de manière aussi systématique concernant les risques d’impureté et l’exhortation à la pureté.

Toutes les Sidrot du livre de Vayiqra couvrent les différentes situations du comportement de l’identité humaine : la pureté et l’impureté au niveau de la vie intérieur, l’intention de la faute ou l’intention de repentir… tous les problèmes des sacrifices qu’il y a dans les 1ères Sidrot.

Le problème de l’expiation qui concerne le problème de la revirginisation de la conscience. Et ensuite le problème de la pureté et de l’impureté au niveau corporel, l’atteinte au corps qui est le véhicule de la présence de la personne humaine. Ensuite, la pureté et l’impureté au niveau de la maison, au niveau de la  nourriture et des vêtements…

On pourrrait s’étonner si ce peuple est saint pourquoi cette insistance de la Torah à dépister l’impureté ? Nous sommes là dans une atmosphère spirituelle radicalement inverse de ce qui a fini par être l’évidence immédiate dans la culture occidentale.

Et puis finalement cette sainteté à travers le texte envahit toute la réalité du monde : temps espace pour le Shabbat etc…

Et une fois tout cela récapitulé, alors apparaît cette alternative.

Etant donné qu’il s’agit d’une identité ainsi définie, alors l’éventualité du sort qui s’y attache va être elle aussi dans les dimensions de l’absolu. Il va s’agir de ce qu’on appelle de manière générale la bénédiction ou de la malédiction, le bonheur et le malheur.

Et maintenant que vous connaissez le statut d’identité qui est le vôtre dans ce projet de sainteté, alors sachez que s’y attache dans le cas où se statut est réalisé le bonheur d’être, dans le cas où se statut n’est pas réalisé le malheur d’être.

C’est inévitable. Pas l’un ou l’autre seul, ce sont les deux faces d’une même médaille puisqu’il s’agit d’une vérité qui va être testée et réalisée au niveau de l’absolu alors le fait d’être lui-même sera vécu au niveau de l’absolu. Puisque la sainteté c’est sérieux alors le bonheur d’être ou le malheur d’être s’y attachent. Je ne rentre pas dans les détails, c’est un texte très difficile à lire.

Nous avons vécu dans notre histoire ce paroxysme cette alternative et à l’échelle générale de l’histoire d’Israël comme une collectivité soit à l’échelle individuelle.

A partir du moment où un être humain est candidat à l’être vrai alors tout ce qui lui arrive est vrai : le bonheur est vrai, le malheur est vrai.

C’est ce qu’on appelle les To’ha’hot  – la To’ha’hah c’est l’exortation, l’interpellation.

Les To’ha’hot de la Torah sont dans cette Parashah de Behouqotaï. Les To’ha’hot que Moïse à la fin des 40 ans du désert donnera, révélées par Dieu-lui-meme, se trouvent dans la Parashah de KiTavo.

Je rappelle le principe que nous connaissons:

Le fait que cette double eventualité sous forme d’alternative soit ainsi formulée de façon aussi massive, ne signifie pas que c’est une prophétie de fatalité fatale.

Tout se passe comme si la Torah veut nous décrire les conditions de notre propre identité. Elle ne veut pas nous prédire notre histoire mais nous décrire les éventualités. D’ailleurs, d’une façon générale, toutes les prophéties sont dans ce même principe. Le prophéte n’est pas le devin qui annonce un événement à tel jour tel endroit. Le prophète est celui qui diagnostique les éventualités qui s’attache à telle ou telle histoire ou à telle ou telle manière d’être.

Il ne s’agit pas d’une prédiction de fatalité mais d’une analyse des conditions qui s’attache à une certaine identité.

Le fait que nous soyons à la fin de cette histoire et qu’elle se soit passée de cette manière plutôt que d’une autre manière invite à la prudence. Les deux choses se sont réalisées simultanément : la ligne de la bénédiction et la ligne de la malédiction.

On est surtout sensible aux souvenirs de catastrophes et oublieux de l’autre dimension. Dans la sagesse des nations les peuples heureux n’ont pas d’histroire parce que toute leur histoire est faite des malheurs qu’ils ont eu entretemps. En realité les deux choses se sont réalisés.

Voilà comment est formulé ce dilemne : Verset 3 chapitre 26

26:3

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

 Im-be’houkotay telekhou

ve’et-mitsvotay tishmerou vaassitem otam.

Si vous suivez Mes lois

Il y a différents termes du Miqra pour dire la loi : Torah, Mitsvah, Mishpat, ‘Houkim… Ici nous avons ‘Houkot pluriel du ‘Hok une loi absolue, une loi qui ne se borne pas à dire le statut des actes mais à dire le statut de l’être même, le sujet de ces actes. C’est une législation qui porte sur l’identité.

L’acte fini dans sa répétition même va se récapituler dans une manière d’être : L’acte devient de l’être. Les lois qui disent le statut de l’être sont des ‘Houkim ou des ‘Houkot alors que les Mitsvot sont des lois qui régissent des actes.

C’est une analyse simple à comprendre pour indiquer que la Torah ait choisi le terme de ‘Houkot dans ce verset.

On a l’habitude de traduire suivant le dictionnaire :

Si vous vous conduisez selon Mes statuts – c’est à dire des lois d’être.

26 :3

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

Im-be’houkotay telekhou

ve’et-mitsvotay tishmerou

vaassitem otam.

Si vous suivez Mes lois

Et que Mes Mitsvot (commandements d’actes)  vous observez (on voit la différence de niveau)

Il faut les deux, les uns et les autres, alors vient le commencement de la promesse des bénédictions.

 

26 :4

וְנָתַתִּי גִשְׁמֵיכֶם, בְּעִתָּם; וְנָתְנָה הָאָרֶץ יְבוּלָהּ, וְעֵץ הַשָּׂדֶה יִתֵּן פִּרְיוֹ

Venatati gishmeykhem be’itam

venatenah ha’arets yevoulah

ve’ets hasadeh yiten piryo

Je donnerais vos pluie en leur temps

la terre donnera sa récolte

et l’arbre du champ donnera son fruit.

On retrouve là le problème de ce qui fait être la nourriture à la racine qui est un thème extrêmement important que je me borne à signaler. Enormèment de poètes en ont parlé : le bonheur se définit lorsque les choses arrivent en leur temps. Il y a une expression traditionnelle très importante :

« Davar béito mah tov ! »  lorsqu’une chose arrive en son temps qu’elle est bonne !

N’importe quoi c’est Tov. Combien c’est Tov lorsque les choses arrivent en leur temps !

Si l’on veut définir le Tikoun, le manque de mise au point qu’il y a dans ce monde-ci, ou les traces de chaos qu’il reste et se complique dans l’histoire de ce monde-ci, on pourrait le définir d’abord ainsi que les choses n’arrivent pas en leur temps. On est à la poursuite des coïncidences dans le sens temporel. Une des principes de définition des Mitsvot c’est les Mitsvot qui arrivent en leur temps. Il y a toute une discipline qui fait qu’on est régularisé dans le temps.  (Par exemple fêter Pessa’h à Shavouot cela ne marche pas…)

S’en suit toutes une série de promesses qui sont des mises au point, un Olam Hazeh qu’on pourrait appeller le Gan Eden. Un Rashi sur un des versets de ces promesses de bonheur montre qu’il s’agit de cela. L’idée de Davar béito mah tov suffirait à transformer le Olam hazeh dans son Kilkoul mekoulkal, cela veut dire, détraqué comme il est, en un Olam Hazeh qui voudrait la peine d’être vécu cela s’appelle le paradis.

Voilà commence le discours dans l’ordre du bonheur.

Rashi sur le 1er verset va nous restituer le raisonnement évoqué précédemment qu’il y a des lois qui formulent et expriment le statut d’être et il y a des lois qui expriment le statut des actes.

Le thème qui est touché ici est très important : les actes sont indispensables pour que l’être s’améliore, pour que l’être devienne ce qu’il doit devenir. Mais l’essentiel c’est que l’être le devienne. L’acte est éphémère. Il y a donc un statut des actes comme acte et un statut de l’être comme être. Il en résulte toute une série de catégories qui sont difficile à rassembler et à ma connaissance pour la 1ère fois dans toute l’histoire de la tradition talmudique, le Rav Kouk a reformulé pour le temps contemporain pour la 1ère fois : le mérite d’acte et le mérite d’être.

Je ne vous signale que cette catégorie-là pour aujourd’hui, mais il s’agit de tout un faisceau de reformulation des catégories de la moralité que nous lui devons à ce niveau-là.

Voilà comment le Midrash de Torat Kohanim que cite Rashi restitue ce raisonnement :

« Peut-être que cette expression ‘Si vous vous conduisez d’aprés Mes ‘Houkot’ il s’agit de la pratique des Mitsvot ».

 Mais nous avons appris que ‘Houkot c’est les commandements d’être et Mitsvot le commandement d’acte. Il faut reprendre ce sujet 100 fois de notre temps parce que c’est une des évidences de la raison traditionnelle qui a complétement disparu de la civilisation contemporaine.

Il y a le sujet des actes et c’est le sujet qui est l’être qui existe. Ses actes le nourrisent du mérite d’être mais les actes sont éphémères. Il y a donc deux niveaux de jugement : le jugement des actes et le jugement de l’être.

 Vous comprenez pourquoi l’alternative du bonheur d’être ou du malheur d’être portent dans cette Parashah parce qu’il s’agit des lois de la manière d’être beaucoup plus que des lois de la manière de faire. Le faire – l’acte – c’est de l’ordre de l’avoir.

L’être possède son avoir et se constitue de lui mais l’avoir est éphémère et c’est l’être qui est celui que nous sommes. Au niveau très simple : nous devenons le résultat de nos habitudes.

Finalement, chaque acte ponctuel de l’habitude est éphémère, mais le devenir de cet éphémère à travers l’être c’est lui qui est permanent.

Midrash : ‘Si vous vous conduisez d’aprés Mes ‘Houkot’« Peut-être que cette expression concerne  la pratique des Mitsvot ? « et vous observerez Mes Mitsvot ! » l’accomplissement des Mitsvot est déjá établi. Alors quel est le sens de « Si vous vous conduisez d’aprés Mes ‘Houkot’ ? »  she tiyou amelim baTorah  Que vous devez  peiner dans la Torah !

[car le mot de “suivre” ici, תֵּלֵכוּ  , signifie littéralement “marche”, qui est une activité épuisante (Gour Aryeh)]. — [Torath Kohanim 26:2]

Il s’agit de l’étude de la Torah. Pourquoi pas dire simplement « l’étude de la Torah » ?

Dernière Mishnah de Avot (5:22) :  « tourne-la et retourne-la parce que tout est dedans ». La mise en morceau des versets pour les reconstituer et entendre quelque chose quand il se pose à moi une question nouvelle. Alors il faut que je la fasse parler : shé tiyou amelim batorah.

Que vous ne considérez pas l’étude comme un exercice intellectuel d’intelligence mais comme un travail au bout duquel la Torah va parler. Parce que précisèment la Torah n’est pas seulement un code du comportement des actes, mais elle est aussi notre statut d’identité. C’est notre carte d’identité parce que c’est notre chartre d’identité.

Q : A propos des actes éphémères Rashi continue et dit …

R : Nakhon il faut que la Torah soit Lishmah

Bien sûr que l’essentiel c’est l’être mais l’être est le résultat de ses actes, ils sont donc très important. Je vous l’ai signalé pour montrer qu’il y a deux niveaux.

Je vous donne un exemple étonnant.

Ceux d’entre-vous qui ont étudié les règles du Midrash le connaisse peut-être.

Le Midrash établit en étudiant l’histoire des patriarches qu’il y a des comportements ambigüs difficiles à définir. C’est le problème de ce qu’on appelle « agador shel boshi » ( ?) : quand quelqu’un lit un texte d’un des récit des patriarches d’après la façon dont il juge l’acte en bien ou en mal, il dit ce que lui même est. Si lui explique cela en mal, il explique comment lui aurait agit en mal parce qu’il sait de quoi il s’agit. De même pour le bien.

Talmud Massekhet Pessa’him au début des 10 premières pages qui traite de Pessa’h toute une série d’exortations pour faire attention à la manière dont on s’exprime, parce que à la manière dont on s’exprime on dit qui on est. On ne dit pas seulement ce qu’on dit mais ce qu’on est.

Buffon : « le style fait l’homme » il faut dire l’inverse, « l’homme fait son style ».

Effectivement, souvent lorsque quelqu’un dit quelque chose on sait bien à la manière dont il le dit si c’est un Tsadik ou un Rashâ. Cela ne trompe pas. En particulier dans l’histoire de Essav et Yaaqov.

La lecture superficielle montre un Yaaqov « tortueux ». Or. le Midrash explique qu’il est évident que Yaaqov est Tsadik et Essav un Rashâ.

Le Midrash Tan’houmah dit :

« Halakhah : tout ce que fait un Tsadik, c’est une bonne action, même s’il t’apparait comme une faute. Halakhah : tout ce que fait un Rasha est une mauvaise action même s’il t’apparait que c’est une bonne action »

Il faut savoir diagnostiquer. Il s’agit d’un Tsadik et d’un Rashâ et nous sommes des Bénonim. Il faut donc juger chacun.

On a l’habitude d’enseigner que le ‘Hok, la ‘Houkah,  les ‘Houkim, les ‘Houkot, sont des Mitsvot que l’on ne peut pas comprendre. Cela veut dire en fait des Mitsvot difficiles à comprendre. Ce n’est pas la même chose.

Justement, Rashi nous dit : citant le Midrash de Torat Kohanim à propos de Im-be’houkotay telekhou que vous étudiez Mes Houkot…
En réalité, cette explication habituelle n’est pas exacte.
Les Mitsvot que cite Rahsi à propos desquels le Satan et les Oumot haOlam contestent en disant « qu’est-ce que c’est que ces Mitsvot privilégiées de complaisance que Dieu vous a donné ? Alors nous devons leur répondre : « Ce sont des décisions de notre Dieu nous n’avons pas à les discuter ».
On a tordu ce Midrash en lui faisant dire : on ne peut pas comprendre. Mais on leur répond ainsi parce qu’eux ne peuvent pas comprendre. C’est de là qu’est venue cette légende de lois incompréhensibles… Cela ne veut pas dire que n’importe qui peut comprendre les ‘Houkim et les ‘Houkot. Mais il faut les étudier. En vue de quoi ? En vue de connaître leur signification de telle sorte d’en déduire des conséquences nécessaires lorsqu’une question nouvelle se pose.
Parce que si on n’étudie pas les ‘Houkim et qu’on étudie que les Mitsvot, au moment où nous sommes interpellés au niveau de l’être on ne sait plus de quoi il s’agit et on continue de faire les Mitsvot… Mais et l’histoire ? et l’être ?

   וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְר

ve’et-mitsvotay tishmerou

Rashi dit reprenant l’expression précédente :

« Soyez travaillant la Torah afin de preserver et de accomplir ».

Rashi tente d’expliquer pourquoi il y a ces deux exortations dans le verset. Cela ne va-t’il pas de soi ?  אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ

Im-be’houkotay telekhou… bien évidemment en vue d’accomplir ce qu’il faut accomplir.

Cela se relie un peu au problème de Naassé venishmahLire la suite

Source: manitou.over-blog.com

 

Haftarath parachath Be‘houqothaï – Nos véritables racines

Dans cette haftara, le prophète Jérémie compare celui qui a foi en Hachem à celui qui ne met sa confiance que dans l’homme.

Tandis que le premier est comme un arbre planté près des eaux, dont le feuillage est toujours vert, et qui continuera, même pendant les sécheresses, de porter ses fruits, le second sera comme arbrisseau dans le désert, voué à la stérilité (Jérémie 17, 5 à 8).

Une Michna des Pirqei avoth (3, 17) développe comme suit cette idée : « Rabbi El‘azar ben Azarya a enseigné : Celui dont la sagesse est plus grande que les actions, à quoi ressemble-t-il ? A un arbre dont les branches sont nombreuses et les racines clairsemées, et le vent vient et le déracine et le jette sur sa face. Car c’est ainsi qu’il est écrit : “Et il sera comme un arbrisseau dans le désert, qui ne jouit pas de ce qui est bon, qui se trouve sur un terrain aride dans le désert, sur un sol salé et inhabitable.”

Mais celui dont les actions sont plus nombreuses que sa sagesse, à quoi ressemble-t-il ? A un arbre dont les branches sont peu nombreuses et ses racines touffues.

Même si tous les ouragans du monde grondent sur lui, ils ne peuvent pas le faire bouger de sa place, comme il est écrit : “Et il sera comme un arbre planté auprès des eaux, dont le feuillage est toujours vert, et qui continuera, même pendant les sécheresses, de porter ses fruits ” »

Cette primauté que confère cette Michna à l’action sur la sagesse est comprise par Tossafoth yom tov dans le même sens que celle que donne une autre Michna (Avoth 1, 17) : « Ce n’est pas l’érudition qui est l’essentiel, mais l’action. »

En d’autres termes, les véritables racines de l’homme, celles qui lui procurent son épanouissement, ce sont ses actes et non l’accumulation d’un savoir.

Jacques KOHN zal.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.