« La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak », s’inquiète l’Unesco.

La cité antique de Hatra. Photo d'illustration. (HERMES IMAGES / AGF / PHOTONONSTOP)

L’Organisation de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a dénoncé samedi la « destruction » de la cité antique de Hatra dans le nord de l’Irak par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak », s’inquiète la directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova, en allusion à la destruction du patrimoine irakien par les djihadistes de l’EI.

Le communiqué de l’UNESCO affirme que ce sont « des sources officielles » qui ont rapporté samedi « la destruction du site du patrimoine mondial de Hatra ».

A Bagdad, le ministère du Tourisme et des Antiquités a aussi condamné la « destruction » de Hatra, sans néanmoins être en mesure de confirmer cette information colportée par des médias kurdes irakiens.

Destruction au bulldozer

Située à 100 km au sud-ouest de Mossoul, deuxième ville d’Irak sous contrôle de l’EI, Hatra est une cité de la période romaine vieille de 2.000 ans inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ces dernières semaines, les jihadistes de l’EI s’en sont pris aux sites archéologiques en Irak, détruisant la cité de Nimroud, joyau archéologique inestimable, et réduisant en miettes des trésors dans le musée de Mossoul, malgré le tollé international.

La destruction de Nimroud, située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Mossoul, s’est faite au bulldozer, selon le ministère irakien du Tourisme.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a fermement condamné la veille la destruction de Nimroud.

La destruction délibérée de notre héritage culturel commun constitue un crime de guerre et une attaque contre l’humanité dans son ensemble. »

Nimroud est l’une des villes phares de l’empire assyrien, où ont été exhumés en 1988 plus de 600 bijoux, décorations et pierres précieuses, l’une des plus importantes découvertes archéologiques du XXe siècle.

La plupart des objets inestimables provenant de Nimroud sont exposés dans des musées en Irak ou en Europe, mais le site abrite toujours des bas-reliefs et de colossaux « lamassu », ces taureaux ailés à face humaine.

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