Marine Le Pen et ses amis les néonazis

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Le Front National ne cesse de faire la une des journaux ces derniers temps, plus en raison de sa présidente que de ses résultats ou encore de son supposé changement de ligne directrice. Marine Le Pen, qui a repris le poste de son père, entend afficher une image plus “douce” du parti et se détacher de l’étiquette antisémite que lui a collée Jean-Marie Le Pen. Hier des images de la nouvelle présidente ont cependant porté un coup à cette nouvelle stratégie du FN, exposant Marine Le Pen aux bras de deux néonazis.
La photo parle d’elle-même: Marine Le Pen est entourée de deux jeunes hommes qui portent des tee-shirts arborant fièrement les symboles du nazisme. Leurs visages ont été floutés, mais les logos sont visibles. L’un d’eux est vêtu d’un tee-shirt sur lequel on peut lire “Lonsdape”, une référence au NSDAP d’Hitler, le parti national-socialiste aux idées antisémites. L’autre protagoniste de la photo porte quant à lui une croix gammée masquée par une tête de mort. Le blogueur à l’origine de la publication des photos a précisé qu’il s’agissait là d’une Totenkopf – le symbole des gardiens SS des camps de concentration et d’extermination durant la seconde guerre mondiale. Il semble donc que Marine Le Pen aura encore bien des difficultés à cacher ses relations, sinon sa sympathie, pour les partisans de l’idéologie antisémite. Afin d’expliquer ce cliché, elle a déclaré que le FN “serait victime de ‘l’entrisme de l’Oeuvre française’, une organisation d’extrême droite pétainiste qui, selon elle, tenterait de déstabiliser le FN en le pénétrant de l’intérieur”. La théorie du complot avancée par Marine Le Pen a également été reprise par d’autres membres du parti qui tentent de redorer leurs blasons.

Ainsi, Alexandre Gabriac, candidat dans le canton n°6 de Grenoble pris en photo à plusieurs reprises en mimant le salut nazi, a repris cette théorie accusant pour sa part les anarchistes. “Je ne suis pas du tout au courant de ces photos. Cela ne me dit rien du tout. De toute façon, j’avais reçu il y a quelque temps une lettre anonyme m’avertissant que des montages effectués par des anarchistes circuleraient”, a-t-il cru bon d’affirmer. Publiés à deux jours du second tour des cantonales, elles révélaient ainsi qu’elles étaient les outils d’une machination selon lui. “Je tiens à remercier et féliciter les électeurs qui ne se sont pas laissés berner par l’odieuse machination dont j’ai été victime et ont confirmé leur adhésion aux idées et aux principes que le Front National a toujours défendus et défendra toujours”, a-t-il écrit sur son site internet. Affirmer défendre les principes que le Front National a toujours soutenus est cependant un argument léger pour se détacher de son néonazisme affiché. En effet, sous la direction de Jean-Marie Le Pen, il est difficile de trouver une quelconque prise de position contre l’antisémitisme, bien au contraire.

Ce n’est pas là le seul candidat qui embarrasse la présidente du Front National. Après la révélation des clichés de M. Gabriac et de Mme Le Pen par le Nouvel Obs, c’est le passé d’escort-girl de l’une des candidates aux cantonales qui a été rappelé. Sandra Kaz, candidate du Front national aux cantonales à Coudekerque-Branche, s’est ainsi retrouvée à la une de plusieurs journaux en tenue légère. Elle admet avoir pris des clichés en petite tenue, mais nie avoir un passé d’escort-girl. “C’est un book que j’avais réalisé en 2007, à Liège, à une période où on me faisait miroiter une carrière dans le mannequinat”, a-t-elle expliqué. Selon la jeune femme, la mise en ligne de ces photos est l’oeuvre de l’un de ses ex petits amis qui lui en voudrait. Là n’est cependant pas le principal problème. Que les photos aient été publiées sans son accord, soit, mais le simple fait qu’une candidates à des élections cantonales ait un tel passé derrière elle laisse cependant perplexe. Certes le parti peut cependant se targuer de rassembler des individus de tous bords.

Outre les tracas que lui causent certains de ses partisans, la présidente du FN devra encore user de moyens inédits pour enlever à son parti le qualificatif d’antisémite. Bien qu’elle ait affirmé que ni elle, ni son parti, n’étaient antisémite, Mme Le Pen a repris la stratégie du bouc-émissaire. Déjà mise en oeuvre par son père pour accabler l’immigration du chômage, de l’inflation et de tous les maux dont souffrent la France, Mme Le Pen l’a remise au goût du jour. Se rachetant auprès de la communauté juive, elle a désormais pris pour cible les musulmans et l’Islam. Certains admettent ainsi les justifications de la présidente du parti, tenant pertinents ses arguments contre l’augmentation des musulmans en France.Après les Juifs, ce sont donc les Musulmans qui sont pris pour cible. Ainsi le racisme affiché de son père est bel et bien présent, il a simplement changé de cible.

En outre, le programme de son parti n’a pas montré de changement radical dans la politique qu’il prône. La principale modification semble en effet celle du nom de son président, passant du père à la fille. Sur le site officiel du Front National, le programme de l’immigration, l’argumentaire favori du parti, commence ainsi “À l’origine de la plupart des maux dont souffre notre pays, la politique d’immigration menée depuis plus de trente ans par les gouvernements successifs a été constamment dénoncée par le Front National qui, dès sa création, a proposé toute une série de mesures qui n’ont en aucune manière cessé d’être d’actualité, et constituent l’un des fondamentaux de notre projet global”. Non seulement, l’immigration reste le bouc-émissaire du Front National, mais le parti ne propose aucune nouvelle mesure tandis que ses représentants affirment à l’envie qu’ils ont rajeuni le parti pour proposer de nouvelles initiatives. Si les chiffres changent donc, la politique du FN stagne.

Le plus inquiétant cependant reste la côte de popularité de Mme Le Pen qui ne cesse d’augmenter. Un récent sondage a ainsi été publié par l’Ifop (Institut Français d’Opinion Publique) et le Semiocast (société spécialisée dans l’analyse de l’expression spontanée sur internet), démontrant la hausse de popularité de Mme Le Pen, notamment sur le réseau Twitter. Les conclusions de l’étude rapportent qu’à chaque intervention, Marine Le Pen gagne en notoriété spontanée sur Twitter. Paul Guyot, co-fondateur de Semiocast, a notamment précisé que ces nouveaux commentaires sur le site de micro-bloging ont pour conséquence de faire de Mme Le Pen “une candidate présidentiable. Une nouveauté pour le FN”.

Après s’être peu à peu intégrée au paysage politique français, Marine Le Pen a réussi à obtenir le soutien de certains électeurs. Mais si ses partisans continuent à alimenter la chronique, il pourrait cependant se déliter d’ici à l’élection présidentielle de 2012.

Roxane Tran-Van

Guysen.com

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