Claude Lévi-Strauss, dernier géant (juif) de la pensée française, est mort à 100 ans

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source : WIKIPEDIA et AFPClaude Lévi-Strauss, né le 28 novembre 1908 à Bruxelles 1″>Article original et mort le 30 octobre 2009 à Lignerolles (Côte-d’Or) 2″>Article original, 3″>Article original, 4″>Article original, 5″>Article original est un anthropologue et ethnologue français qui a exercé une influence décisive sur les sciences humaines dans la seconde moitié du XXe siècle en étant notamment l’une des figures fondatrices de la pensée structuraliste.

Professeur honoraire au Collège de France, il en a occupé la chaire d’anthropologie sociale de 1959 à 1982. Il était également membre de l’Académie française dont il était devenu le premier centenaire 6″>Article original.

Depuis ses premiers travaux sur les Indiens du Brésil, qu’il avait étudiés sur le terrain entre 1935 et 1939, et la publication de sa thèse Les Structures élémentaires de la parenté en 1949, il a produit une œuvre scientifique dont les apports ont été reconnus au plan international 7″>Article original. Il a ainsi consacré une tétralogie, les Mythologiques, à l’étude des mythes. Mais il a également publié des ouvrages qui sortent du strict cadre des études académiques, dont le plus célèbre, Tristes Tropiques, publié en 1955, l’a fait connaître et apprécier d’un vaste cercle de lecteurs.
Sommaire
afficher”>Article original

* 1 Biographie
o 1.1 Enfance et formation
o 1.2 Missions ethnographiques et premières fonctions académiques
o 1.3 L’apogée scientifique
o 1.4 Dernières années
* 2 Travaux
o 2.1 Introduction
o 2.2 Étude des relations de parenté
* 3 Distinctions, décorations, récompenses
o 3.1 Distinctions
o 3.2 Décorations françaises et étrangères
o 3.3 Prix et médailles
o 3.4 Docteur honoris causa
* 4 Œuvres (premières éditions)
o 4.1 Entretiens
* 5 Notes et références
* 6 Annexes
o 6.1 Bibliographie
o 6.2 Filmographie
o 6.3 Fonds d’études
o 6.4 Liens externes

Biographie
Enfance et formation

Claude Lévi-Strauss, issu d’une famille intellectuelle, artistique notamment de tradition musicale 8″>Article original et juive d’origine alsacienne 9″>Article original, des environs de Strasbourg, est né à Bruxelles de parents français. Il est le fils de Raymond Lévi-Strauss, artiste peintre, et d’Emma Lévi. La famille réside à Paris. Son père était un peintre portraitiste, qui fut ruiné par l’arrivée de la photographie. 10″>Article original Son grand-père maternel, avec qui il a vécu lors de la Première Guerre mondiale, était le rabbin de la synagogue de Versailles 10″>Article original . Il est aussi l’arrière-petit fils d’Isaac Strauss, chef d’orchestre à la cour sous Louis-Philippe, puis sous Napoléon III 11″>Article original.

Il s’installe à Paris dans le 16e arrondissement pour suivre ses études secondaires, d’abord au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Condorcet 12″>Article original. À la fin de ses années de lycées, il rencontre un jeune socialiste d’un parti belge et s’engage alors à gauche 10″>Article original. Il découvre rapidement les références littéraires de ce parti qui lui étaient jusqu’alors inconnues, incluant Marx. Il est ensuite militant au sein du S.F.I.O., chargé d’animer le Groupe d’Études Socialistes, puis d’assumer le rôle de Secrétaire Général des Étudiants socialistes.

Il poursuit ses études à la Faculté de droit de Paris, où il obtient sa licence, avant d’être admis à la Sorbonne. Il y est reçu troisième à l’agrégation de philosophie en 1931 (il obtiendra un doctorat ès lettres en 1948).

Si ses activités militantes cessent après son départ pour le Brésil, Claude Lévi-Strauss a failli faire une carrière politique.
Missions ethnographiques et premières fonctions académiques

Après deux ans d’enseignement de la philosophie au lycée Victor-Duruy de Mont-de-Marsan et au lycée de Laon, le directeur de l’École normale supérieure, Célestin Bouglé, lui téléphone pour lui proposer de devenir membre de la mission universitaire au Brésil, en tant que professeur de sociologie à l’université de São Paulo, où il enseigne de 1935 à 1938. C’est ce coup de téléphone qui a décidé de la vocation ethnographique de Lévi-Strauss, expliquera ce dernier dans Tristes Tropiques 13″>Article original. De 1935 à 1939, il organise et dirige plusieurs missions ethnographiques dans le Mato Grosso et en Amazonie. « L’ethnologie jette un pont entre psychanalyse et marxisme d’un côté, géologie de l’autre. Lévi-Strauss a trouvé la science dans laquelle se marient toutes ses passions antérieures » écrit son biographe Denis Bertholet 14″>Article original.

En 1938, il traverse l’État du Mato Grosso. Il part de Cuiabá, une ancienne ville pionnière de chercheurs d’or, à bord de sa Ford 34. À partir de Diamantino, il suit avec des chars à boeufs une ligne télégraphique qui traverse le cerrado, une brousse à la végétation très dense. Il rencontre les Nambikwara dont il rapporte une documentation fournie et 200 photos, puis les indiens Mundé et Tupi Kawahib dans l’État du Rondônia. Toutes ces missions auprès de populations indiennes lui permettent de réunir les premiers matériaux qui seront à la base de sa thèse sur Les Structures élémentaires de la parenté, soutenue en 1949.

De retour en France à la veille de la guerre, il est mobilisé en 1939-1940 sur la ligne Maginot comme agent de liaison, puis affecté au lycée de Montpellier, après sa révocation en 1940 en raison des lois raciales de Vichy. Il quitte la France en 1941 10″>Article original pour se réfugier à New York, alors haut lieu de bouillonnement culturel, où il enseigne à la New School for Social Research 15″>Article original. La rencontre avec Roman Jakobson, dont il suit les cours et devient un proche 16″>Article original, est décisive sur un plan intellectuel. La linguistique structurale lui apporte les éléments théoriques qui lui faisaient jusqu’à présent défaut pour mener à bien son travail d’ethnologue sur les systèmes de parenté. Il est engagé volontaire dans les Forces françaises libres et affecté à la mission scientifique française aux États-Unis. Il fonde avec Henri Focillon, Jacques Maritain, Jean Perrin et d’autres l’École Libre des Hautes Etudes de New York en février 1942 17″>Article original.
L’apogée scientifique
Fronton du Collège de France

Rappelé en France en 1944 par le ministère des Affaires étrangères, il retourne aux États-Unis en 1945 pour y occuper les fonctions de conseiller culturel auprès de l’ambassade de France 18″>Article original. Il démissionne en 1948 pour se consacrer à son travail scientifique. En 1949, il publie sa thèse Les Structures élémentaires de la parenté 10″>Article original. Cette même année, il devient sous-directeur du musée de l’Homme, puis, sollicité par Lucien Febvre il obtient une chaire de directeur d’études à la VIème section de l’École pratique des hautes études, chaire des religions comparées des peuples sans écriture – VIème section qui deviendra plus tard l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ( EHESS).

Il publie en 1955 ce qui reste son livre le plus célèbre, Tristes Tropiques, livre qui, à mi-chemin de l’autobiographie, de la méditation philosophique et du témoignage ethnographique, connait un énorme succès public et critique : de Raymond Aron à Maurice Blanchot, de Georges Bataille à Michel Leiris, de nombreux intellectuels applaudissent à la publication de cet ouvrage qui sort des sentiers battus de l’ethnologie 19″>Article original. Avec la publication de son recueil d’Anthropologie structurale en 1958, il jette les bases de son travail théorique en matière d’étude des peuples premiers et de leurs mythes.

En 1959, après deux échecs, il est élu professeur au Collège de France, chaire d’anthropologie sociale 20″>Article original, qu’il quitte à sa mise à la retraite en 1982 (il pèse de tout son poids pour que Françoise Héritier, sa collaboratrice de longue date, lui succède 21″>Article original). Parmi les mandarins de l’Université, seul Georges Gurvitch ne voit pas d’un bon œil cette élection de Lévi-Strauss mais, explique Denis Bertholet, « Lévi-Strauss n’a plus aucune raison de s’expliquer avec son concurrent » 22″>Article original. À l’été 1960 est mise en place la structure d’un laboratoire d’anthropologie sociale qui relève à la fois du Collège de France et de l’École pratique des hautes études 23″>Article original. Il obtient de Fernand Braudel que le seul exemplaire européen des Human Relations Area Files (en) produit par l’Université Yale soit confié au nouveau laboratoire ce qui fait de cette nouvelle structure « avant même d’avoir lancé recherches et missions …”>Article original un centre de référence en matière ethnographique » 24″>Article original.

Il fonde en 1961 avec Émile Benveniste et Pierre Gourou la revue L’Homme qui s’ouvre aux multiples courants de l’ethnologie et de l’anthropologie, et cherche à favoriser l’approche interdisciplinaire.

Du début des années 1960 au début des années 1970, il se consacre à l’étude des mythes, en particulier sur la mythologie amérindienne. Ces études – les Mythologiques – donnent lieu à la publication de plusieurs volumes dont le premier, Le Cru et le Cuit, paraît en 1964. C’est à cette époque que le milieu intellectuel, dont Les Temps Modernes, commence à faire entendre des critiques sur la pensée de Lévi-Strauss. Mais c’est également, à partir de 1970, l’époque où son œuvre commence à être étudiée pour elle-même avec la publication de Claude Lévi-Strauss. The Anthropologist as a Hero par les presses du MIT et du livre que lui a consacré l’anthropologue britannique Edmund Leach. Il donne de nombreux entretiens à la presse grâce auxquels, selon Denis Bertholet, il peut présenter « sous une forme vulgarisée les idées qui lui tiennent à cœur » et à ce titre, « dans les années 1960, avant que l’écologie ne devienne une idéologie et un parti …”>Article original Lévi-Strauss, par ses vues distantes et sévères, lui a sans doute donné, hors de tout effet de pathos, sa formulation la plus radicale » 25″>Article original.

Il est élu en mai 1973 à l’Académie française. Comme le veut la tradition, il fait l’éloge de son prédécesseur, Henry de Montherlant, et Roger Caillois prononçant – à la demande de Lévi-Strauss – le discours de « réponse » en profite pour lancer « une série de flèches empoisonnées » sur sa méthode et ses présupposés scientifiques 26″>Article original. Son entrée à l’Académie française suscite autant d’interrogations au sein de la Coupole que parmi ses amis et collaborateurs 26″>Article original.

Lévi-Strauss poursuit ses recherches sur la mythologie : Myth and Meaning (1978), La Potière jalouse (1985), et enfin Histoire de Lynx (1991) qui clôt un travail entamé quarante ans plus tôt.
Dernières années

À partir de 1994, Claude Lévi-Strauss publie moins 27″>Article original. Il continue toutefois à donner régulièrement des comptes rendus de lecture pour L’Homme. En 1998, à l’occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire, la revue Critique lui dédie un numéro spécial dirigé par Marc Augé, et une réception a lieu au Collège de France. Lévi-Strauss évoque sans détour la vieillesse et déclare notamment : « il y a”>Article original aujourd’hui pour moi un moi réel, qui n’est plus que le quart ou la moitié d’un homme, et un moi virtuel qui conserve encore une vive idée du tout. Le moi virtuel dresse un projet de livre, commence à en organiser les chapitres, et dit au moi réel : “C’est à toi de continuer.” Et le moi réel, qui ne peut plus, dit au moi virtuel : “C’est ton affaire. C’est toi seul qui vois la totalité.” Ma vie se déroule à présent dans ce dialogue très étrange 28″>Article original. »

Il donne pour un numéro de L’Homme d’avril-septembre 2002 consacré à « La question de parenté » une postface dans laquelle il se félicite de constater que les lois et règles de fonctionnement qu’il a mises au jour « restent au cœur des travaux contemporains » selon l’expression de Denis Bertholet 29″>Article original.

Au début de l’année 2005, lors d’une de ses dernières apparitions à la télévision française il déclare, reprenant en des termes très proches un sentiment qu’il avait déjà exprimé en 1972 (entretien avec Jean José Marchand) et en 1984 (entretien avec Bernard Pivot) : « Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c’est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu’elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l’espèce humaine vit sous une sorte de régime d’empoisonnement interne —-si je puis dire—- et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n’est pas un monde que j’aime » 30″>Article original.

En mai 2008, une partie de son œuvre, sélectionnée par Lévi-Strauss lui-même, est publiée dans un volume de la Bibliothèque de la Pléiade sous le titre d’Œuvres 31″>Article original. Le choix de la collection prestigieuse de la maison Gallimard apparaît à Emmanuel Désveaux comme un « embaumement de l’œuvre lévi-straussienne » et l’ensemble du projet éditorial ne permet pas à ses yeux de faire efficacement place à la réflexion anthropologique « extrêmement puissante » de l’auteur 32″>Article original.

Le 28 novembre 2008, à l’occasion de son centenaire, de nombreuses manifestations sont organisées. Le Musée du quai Branly lui dédie une journée au cours de laquelle, devant une affluence record, des écrivains, des scientifiques et des artistes lisent un choix de ses textes. L’Académie française l’honore également, le 27 novembre, en fêtant le premier académicien centenaire de son histoire. La BNF organise une journée au cours de laquelle les visiteurs découvrent les manuscrits, les carnets de voyages, les croquis, les notes, et même la machine à écrire, de l’anthropologue.

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, se rend au domicile parisien de Lévi-Strauss en compagnie d’Hélène Carrère d’Encausse pour s’entretenir avec lui de « l’avenir de nos sociétés » 33″>Article original.

La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, annonce pour son centenaire la création d’un Prix Claude Lévi-Strauss, d’un montant de 100 000 euros, qui viendra récompenser à partir de juin 2009, et chaque année, le « meilleur chercheur » dans les disciplines telles que l’histoire, l’anthropologie, les sciences sociales ou l’archéologie 34″>Article original.

Claude Lévi-Strauss est décédé le vendredi 30 octobre 2009, il est inhumé à Lignerolles (Côte-d’Or) 35″>Article original. À l’annonce de ce décès le 3 novembre 2009, Roger-Pol Droit dresse pour Le Monde le portrait d’un homme qui « ne dissociait pas la défense de la diversité culturelle et celle de la diversité naturelle » 36″>Article original.
Travaux
Introduction

Claude Lévi-Strauss a appliqué à l’anthropologie l’analyse structurale exploitée dans le domaine linguistique par Ferdinand de Saussure puis Roman Jakobson. L’anthropologie prenait traditionnellement comme objet fondamental de son étude la famille, considérée comme une unité autonome composée d’un mari, d’une femme et de leurs enfants, et tenait pour secondaires les neveux, cousins, oncles, tantes et grands-parents. Lévi-Strauss estime que, de manière analogue à la « valeur linguistique » chez Saussure, les familles n’acquièrent des identités déterminées que par les relations qu’elles entretiennent les unes avec les autres. Il renverse ainsi le point de vue traditionnel de l’anthropologie en mettant en premier les membres secondaires de la famille et en centrant son analyse sur les relations entre les unités plutôt que sur les unités elles-mêmes 37″>Article original.

En analysant comment se forment les identités au cours des mariages intertribaux, Lévi-Strauss remarque que la relation entre un oncle et son neveu (A) est à la relation entre un frère et sa sœur (B) ce que la relation entre un père et son fils (C) est à celle qui relie un mari à sa femme (D) : A est à B ce que C est à D. De la sorte, si nous connaissons A, B et C, nous pouvons prédire D. L’objectif de l’anthropologie structurale de Lévi-Strauss est donc d’extraire de masses de données empiriques des relations générales entre des unités, ce qui permet d’isoler des lois à valeur prédictive, telles que : « A est à B ce que C est à D » 37″>Article original.

Dans les Structures élémentaires de la parenté, avec l’aide ponctuelle du mathématicien André Weil, il dégage le concept de structure élémentaire de parenté en utilisant la notion de groupe de Klein 38″>Article original.

De manière similaire, Lévi-Strauss voit dans le mythe un acte de parole dans lequel on peut découvrir un langage. Comment donc, sans cela, des contes si fantastiques et si arbitraires pourraient-ils se ressembler autant d’une culture à l’autre ? Il part donc à la recherche des unités fondamentales du mythe : les « mythèmes ». Partant de l’idée qu’il n’y a pas une version unique « authentique » du mythe mais que toutes les versions sont des manifestations d’un même langage, il analyse chaque version en une série de propositions, chacune consistant en la relation entre une fonction et un sujet. Les propositions pourvues de la même fonction sont regroupées sous le même numéro : il s’agit des mythèmes 39″>Article original.

En examinant les relations entre les mythèmes, Lévi-Strauss déclare qu’un mythe consiste uniquement en oppositions binaires. Le mythe d’Œdipe, par exemple, c’est à la fois l’exagération et la sous-évaluation des relations de sang, l’affirmation d’une origine autochtone de l’humanité et le déni de cette origine. Sous l’influence de Hegel, Lévi-Strauss pense que l’esprit humain organise fondamentalement sa pensée autour de telles oppositions binaires et de leur unification (thèse, antithèse, synthèse), ce mécanisme permettant de rendre la signification possible. De plus, il considère que le mythe est un stratagème habile qui transforme une opposition binaire inconciliable en une opposition binaire conciliable, créant ainsi l’illusion ou la croyance qu’elle a été résolue 39″>Article original.
Étude des relations de parenté

À l’aide de la méthode structuraliste, Lévi-Strauss a donné un nouveau souffle aux études de la parenté. Il est le premier à insister sur l’importance de l’alliance au sein des structures de parenté, et a mis en évidence la nécessité de l’échange et de la réciprocité découlant du principe de prohibition de l’inceste. Dans cette optique, il a été jusqu’à avancer l’idée que toute société humaine est fondée sur une unité minimale de parenté : l’atome de parenté. Cette théorie globale est connue plus communément sous le nom de « théorie de l’alliance ».
Distinctions, décorations, récompenses
Distinctions

* Élu en 1973 au fauteuil 29 de l’Académie française. Doyen d’âge de l’Académie depuis la mort du professeur Jean Bernard en 2006, doyen d’élection le 14 avril 2009, à la mort de Maurice Druon.
* Membre étranger de la National Academy of Sciences des États-Unis.
* Membre de l’Académie britannique
* Membre de l’Académie royale des arts et des sciences néerlandaise
* Membre de l’Académie norvégienne des sciences et des lettres
* Conservateur d’honneur du Musée du quai Branly, nommé en 2007

Décorations françaises et étrangères

* Grand’croix de la Légion d’honneur
* Commandeur de l’Ordre national du Mérite
* Commandeur des Palmes académiques
* Commandeur des Arts et des Lettres
* Commandeur de l’Ordre de la Couronne de Belgique
* Commandeur de l’Ordre de la Croix du Sud du Brésil
* Ordre du Soleil levant, Étoile d’or et d’argent
* Grand’croix de l’Ordre du Mérite scientifique du Brésil

Prix et médailles

* Médaille d’or et Prix du Viking Fund, 1966
* Médaille d’or du CNRS, 1967
* Prix Erasme, 1973
* Prix de la Fondation Nonino, 1986
* Prix Aby M. Warburg, 1996
* Prix Meister Eckhart, 2002

Docteur honoris causa

Il est docteur honoris causa des universités suivantes (par ordre alphabétique) :

* Université libre de Bruxelles
* Université de Chicago
* Université de Columbia
* Université Harvard
* Université Johns-Hopkins,
* Université Laval (Québec)
* Université nationale autonome du Mexique
* Université de Montréal
* Université d’Oxford
* Université de São Paulo (Brésil)
* Université de Stirling
* Université d’Uppsala
* Université Visva Bharati (Inde)
* Université Yale
* Université nationale du Zaïre

Œuvres (premières éditions)

Liste non exhaustive ; la plupart des titres sont aujourd’hui disponibles en collection poche.

* Gracchus Babeuf et le communisme, publié par la maison d’édition du Parti ouvrier belge L’églantine en 1926.
* La Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara, Paris, Société des américanistes, 1948.
* Les Structures élémentaires de la parenté, Paris, PUF, 1949 ; nouv. éd. revue, La Haye-Paris, Mouton, 1968.
* Race et Histoire, Paris, UNESCO, 1952.
* « Introduction à l’œuvre de Marcel Mauss », dans Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950.
* Tristes Tropiques, Plon, Paris, 1955.
* Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 ; nombreuses rééd. Pocket, 1997. (ISBN 2-266-07754-6)
* Le Totémisme aujourd’hui, Paris, PUF, 1962.
* La Pensée sauvage, Paris, Plon, 1962.
* Mythologiques, t. I : Le Cru et le cuit, Paris, Plon, 1964.
* Mythologiques, t. II : Du miel aux cendres, Paris, Plon, 1967.
* Mythologiques, t. III : L’Origine des manières de table, Paris, Plon, 1968.
* Mythologiques, t. IV : L’Homme nu, Paris, Plon, 1971.
* Anthropologie structurale deux, Paris, Plon, 1973.
* La Voie des masques, 2 vol., Genève, Skira, 1975 ; nouv. éd. augmentée et rallongée de « Trois Excursions », Plon, 1979.
* (en) Myth and Meaning, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1978.
* Le Regard éloigné, Paris, Plon, 1983.
* Paroles données, Paris, Plon, 1984.
* Histoire de Lynx, Paris, Pocket, 1991. (ISBN 2-266-00694-0)
* Regarder écouter lire, Paris, Plon, 1993. (ISBN 2-259-02715-6)
* Saudades do Brasil, Paris, Plon, 1994. (ISBN 2-259-18088-4)
* Le Père Noël supplicié, Pin-Balma, Sables, 1994 (ISBN 2-907530-22-4)
* Œuvres, préface par Vincent Debaene ; édition établie par Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé, et al., Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2008. (ISBN 978-2-07-0118021) (Ce volume réunit Tristes tropiques ; Le totémisme aujourd’hui ; La pensée sauvage ; La voie des masques ; La potière jalouse ; Histoire de lynx ; Regarder écouter lire avec une bibliographie des oeuvres de et sur Claude Lévi-Strauss).

L’anthropologue Claude Lévi-Strauss, considéré comme le dernier géant de la pensée française, est décédé vendredi à l’âge de 100 ans et ses obsèques se sont déroulées lundi à Lignerolles (Côte d’Or), a indiqué à l’AFP une source proche de la famille.

“M. Lévi-Strauss est décédé vendredi. La famille tenait à des obsèques dans l’intimité. Elle a décidé de décaler l’annonce du décès, car elle craignait d’être débordée par la médiatisation du décès et des obsèques”, a-t-on précisé de même source.

Philippe Descola, qui lui a succédé à la tête du laboratoire d’anthropologie sociale au Collège de France, a confirmé que “Claude Lévi-Strauss a été enterré à Lignerolles, dans le Morvan, où il possédait une propriété”.

“Il y a deux ans, il s’était cassé le col du fémur, il était depuis très fatigué, il est mort de grand âge”, a précisé M. Descola, qui a indiqué avoir été tenu informé par la famille de l’anthropologue.

Né à Bruxelles en 1908, Claude Lévi-Strauss a changé notre perception du monde en jetant les bases de l’anthropologie moderne et influencé des générations de chercheurs. Son autobiographie intellectuelle, “Tristes tropiques”, paru en 1955, est considérée comme l’un des grands livres du XXe siècle.

Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a salué en Claude Lévi-Strauss “l’un des plus grands ethnologues de tous les temps”, créateur “de l’anthropologie moderne” et “humaniste infatigable”. Pour le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, il “nous a enseigné une nouvelle grammaire du regard et nous a appris à +regarder, écouter, voir+ autrement”.

Professeur au Collège de France de 1959 à 1982, Claude Lévi-Strauss est le premier anthropologue élu à l’Académie française en mai 1973, au fauteuil d’Henri de Montherlant. L’Académie française a indiqué qu’elle lui rendra jeudi un hommage privé, lors de sa séance hebdomadaire.

Claude Lévi-Strauss avait fêté ses 100 ans le 28 novembre 2008.
Photo prise le 27 mars 2007 dans une librairie à Caen du livre de l’anthropologue, éthnologue et philosophe français Claude Lévi-Strauss,
© 2009 AFP (Mychele Daniau)
Son autobiographie intellectuelle, “”Tristes tropiques”, paru en 1955, est considérée comme l’un des grands livres du XXe siècle.

Il a proposé une appréhension nouvelle des mécanismes socio-culturels, en appliquant l’analyse structurale aux sciences humaines.

“Claude Levi-Strauss mettait l’accent sur le fait qu’il ne fallait pas chercher des ressemblances entre des sociétés, mais comprendre en quoi les sociétés sont différentes des unes des autres. C’est toujours très nouveau. Ca va à l’encontre des habitude de pensées”, a souligné Philippe Descola.

Né dans une famille de Juifs alsaciens, agrégé de philosophie, Claude Lévi-Strauss a enseigné pendant deux ans en France (Mont-de-Marsan et Laon) avant de rejoindre en 1935 l’université de Sao-Paulo. Au Brésil, il a conduit des missions ethnographiques au Mato Grosso et en Amazonie.

De retour en France en 1939, il est mobilisé puis, l’année suivante, révoqué par Vichy en raison de ses origines juives. Réfugié dès 1941 aux Etats-Unis, il enseigne à New York puis devient conseiller culturel en 1946 près l’ambassade de France. Il est nommé en 1949 sous-directeur du Musée de l’Homme à Paris.

A partir de 1950, il occupe la chaire des religions comparées des peuples sans écriture à l’Ecoles des Hautes Etudes et, en 1959, celle d’anthropologie sociale au Collège de France.

Commandeur de la Légion d’honneur, Claude Lévi-Strauss a publié notamment “Les Structures élémentaires de la parenté” (1949), “Anthropologie structurale” (1958), “la Pensée sauvage” (1962), “Mythologiques” (4 volumes de 1964 à 1971).

En juin 2006, il avait reçu un hommage appuyé de Jacques Chirac lors de l’inauguration du musée parisien du Quai Branly dédié aux arts premiers.
Bio-portrait de Lévi-Strauss
© 2009 AFP (null)
Son 100è anniversaire, le 28 novembre 2008, avait donné lieu à de nombreux hommages, auxquels il n’avait pas souhaité participer. Le président Nicolas Sarkozy lui avait rendu visite à son domicile en fin de journée pour “lui rendre un hommage chaleureux et lui dire la reconnaissance de toute la Nation”.

Claude Lévi-Strauss se rendait encore aux séances hebdomadaires de l’Académie française après cette date. Mais plusieurs chutes l’avaient ensuite contraint à fortement limiter ses déplacements.

Son 100è anniversaire avait donné lieu en novembre 2008 à de nombreux hommages. Nicolas Sarkozy lui avait rendu visite à son domicile pour “lui dire la reconnaissance de toute la Nation”. L’Elysée avait alors indiqué que Claude Lévi-Strauss avait “dialogué avec le président de la République”.

L’anthropologue n’avait pas fait d’apparition publique depuis cette date.

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