La diplomatie américaine a accusé jeudi l’Iran d’aider le régime syrien à réprimer les manifestations en Syrie, jugeant crédibles les informations en ce sens rapportées par le Wall Street Journal.
« Nous pensons qu’il y a des informations crédibles sur le fait que l’Iran aide la Syrie à réprimer les manifestants » et « c’est vraiment inquiétant », a déclaré Mark Toner, le porte-parole du département d’Etat.
« Si la Syrie se tourne vers l’Iran pour demander de l’aide, elle ne peut pas parler sérieusement de réformes », a-t-il ajouté.
Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, rapportait jeudi que l’Iran a commencé à livrer des équipements anti-émeutes, et que d’autres livraisons doivent intervenir.
Le ministre iranien des Finances Seyed Shamseddin Hosseini, qui participait à Washington aux réunions de printemps du FMI et de la Banque Mondiale, a démenti ces accusations.
Interrogé au cours d’une conférence de presse sur les accusations d’implication de Téhéran dans la répression en Syrie et les manifestations de la majorité chiite contre la dynastie sunnite au pouvoir à Bahrein, M. Hosseini a assuré que Téhéran n’était « pas inquiet du tout ».
« Nous n’intervenons dans aucun de ces deux pays », a-t-il affirmé, avant de comparer les soulèvements récents dans le monde arabe à la révolution ayant porté les islamistes au pouvoir à Téhéran il y a 30 ans.
La Maison Blanche a condamné mardi la répression « révoltante » des manifestations en Syrie et réitéré son appel au président Bachar al-Assad pour qu’il respecte « les droits universels des Syriens ».
Les troubles en Syrie surviennent alors que les Etats-Unis, après des années de brouille avec Damas, ont choisi de nommer à nouveau un ambassadeur dans ce pays, faisant le pari du dialogue avec un régime dont la proximité avec l’Iran inquiète particulièrement Washington.
A Damas, les autorités syriennes ont démenti les informations sur l’aide iranienne dans la répression. « Les déclarations du porte-parole du département d’Etat sont sans fondement », a déclaré à l’AFP un responsable syrien sous couvert de l’anonymat. « Si le département d’Etat a des preuves, qu’il les donne », a-t-il ajouté.
Parallèlement, le sénateur américain John Kerry a appelé jeudi dans un communiqué le président Assad à ne pas répondre par la violence à des manifestations prévues vendredi.
« Le président Assad devrait s’assurer que sa police et son armée s’abstiennent d’utiliser la violence contre des manifestants pacifiques », a écrit le sénateur dans un communiqué.
« Au lieu de cela, il devrait saisir l’occasion d’ouvrir un processus de discussions réelles pour répondre aux aspirations des Syriens », a ajouté M. Kerry qui s’est dit « particulièrement perturbé » par les violences envers les manifestants.
WASHINGTON, (AFP) –
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