Israël : la controverse autour du

Le comité des finances de la Knesset a donné son feu vert en première lecture à une proposition de loi dite « loi des crèches », qui oblige l’État à continuer de subventionner les crèches pour les familles haredim (ultra-orthodoxes) dont les pères ne sont pas en service militaire ni légalement régularisés à cet égard. Cette initiative, portée par des députés des partis Yahadout HaTorah, Shas et Otzma Yehudit, permettrait de baser le financement des crèches uniquement sur l’emploi de la mère, indépendamment du statut militaire du père.

Cette décision va à l’encontre des recommandations des services professionnels du ministère des Finances et du ministère de la Justice, qui ont alerté sur les risques économiques et juridiques sérieux liés à cette mesure. Le département des budgets du ministère des Finances a estimé que la loi coûterait environ 300 millions de shekels par an, répartis entre les familles dont le père est soumis au service militaire et celles où il ne l’est pas. Cette proposition vise à contourner une décision de la Cour suprême israélienne qui avait ordonné l’arrêt du financement des crèches pour les hommes haredim n’ayant pas régularisé leur situation militaire, une sanction destinée à encourager leur recrutement dans l’armée.

Le ministère des Finances a vivement critiqué cette loi, soulignant qu’elle affaiblirait une sanction économique jugée essentielle pour accroître le taux de recrutement dans la communauté haredim, qui avait pourtant connu une hausse de plus de 100 % depuis la mise en place de ces restrictions. En réponse à une demande du ministre des Finances, un amendement de dernière minute a été ajouté pour privilégier les réservistes dans l’accès aux crèches et dans le montant des subventions, mais cette modification ne résout pas le problème fondamental de la suppression de la sanction économique contre les pères non recrutés.

Cette controverse illustre les tensions persistantes autour de la question du service militaire dans la société israélienne, notamment au sein de la communauté haredim, qui bénéficie traditionnellement d’exemptions. La loi adoptée par le comité des finances pourrait entraîner un impact budgétaire significatif et pose des questions constitutionnelles, tout en reflétant un compromis politique entre les partis religieux et les autorités gouvernementales. Le débat reste ouvert sur la manière d’équilibrer les impératifs de sécurité nationale, d’égalité sociale et de gestion des finances publiques dans ce dossier sensible.

L’adoption en première lecture de la « loi des crèches » marque une étape importante dans la politique israélienne envers la communauté haredim, en maintenant un soutien financier controversé malgré les objections des experts gouvernementaux. Cette décision pourrait avoir des répercussions durables sur le recrutement militaire et les finances publiques, tout en alimentant les débats sur l’intégration et les responsabilités civiques au sein de la société israélienne.

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