La Loi fondamentale sur l’étude de la Torah
La Knesset israélienne a approuvé en première lecture un projet de loi qui reconnaît officiellement l’étude de la Torah comme une activité d’importance nationale, équivalente au service militaire. Ce texte, qui sera intégré aux Lois fondamentales du pays, confère aux étudiants des yeshivas des droits et avantages étatiques similaires à ceux accordés aux conscrits, sans qu’ils aient à effectuer leur service dans l’armée. Le vote a rassemblé 56 voix pour et 43 contre, reflétant une division marquée au sein du parlement.
Le leader du parti Shas, Aryeh Deri, a salué cette décision comme une reconnaissance de la contribution majeure de l’étude religieuse à la société israélienne. Cependant, cette mesure a suscité des critiques importantes, notamment de la part des membres religieux sionistes et d’autres députés de la coalition, qui ont exprimé leur désaccord avec l’assimilation de l’étude de la Torah au service militaire. Un amendement visant à retirer cette égalité explicite devrait être présenté lors de la prochaine lecture.
Les opposants au projet, dont Naftali Bennett, ancien Premier ministre, ont dénoncé ce texte comme un coup dur pour la sécurité et l’économie du pays. Bennett a souligné que sans une armée forte et une économie fonctionnelle, la survie d’Israël serait compromise. Yair Lapid a quant à lui qualifié la loi de « loi sur l’argent » plutôt que sur la Torah, dénonçant un financement de l’évitement du service militaire. Gadi Eizenkot, ancien chef d’état-major, a interprété ce vote comme une manœuvre politique visant à prolonger la durée au pouvoir du gouvernement, au détriment de la puissance militaire et de l’esprit national.
Cette décision intervient dans un contexte où le service militaire reste un pilier central de la société israélienne, considéré comme un devoir civique essentiel. La reconnaissance légale de l’étude religieuse comme équivalente au service armé soulève des questions sur l’équilibre entre les obligations militaires et les droits des minorités religieuses. Le débat promet de se poursuivre lors des prochaines étapes législatives, avec des implications potentielles pour la cohésion sociale et la politique de défense nationale.
L’adoption de ce projet de loi en première lecture marque une étape significative dans la reconnaissance institutionnelle de l’étude de la Torah en Israël, tout en exacerbant les tensions politiques autour du service militaire obligatoire. Les discussions à venir seront déterminantes pour définir le cadre légal et social de cette mesure, au cœur des enjeux de sécurité et d’identité nationale du pays.
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