L’ancêtre de la marque a exploité jusqu’à la mort des milliers de prisonniers dans les camps de concentration. Vingt ans après Daimler-Benz et Volkswagen, Audi fait enfin la lumière sur son passé nazi. C’est le dernier des constructeurs automobiles allemands à ouvrir ses archives aux historiens.

Révélé par le magazine économique Wirtschaftswoche, ce rapport de plus de 500 pages est très embarrassant en termes d’image pour l’employeur préféré des Allemands car il conclut sur un niveau d’implication dans le système des camps de concentration pratiquement inégalé.

Un accord avait ainsi été conclu avec les SS, par lequel plusieurs milliers de détenus de camps de concentration nazis étaient à la disposition de l’entreprise. Au regard du nombre d’employés (50000 en 1944), la part des travailleurs forcés et prisonniers (plus de 30%) était énorme par rapport aux autres constructeurs.

Dans le seul camp de Litomerice (aujourd’hui en République tchèque), 18 000 prisonniers ont été exploités. Quelque 4500 trouveront la mort en raison des conditions de travail inhumaines.

Les SS avaient mis à la disposition d’Auto Union (*) sept camps de travail.

Par ailleurs, 16 500 travailleurs forcés étaient exploités dans les usines de Zwickau et de Chemnitz en Saxe.

L’étude met surtout en cause Richard Bruhn, considéré comme le père fondateur d’Audi. A l’occasion des 100 ans de la marque, en 2010, il était encore glorifié par la direction. «Il a tout fait pour encourager l’exploitation de travailleurs forcés. Il en était fier», déplorent les historiens.

C’était un nazi convaincu qui voulait participer à l’effort de guerre. En 1939, il avait publié à 30 000 exemplaires un livre illustré sur Hitler pour fêter à sa manière le 50e anniversaire du Führer.

Comme d’autres entrepreneurs compromis par le régime, Richard Bruhn a pu refaire surface après la guerre et a pu reprendre tranquillement les rênes de l’entreprise en 1949.

Il restera président d’Auto Union jusqu’en 1956 et son engagement lui vaudra même … la Croix fédérale du mérite en 1953.

Au siège de la marque haut de gamme de Volkswagen, à Ingolstadt, la Mairie attend maintenant la publication de l’étude pour débaptiser la rue qui porte ce nom.

En 1949, les usines ont été reconstruites à Ingolstadt. Rebaptisé «Audi» en 1985, le groupe appartient aujourd’hui à Volkswagen.

*) Auto Union, issu en 1939 de la fusion des marques Audi, Wanderer, Horch et DKW, a été le deuxième constructeur automobile du Ille Reich.

Source : Tribune de Genève, 28 mai 2014

28-05-2014/ CICAD.ch Article original

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire