La Haute Cour de Justice israélienne vient de mettre hors la loi le financement public des étudiants de yeshiva (écoles talmudiques), arguant que ce système était discriminatoire vis-à-vis des autres étudiants. A partir de janvier 2015, ces jeunes ultra-orthodoxes ne recevront donc plus de subventions pour financer leurs frais de scolarité.
Les subventions mensuelles qui leur étaient attribuées, étaient censées garantir le salaire minimum, actuellement de l’ordre de 4.000 shekels (près de 850 euros), pour toute la durée du cycle d’études (quatre ans).
Annoncée dimanche 25 mai, cette décision est considérée comme une victoire pour les organisations ayant engagé cette requête en 2011.
A savoir l’association nationale des étudiants israéliens, Hiddoush qui défend la liberté religieuse et l’égalité, le centre pour le judaïsme pluraliste (Ometz), le Mouvement pour la qualité gouvernementale ainsi que Be Free Israël, une Organisation non gouvernementale (ONG) qui prône la séparation entre l’Etat et la Religion.
Le verdict a provoqué l’ire des leaders des partis ultra-religieux qui ont accusé la Haute Cour de Justice « de se liguer contre le monde ultra-orthodoxe ». « L’Etat hébreu accorde des financements beaucoup plus conséquents aux établissements universitaires qu’aux centres d’études de la Torah, mais cela n’est pas considéré comme une discrimination », a fait valoir le député Eliezer Moses, du parti Judaïsme unifié de la Torah.
Le parti religieux Shas a également dénoncé la décision de la cour. « Nous ne laisserons pas les jeunes qui étudient la Torah devenir le « punching ball » de la nation », a renchéri son chef de file Aryeh Deri.
En 2010, le gouvernement avait alloué un budget de 100 millions de shekels (21 millions d’euros) sur la période 2010-2014, sous forme de bourses destinées à quelques 9.400 étudiants de yeshiva.
Mais l’enveloppe initiale a largement été dépassée. De plus, l’objectif assigné à ces allocations supposées « favoriser l’intégration des étudiants de yeshiva à la société », n’a pas été atteint.
Selon le juge Elyakim Rubinstein, il faudrait imposer un apprentissage lié au monde professionnel ; « affirmer que subventionner pendant quatre ans les études en yeshiva encourage ces étudiants à entrer sur le marché du travail, s’avère problématique », a-t-il déclaré.
L’information a fait la Une du journal Haaretz, sous le titre :
« No more pay to pray » (plus d’étudiants payés pour prier).
Nathalie Hammou/ Fait-Religieux Article original
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