Les autorités allemandes auraient des preuves sur l’implication des services secrets turcs (MIT) dans l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris, il y a plus d’un an, selon le magazine Der Spiegel.
Le magazine allemand rappelle la révélation d’un document secret et d’un enregistrement sonore, publiés sur Internet au cours du mois du janvier, soit un an après l’assassinat de trois femmes kurdes.
« Les services secrets turcs étaient-ils impliqués dans l’assassinat de trois militantes du PKK? » s’interroge le magazine, avant d’ajoute que les autorités allemandes ont des preuves sur l’implication de ces services.
« S’il n’est pas faux, c’est trompeusement réel » explique un haut responsable allemande, en référence au document portant la signature des responsables du MIT.
Si ces nouvelles informations sont confirmées, « cela aurait un énorme impact politique » souligne le magazine. Les relations de l’UE avec la Turquie seraient considérablement alourdies, ajoute Der Spiegel, tout en parlant du risque d’escalade au sein da la communauté kurde en Europe.
Les nouvelles révélations sur l’implication des services turcs dans l’assassinat des militantes kurdes ont également alerté l’Office fédéral de protection de la constitution (Bundesamt für Verfassungsschutz). Ce dernier aurait restreint sa coopération avec le MIT sur le partage de renseignements.
Le 9 janvier 2013, dans le centre de Paris, trois militantes kurdes ont été assassinées: Il s’agissait de Sakine Cansiz, co-fondatrice du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, représentante du Congres National du Kurdistan, basé à Bruxelles, Leyla Saylemez, membre du mouvement de la jeunesse kurde.
Le 12 Janvier dernier, un enregistrement sonore d’Omer Guney a été publié sur YouTube. La voix de l’assassin présumée a été confirmée par plusieurs personnes, ainsi que par la Fédération des associations kurdes en France (FEYKA). On entend trois voix dans l’enregistrement sonore. L’une d’elles est attribuée à Ömer Güney, tandis que les deux autres à des agents du MIT, les services de renseignements turcs. Guney détaille son plan d’élimination des militants kurdes, lors de cette entrevue.
Deux jours plus tard, le 14 Janvier, un document secret portant le signature de Ugur Kaan Ayik, chef du département des services de renseignement turcs (MIT), ainsi que deux autres responsables de ces services a été révélé. Daté 18 novembre 2012, soit un mois avant la dernière visite d’Omer Guney en Turquie, le document fait mention d’un individu, désigné par nom de code «Légionnaire», qui aurait reçu 6 000 € afin qu’il pare aux dépenses nécessaires à la suppression de Sakine Cansiz.
Les services de renseignement turcs ont démenti toute implication dans le meurtre de trois femmes kurdes, mais pas la véracité du document et de l’enregistrement d’Omer Guney. « Notre organisation n’a absolument aucun lien avec les meurtres de Sakine Cansiz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. Toutefois, une enquête interne a été ouverte concernant les allégations » de la presse, a indiqué l’Organisation nationale de renseignement (MIT) dans un communiqué.
actukurde.fr Article original
![]() |
![]() |









































