Israël freine la vente du géant maritime israélien Zim
Israël semble prêt à faire obstacle à la vente de la compagnie maritime nationale Zim au géant allemand Hapag-Lloyd, dans une transaction évaluée à 4,2 milliards de dollars. Cette décision intervient alors que plusieurs responsables israéliens expriment de fortes réserves sur les implications stratégiques et sécuritaires de cette opération, particulièrement à cause de la présence parmi les actionnaires d’Hapag-Lloyd de fonds souverains du Qatar et d’Arabie saoudite. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a rejoint les voix opposées, soulignant que la vente ne garantirait pas les intérêts vitaux d’Israël en matière de sécurité nationale, notamment en cas de crise majeure.
L’accord prévoit que la majeure partie des activités de Zim, notamment les routes maritimes entre l’Asie de l’Est et les Amériques, passerait sous contrôle allemand, tandis qu’une petite filiale israélienne, New Zim, resterait sous contrôle local. Cette structure ne convainc pas les autorités israéliennes, qui craignent une perte de contrôle sur des voies commerciales essentielles. Le vice-ministre Almog Cohen a mis en garde contre le « désastre » que représenterait la remise de la « clé de la porte d’entrée maritime d’Israël » à des entités liées à des pays non alliés. La Golden Share détenue par l’État israélien pourrait permettre de bloquer la transaction si elle menace la sécurité nationale.
Les inquiétudes concernent aussi la capacité réduite de New Zim à répondre aux besoins stratégiques du pays, notamment en période de tension géopolitique. Plusieurs ministères, dont ceux des Transports, de l’Agriculture et de l’Économie, ont exprimé des doutes sur la dépendance accrue à des intérêts étrangers pour le transport maritime. Le syndicat de Zim, représentant les employés, s’oppose également à la vente, soulignant l’importance de préserver l’indépendance maritime d’Israël pour garantir l’approvisionnement en cas d’urgence. Une offre concurrente locale, proposée par le groupe Sakal, promet de maintenir la flotte et les opérations sous contrôle israélien.
Hapag-Lloyd reste confiant dans l’aboutissement de l’acquisition et a engagé l’ancien chef d’état-major israélien Gabi Ashkenazi comme consultant pour faciliter les autorisations réglementaires. Toutefois, le gouvernement israélien n’a pas encore pris de décision officielle sur l’approbation ou le blocage de l’opération. La transaction, prévue pour fin 2026, reste soumise à l’examen des autorités compétentes. Cette affaire illustre les tensions entre intérêts économiques internationaux et impératifs de sécurité nationale dans un contexte géopolitique complexe.
La vente de Zim à Hapag-Lloyd soulève des questions cruciales pour Israël, notamment la préservation de sa souveraineté maritime et la sécurité de ses approvisionnements stratégiques. La présence d’investisseurs qataris et saoudiens dans la société allemande inquiète particulièrement les autorités israéliennes, qui pourraient utiliser leur droit de veto pour empêcher cette cession. La décision finale, attendue dans les mois à venir, aura un impact déterminant sur la gestion des infrastructures maritimes vitales pour l’État hébreu.
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