Rappel des faits
Karim Benzema a été mis en examen au palais de justice de Versailles pour complicité de tentative de chantage. Pendant la garde à vue, l’attaquant du Real Madrid et de l’équipe de France a reconnu être intervenu dans le chantage présumé sur l’affaire à la sextape sur la personne de Mathieu Valbuena. Benzema a l’interdiction de rencontrer Valbuena.
Ça ne s’arrange pas pour Karim Benzema. Après avoir passé une nuit en garde en vue, l’attaquant du Real Madrid et de l’équipe de France, qui a été déféré au palais de justice de Versailles, a été mis en examen dans l’affaire de la « sextape » contre Mathieu Valbuena. Pour « complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement (en l’espèce le chantage) », indique le parquet dans un communiqué. Selon un proche du dossier cité par l’AFP, il a reconnu en garde à vue être intervenu dans ce chantage.
Karim Benzema « proclame son innocence » et « n’a rien reconnu du tout » des faits qui lui sont reprochés, a déclaré jeudi son avocat à la presse. « Il est vraiment de tout coeur avec son ami Mathieu Valbuena« , a ajouté Me Sylvain Cormier. Cinq ans après l’affaire « Zahia », soldée par une relaxe générale en 2014, ce nouveau scandale n’arrange pas les affaires du sélectionneur Didier Deschamps. Les deux joueurs n’ont d’ailleurs pas été convoqués pour les matches amicaux des 13 et 17 novembre, contre l’Allemagne et l’Angleterre. Valbuena n’est pas retenu car « il n’est pas dans les meilleures conditions psychologiques« , tandis que Benzema est « blessé », a justifié Deschamps en dévoilant jeudi sa liste peu après la décision de la juge d’instruction.

Au cours de sa garde à vue de 24 heures débutée mercredi matin, Benzema a « a reconnu être intervenu auprès de Valbuena à la demande d’un ami d’enfance« , lui-même « approché par les escrocs qui avaient en leur possession la sex-tape« , a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. « Il a déclaré s’être mis d’accord avec l’ami d’enfance sur ce qu’il devait dire pour que son coéquipier négocie exclusivement avec lui. » L’attaquant a assuré avoir « voulu rendre service à son ami« , sans penser qu’il portait tort à Valbuena, selon cette source.
Son avocat : il n’a rien reconnu du tout »
Selon une source proche du dossier, Benzema avait rendu compte, dans une conversation téléphonique écoutée par les enquêteurs, de son intervention auprès de Valbuena, expliquant qu’il était certain que son coéquipier allait céder au chantage. « T’inquiète pas. Il n’a pas le choix. Je vais lui faire comprendre. Il va payer« , a-t-il dit à son interlocuteur, selon une information de M6.
Son avocat maintient toutefois que son client est innocent: il « n’a rien reconnu du tout », « n’a pris aucune part à du chantage », a déclaré Me Cormier. « Karim Benzema démontrera sa bonne foi« , « il est vraiment de tout coeur avec son ami Mathieu Valbuena », a-t-il insisté. L’affaire remonte à juin, lorsque Valbuena, qui joue depuis l’été à Lyon, dépose plainte après avoir été appelé par un inconnu lui affirmant détenir une vidéo intime. Ce maître chanteur propose au footballeur de trouver un arrangement, sans évoquer le montant à payer. Une négociation commence alors entre un policier, se faisant passer pour l’homme de confiance de Valbuena, et l’escroc.
Par la suite, les trois escrocs présumés contactent l’ami d’enfance de Benzema pour utiliser le joueur dans l’entreprise d’extorsion. Ce proche de l’international, arrêté lundi, a été écroué mercredi à la prison de Lyon-Corbas en attendant d’être aussi présenté à la juge versaillaise. Les trois maîtres chanteurs présumés ont été mis en examen mi-octobre pour « chantage et participation à une association de malfaiteurs » et écroués.
Discret, voire taiseux, Benzema apparaît comme un bon camarade qui s’attache à soigner son image. Originaire de Lyon où il a débuté, il évolue au Real Madrid et en sélection nationale (81 sélections, 27 buts), s’imposant comme l’un des meilleurs attaquants au monde. Jeudi matin, la photo du profil Facebook de Valbuena montrait Benzema en train de lui faire l’accolade. Le footballeur victime, qui s’est refusé à tout commentaire depuis le début de l’affaire, était aux soins jeudi matin. Il n’est pas sorti sur le terrain et a quitté le centre d’entraînement de l’OL le dernier, lunettes de soleil sur le nez et téléphone portable à l’oreille, sans faire de déclaration.
Additif / Connu pour ses interventions sur RMC, le journaliste Daniel Riolo publie un livre où il décrypte les dérives du football français.

Daniel Riolo, chroniqueur fort en gueule sur RMC, distribue les cartons, parfois jaunes, souvent rouges. Comme un tacle très appuyé, son livre « Racaille Football Club » brise le masque de la crise identitaire qui frappe selon lui le football français depuis plus de dix ans.

Chacun en prend pour son grade: « has been » de la fédération, agents véreux, footballeurs rebelles irrespectueux du maillot tricolore…
Au fil d’un travail journalistique très fourni, l’auteur donne la parole à de nombreux acteurs et observateurs de ce sport, pour aboutir à un constat: il existe bien un fossé béant entre la « gérontocratie paumée » en charge des institutions et une génération de footballeurs aux codes « racaille » incarnée selon lui par les Nasri, Ben Arfa, et autres Benzema…
Témoignages et anecdotes à l’appui, le journaliste va plus loin en dépeignant un football national converti à l’Islam, à l’image de Franck Ribéry ou de Nicolas Anelka. Pour lui, cette islamisation se fait à tous les étages, des centres de formation aux vestiaires de ligues 1, sans oublier les repas « halal » dans les équipes de France.
Revenant sur les frasques de certains joueurs, il explique pourquoi ils sont perçus comme des « caïds » de banlieue immatures et ignorants, pratiquant une religion dont ils n’effleurent pas le sens. Plus largement, Daniel Riolo évoque les conséquences des scandales et polémiques des dernières années: le match France-Algérie de 2001, le Mondial sud-africain de 2010, l’affaire dite des « quotas »… En chemin, il n’épargne ni les médias ni les politiques, accusés de poser un regard trop « manichéen » sur la question de l’intégration, un sujet sensible qu’il affirme vouloir aborder ouvertement.
« Je me suis rendu compte qu’il y a des choses qu’on ne peut pas dire dans ce pays sans être taxé de racisme, explique à L’Express le débateur de l’After-foot, émission nocturne de RMC. L’objectif de ce livre est justement de ne pas rester enfermé dans des idées de clochers ». N’empêche: certains sympathisants d’extrême-droite se sont déjà emparés de plusieurs extraits du livre, par exemple le site « Français de souche ».
Conscient des risques de récupération, Riolo invite à élever le débat: « Je ne peux pas empêcher le fait que des gens me critiquent alors qu’ils n’ont lu que le titre! Mais je défie quiconque a lu mon livre de la première à la dernière ligne d’affirmer que je fais le jeu de l’extrême droite! »
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