15,2 millions de personnes seraient mortes à cause du Covid-19, selon The Economist.

L’hebdomadaire britannique a rassemblé les chiffres de surmortalité mondiaux depuis janvier 2020. Résultat, la planète aurait enregistré plus de 15 millions de morts que ce qui était normalement attendu. Soit presque quatre fois plus que ce que disent les chiffres officiels des décès liés à la pandémie de Covid-19.

“Combien de personnes sont mortes à cause du Covid-19 ? La réponse dépend à la fois des données disponibles et de la façon dont on définit ‘à cause’”.

Voilà comment The Economist introduit son article et sa démarche pour effectuer un décompte des décès réellement causés par la pandémie dans le monde. Un décompte qui donne un effroyable résultat. Le nombre de morts liées à la pandémie serait, selon les données réunies par l’hebdomadaire britannique, de 15,2 millions, contre 4,6 millions selon les données officielles.

De fait, The Economist n’a pas compté les décès déclarés par les États comme consécutifs au Covid-19, mais la surmortalité mondiale depuis janvier 2020.

Pourquoi ?

D’abord parce que beaucoup de personnes infectées par le SARS-CoV-2 n’ont jamais été testées, et n’entrent pas dans les données officielles, mais aussi parce que certains décès attribués au Covid-19 auraient sans doute eu lieu sur cette même période, pandémie ou non. Par ailleurs, certains décès ont sans doute été évités, comme ceux liés aux accidents de la route, aux épidémies de grippe ou à la pollution. Et d’autres induits : notamment pour les personnes qui sont mortes d’autres causes, faute de n’avoir pu accéder aux soins adéquats tant les hôpitaux étaient surchargés.

Ce sont tous ces écarts que mesure la surmortalité, c’est-à-dire la différence entre le nombre de morts réels et le nombre de morts attendus sur une période donnée (sur la base de la moyenne des années précédentes). Un écart qui dépend de la vulnérabilité de la population, des mesures de prophylaxie adoptées, des structures de santé nationales, et aussi de la pyramide des âges de chaque pays.

The Economist détaille son protocole et les résultats obtenus, continent par continent, pays par pays. À la suite de ce travail colossal, il avance le chiffre de 15,2 millions de morts. Et pointe dans ses cartes et ses chiffres des pays sévèrement frappés, comme l’Inde, le Pérou, le Mexique, la Bulgarie ou encore la Russie.

Mais le journal précise : “il y a 95 % de probabilités que la vraie valeur de la surmortalité se situe entre 9,3 et 18,1 millions de morts” sur la période. Un écart qui reflète la difficulté à obtenir des données fiables dans certains pays.

Dans l’Union européenne, la différence entre les chiffres officiels et la surmortalité mesurée par le magazine ne serait “que” de 9 %. En Asie, en revanche, elle serait de 700 %. En clair, le continent aurait enregistré huit fois plus de morts pendant la pandémie que ne le disent les chiffres officiels.

Grande institution de la presse britannique, The Economist, fondé en 1843 par un chapelier écossais, est la bible de tous ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale. Ouvertement libéral, il défend généralement le libre-échange, la mondialisation, l’immigration et le libéralisme culturel. Il est imprimé dans six pays, et 85 % de ses ventes se font à l’extérieur du Royaume-Uni.

Aucun des articles n’est signé : une tradition de longue date que l’hebdomadaire soutient par l’idée que “la personnalité et la voix collective comptent plus que l’identité individuelle des journalistes”.
Sur le site de The Economist, outre les principaux articles du journal, on trouve d’excellents dossiers thématiques et géographiques faits par The Economist Intelligence Unit, ainsi que des contenus multimédias, des blogs et le calendrier des conférences organisées par le journal à travers le monde. En prime : la mise à jour régulière des principaux cours de la Bourse.
La couverture du magazine peut varier selon les éditions (Royaume-Uni, Europe, Amérique du Nord, Asie), mais le contenu est le même ; au Royaume-Uni, cependant, quelques pages supplémentaires traitent de l’actualité nationale. The Economist appartient pour 43,4 % à la famille italienne Agnelli, le reste du capital étant réparti entre de grandes familles britanniques (Cadbury, Rothschild, Schroders…) et des membres de la rédaction.

Courrier International

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