Visite surprise de Bill Clinton en Corée du Nord pour libérer deux journalistes détenues

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© 2009 AFP (Bryan Bedder)
L’ancien président américain Bill Clinton est arrivé mardi à Pyongyang pour une visite surprise probablement destinée à obtenir la libération de deux journalistes américaines, en pleine impasse sur le dossier nucléaire nord-coréen.L’ancien président américain Bill Clinton est arrivé mardi à Pyongyang pour une visite surprise probablement destinée à obtenir la libération de deux journalistes américaines, en pleine impasse sur le dossier nucléaire nord-coréen.

Il s’agit de la première visite d’une telle figure de la politique américaine dans le pays communiste depuis celle de Madeleine Albright en 2000, secrétaire d’Etat de son cabinet.

Le mari de l’actuelle secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, a été accueilli à l’aéroport Sunan de Pyongyang par Yang Hyong Sop, vice-président du présidium de l’Assemblée suprême du peuple (parlement), et par le vice-ministre des Affaires étrangères Kim Kye-gwan, a annoncé l’agence nord-coréenne KCNA.

Des images télévisées ont montré un Bill Clinton en costume noir salué à sa descente de l’avion par les responsables nord-coréens et serrant la main d’une petite fille qui lui a remis un bouquet de fleurs.

« Dès son arrivée, il commencera à négocier avec la Corée du Nord pour la libération des journalistes », a affirmé l’agence sud-coréenne Yonhap, citant une source non spécifiée.

Les responsables américains ont refusé de s’exprimer.

Selon des analystes à Séoul, lors de cette visite qui pourrait s’achever mercredi, Bill Clinton rencontrera le numéro un du régime Kim Jong-il.
Montage de photos des journalistes Euna Lee et Laura Ling détenues en Corée du Nord

M. Clinton, bon connaisseur du dossier, avait, durant son mandat (1993-2001), fait de la question nord-coréenne une des priorités de sa politique étrangère.

Les deux journalistes de la chaîne de télévision Current TV, Laura Ling et Euna Lee, ont été arrêtées le 17 mars alors qu’elles venaient d’entrer — illégalement — en territoire nord-coréen depuis la Chine.

Elles ont été condamnées en juin à 12 ans de travaux forcés pour avoir franchi la frontière sans autorisation, pour « dénigrement » du régime, et pour un « crime grave » dont les juges n’ont pas précisé la teneur.

Lors d’un entretien téléphonique, Laura Ling avait dit à sa soeur Lisa qu’elle reconnaissait avoir violé la loi nord-coréenne.

« Nous avons besoin de l’aide de notre gouvernement. Nous sommes désolées pour tout ce qui est arrivé, mais maintenant nous avons besoin d’une médiation diplomatique », avait-elle ajouté.

Hillary Clinton avait indiqué le 10 juillet qu’elle espérait que la Corée du Nord accorderait l’amnistie aux deux journalistes.

Pyongyang et Washington mènent des « consultations actives » sur le sort des deux journalistes depuis quelques semaines, a indiqué une source sud-coréenne citée par l’agence Yonhap.

La visite surprise de Bill Clinton intervient en pleine impasse sur le dossier de dénucléarisation du régime nord-coréen, après l’essai nucléaire de Pyongyang du 25 mai, condamné par le Conseil de sécurité de l’ONU, et le tir de deux nouveaux missiles à courte portée, le 4 juillet, jour de la fête de l’Indépendance américaine, dans un geste apparent de défi envers les sanctions internationales.
Des manifestants contre la détention en Corée du Nord des journalistes américaines, Euna Lee (G) et Laura Ling, le 4 juin 2009

En réaction à l’essai, le deuxième après celui d’octobre 2006, l’ONU a décidé d’alourdir son régime de sanctions, notamment financières.

Pyongyang a réagi avec une extrême virulence menaçant de ne pas renoncer à ses ambitions atomiques et d’utiliser son plutonium à des fins militaires.

Le régime communiste s’était auparavant retiré des négociations multilatérales sur son programme d’armement nucléaire après une précédente condamnation en avril par l’ONU, pour un tir controversé d’une fusée balistique.

Cependant, le nouveau président Barack Obama, qui s’est dit en juin « extrêmement préoccupé » par la condamnation des deux journalistes, a refusé de lier leur sort au dossier nucléaire.

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