Rue Copernic: justice bientôt rendue ?

0
11

Des familles de victimes de l’attentat de la rue Copernic, à Paris, se sont réunies mercredi 2 octobre sur les lieux de l’explosion pour témoigner de leur mobilisation avant la décision de la justice canadienne qui doit statuer sur l’extradition du principal suspect.Le 3 octobre 1980, l’explosion d’une bombe devant la synagogue faisait quatre morts et une quarantaine de blessés.

Le 3 octobre 1980, Jean-Michel Barbé, chauffeur de son métier, attendait dans sa voiture devant la synagogue de la rue Copernic, à Paris, dans le 16e arrondissement. Il venait de déposer ses employeurs, quand une bombe fixée à une moto a explosé. Ce père de famille âgé de 41 ans a perdu la vie, comme trois autres personnes se trouvant à l’extérieur.

Mercredi 2 octobre, sa veuve, Monique, est revenue sur les lieux du drame pour témoigner, à l’appel de l’Association française des victimes du terrorisme et de l’Union libérale israélite de France (Ulif), dont dépend l’édifice religieux. « C’est beaucoup d’émotion, mais il était impensable pour nous de ne pas être là », a glissé sa fille, Patricia, qui l’accompagnait.

Trente-trois ans après l’attentat, les deux femmes attendent toujours que justice soit rendue. Une attente qui va peut-être enfin être récompensée. Le 4 novembre prochain, la cour d’appel d’Ottawa ­ (Canada) doit examiner la demande d’extradition déposée par des magistrats français à l’encontre d’un professeur de sociologie d’origine libanaise installé au Canada, Hassan Diab.

L’enseignant est suspecté d’avoir posé l’engin explosif qui avait aussi fait une quarantaine de blessés et aurait provoqué un carnage s’il avait éclaté plus tard, au moment de la sortie de l’office qui se tenait à l’intérieur de la synagogue. En première instance, en 2011, la requête venue de l’Hexagone avait été acceptée sur le principe.

UN CONTEXTE POLITIQUE TRÈS PARTICULIER

Depuis, les avocats du présumé terroriste, également soupçonné d’avoir participé à une action du même type à Anvers en 1981, ont multiplié les recours. Leur client, qui dispose d’un comité de soutien, nie les faits et plaide l’homonymie. « Ce n’est pas sérieux, rétorque Me Bernard Cahen, avocat des victimes et de l’Ulif. On peut maintenant espérer que nous aurons une décision canadienne à la mi-décembre. Cela devrait être la dernière.

Mon espoir est de voir Hassan Diab dans notre beau pays en 2014 pour y être renvoyé devant une cour d’assises. Il y a un faisceau de présomptions contre lui. Il faut rendre hommage à la justice française et aux juges d’instruction, Jean-Louis Bruguière et Marc Trévidic, qui ont fait un travail remarquable dans cette affaire. »

L’enquête a débuté dans un contexte politique très particulier, à six mois de l’élection présidentielle de 1981. Raymond Barre, alors premier ministre, avait maladroitement condamné « cet attentat odieux qui voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ».

La gauche, elle, avait dénoncé l’implication de l’extrême droite, une piste évoquée au départ avant d’être abandonnée. Finalement, les policiers sont remontés rapidement jusqu’à l’acheteur de la moto, un dénommé Alexander Panadriyu, sans réussir à l’interpeller. Ce détenteur d’un faux passeport chypriote avait laissé des traces de son passage à Paris au moment de l’attentat, ce qui a permis de dresser son portrait-robot.

« quand on a rencontré ce juge, on a senti que les choses allaient bouger »

Puis, en s’appuyant sur des analyses graphologiques et en utilisant des informations fournis par des services de renseignements allemands et israéliens, les enquêteurs ont acquis la conviction que l’individu recherché s’appelait en fait Hassan Diab.


Hassan Diab

Selon eux, le tranquille professeur de sociologie d’Ottawa, diplômé de l’université de Syracuse aux États-Unis, a appartenu à la mouvance du terrorisme palestinien.

Il aurait été membre du FPLP-OS (Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales), une organisation dissidente du FPLP. D’où le mandat d’arrêt international délivré en 2008 par Marc Trévidic, qui avait rouvert le dossier en prenant son poste un an plus tôt.

« À un moment, je ne croyais plus que cela allait un jour aboutir, confie Monique Barbé. Mais quand on a rencontré ce juge, on a senti que les choses allaient bouger. »

Micha Shagrir espère lui aussi qu’un procès va enfin se tenir. Le 3 octobre 1980, il a perdu sa femme Aliza, présentatrice à la télévision israélienne et en vacances à Paris. Il est venu spécialement d’Israël pour témoigner.

« Nous nous battons pour la justice, insiste-t-il, pour éviter qu’un autre événement comme celui-là n’arrive, devant une synagogue, une mosquée, une église ou une école, n’importe où. » Puis il a accroché un bouquet de fleurs blanches sur la façade de la synagogue, à côté de la plaque où le nom de son épouse figure avec ceux des trois autres victimes, Jean-Michel Barbé, Philippe Bouissou et Hilario Lopez Fernandez.

Pascal Charrier/ La Croix.com Article original

TAGS : Terrorisme Hassan Diab rue Copernic 3 octobre 1980

Trévidic Bruguière Canada FPLP

1 COMMENT

  1. {{Je me souviens très bien de ce jour .}}

    {{En effet un de mes petits cousins qui préparait sa Bar Mitva avait échappé à l’attentat ce jour de Sim’hat Thora et veille de Shabbat .}}

    {{Pour la petite histoire , le lendemain à l’office du Shabbat dirigé par le Rabbin Williams , se trouvaient à mes côtés Simone Weil et François Miterrand . Je m’en souviens encore comme si c’était hier , l’ambiance était électrique .}}

    {{Il est temps , que le ou les assassins soient traduits en Justice , plus de 30 ans aprés .}}

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here