Quand le PC nage dans les eaux mêlées de l’antiaméricanisme et de l’antisémitisme

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L’Humanité prend son inspiration où bon lui semble. Y compris dans le très riche arsenal de l’extrême droite française.
Regardez bien la une du journal du PC. Tout y est : le poids des mots et le choc de l’image. « Accord transatlantique. Le texte secret dévoilé ». Ça hurle, ça gueule, et c’est fait pour frapper les imaginations des révoltés des « quartiers populaires » (on n’ose quand même plus dire « ouvriers » !). Et maintenant l’image qui est encore plus frappante. Un personnage repoussant et terrifiant (un affreux banquier à coup sûr) plantant ses doigts crochus dans la pauvre Europe qui, soumise, s’abandonne au prédateur. Et maintenant regardez une autre image, bien plus célébrée et bien plus ancienne : celle de l’exposition anti-juive du palais Berlitz.

Un affreux Juif broyant dans ses mains la planète dont il prend possession. La même inclinaison de la tête, le même mouvement des épaules et des bras et -surtout- les mêmes longs doigts crochus. L’affiche Berlitz datant de 1943 est la une de l’Humanité de 2013. Il est assez facile -logique du calendrier- de comprendre laquelle a inspiré l’autre… L’antiaméricanisme a toujours fait bon ménage avec l’antisémitisme. Pendant longtemps ce couple sympathique a occupé une place de choix au Panthéon des droites extrêmes.


La couverture du journal l’Humanité à côté de celle de l’exposition antisémite «Le juif et la France» qui eut lieu du 5 septembre 1941 au 15 janvier 1942 durant la Seconde Guerre mondiale.

Et aujourd’hui encore il vivote chez les mêmes dans une version groupusculaire. Mais depuis quelques années l’extrême gauche « anti-impérialiste » et « antifasciste » s’ébroue dans la même mare. La pauvre ! Il faut la comprendre…Les « lendemains qui chantent ne sont plus là pour dessiner un avenir radieux. Le prolétaire, figure sacrée et emblématique, a disparu. Moscou, capitale rayonnante de la libération de la classe ouvrière et des peuples asservis, n’est plus Moscou. Reste alors, dans ce désert pathétique, ou gémissent quelques orphelins, le ressentiment, la rage impuissante et la dénonciation du complot américain ou américano-sioniste (selon les sensibilités). La une de l’Huma n’est donc pas un accident dû à un graphiste obnubilé, le temps d’un cauchemar, par le charme d’une affiche du temps de Vichy. Oui, il y a du brun dans le rouge. Tout comme il y a du rouge dans le brun.

Allez sur les sites complotistes d’extrême gauche et d’extrême droite qui pullulent sur le net. Le même langage pour hurler contre l’impérialisme « étatsunien », contre le sionisme tentaculaire et une identique vénération pour Chavez et Ahmadinejad. Avec quand même une palme d’or de l’imagination pour certains qui, du côté de la droite extrême, désignent l’Amérique haïssable sous le vocable « Levyland ». Allez aussi -c’est d’actualité- sur le site combatantifasciste.fr, celui des amis du jeune Clément Méric. Vous y trouverez des articles sommaires et choucrouteux sur l’impérialisme et le fascisme.

Mais il y en a un particulièrement intéressant -bien que tristement laborieux- sur la différence qu’il y aurait entre « l’anti-impérialisme antifasciste » et « l’anti-impérialisme fasciste » des amis de Serge Ayoub, responsables de la mort de Méric. Les uns se proclament antifascistes : gloire à eux ! Les autres sont réputés fascistes : honte à eux ! Mais à les lire de près, et à regarder la une de l’Humanité, est-ont bien sûr qu’il y ait une réelle différence entre eux ? Qui se ressemble s’assemble dit le dicton. Ce n’est pas toujours vrai.

On peut se ressembler sans s’assembler.

Benoit Rayski/ Atlantico Article original

Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier «Le gauchisme, maladie sénile du communisme» avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l’auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L’affiche rouge (Denoël), ou encore de L’homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l’ « anti-sarkozysme primaire » ambiant. Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L’Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.


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1 COMMENT

  1. Le P.C à terre , même moribond il gigote encore . Un dernier sursaut avant la mort . Une fois disparu , il ne restera qu’un masque hideux au milieu d’une boue nauséabonde .

  2. Il ferai mieux d’aller un peu dévoiler les pays du golf et autres pour rafraichir un peu leurs idéologies et leurs cerveaux qui n’ont toujours pas décongelé depuis les derniers goulags. PC: Post Connerie !

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