Présidentielles USA : Romney en tête

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Santorum sous pression, Romney reprend l’avantage

À six jours des primaires cruciales du Michigan et de l’Arizona, le chrétien conservateur Rick Santorum a semblé manquer sa chance de s’imposer dans le débat républicain de mercredi soir, mettant en péril son récent avantage dans l’opinion.

Pas facile de se retrouver en position de favori.

Car vous voilà pourchassé par vos concurrents.

C’est ce qui s’est passé mercredi soir, à Mesa, dans une banlieue très républicaine de Phoenix, où se tenait un débat télévisé républicain crucial, à six jours des primaires du Michigan et de l’Arizona, programmées pour le 28 février.

Le chrétien conservateur Rick Santorum, au centre de l’attention depuis son envolée dans les sondages, s’est brusquement retrouvé sous le feu nourri des attaques de ses trois rivaux, et notamment de Mitt Romney et de Ron Paul, qui ont tout fait pour le présenter comme un «insider» de Washington, compromis dans des quantités de votes ayant aggravé les déficits publics, pendant ses mandats de sénateur.

«C’est un faux!», s’est écrié Paul, un libertarien intransigeant, jugeant que le passé de Santorum «nuisait à sa crédibilité».

Pressé de s’expliquer sur plusieurs votes, ayant permis notamment le financement du planning familial et une loi de George W. Bush sur l’éducation aujourd’hui présentée par les républicains comme l’exemple de ce que l’État fédéral ne doit pas faire, Rick Santorum a paru déstabilisé, se lançant dans des explications embrouillées pour expliquer «ses erreurs».

Il est en fait tombé dans le piège que lui tendaient Romney et Paul en essayant d’expliquer à l’assistance que «le système de subventions et de financements publics» (earmarks) demandés par le Congrès n’était pas nécessairement une mauvaise chose, «s’il était bien contrôlé».

Mais cet argument a suscité un concert de huées de l’assistance.

Santorum a contre-attaqué en accusant Romney d’avoir utilisé ce même système de demandes de fonds fédéraux, quand il était à la tête du Comité olympique d’hiver puis gouverneur.

Il a frappé fort sur la question de la réforme de la santé mise en place par l’ancien gouverneur dans son état, une version selon lui «plus radicale» encore que celle d’Obama.

Mais les observateurs considéraient mercredi qu’il avait «raté sa chance» de s’imposer et rendu plus improbable sa chance de rafler la mise dans le Michigan et l’Arizona.

Gingrich reste dans la course

Tous jugeaient que Romney avait repris l’avantage à un moment crucial de sa campagne, puisqu’il est en difficulté jusque dans son fief du Michigan.

«Il a clairement été le meilleur ce soir», a noté Ari Fleischer, ex-porte-parole de George W. Bush.

Avant le débat, Romney était déjà repassé légèrement en tête, avec 37% des intentions de vote contre 35 à Santorum, selon un sondage NBC. Dans l’Arizona, l’ex gouverneur du Massachusetts a un avantage plus net encore (42% contre 27%).

«Romney est le seul à pouvoir gagner la nomination, Santorum n’est qu’un nouvel épisode passager», a jugé le consultant démocrate James Carville, ancien conseiller de Bill Clinton.

Le sénateur de Pennsylvanie pourrait souffrir de son image de «gaspilleur» d’argent public auprès de la base Tea Party, où il avait gagné des points certains ces dernières semaines.

Les analystes étaient en revanche d’accord pour dire que l’ancien speaker Newt Gingrich avait réussi une excellente prestation, qui pourrait l’aider à rebondir lors du «Super mardi», le 6 mars.

Unanimité sur les lois anti-immigration

L’Iran, la religion et bien sûr l’immigration, sujet clé pour l’Arizona, état frontalier du Mexique, ont également été très discutés mercredi soir, sans qu’apparaissent des points de désaccord notables.

Seule différence criante: le discours du libertarien Ron Paul, opposé à toute opération militaire contre l’Iran, et celui des trois autres candidats, qui ont rivalisé dans la rhétorique musclée, en estimant qu’ils iraient jusqu’au bout, pour empêcher le régime des mollahs d’accéder à l’atome militaire.

En matière d’immigration, les candidats ont tous fustigé l’approche du président Obama, qui a engagé des poursuites contre l’Arizona pour avoir mis en œuvre une loi anti-immigration, instaurant des contrôles d’identité des immigrés et permettant leur expulsion.

Certains experts estiment que cette position pourrait nuire au parti républicain face à Obama, lors d’une élection générale où le vote latino sera crucial.

De manière générale, les commentateurs soulignaient mercredi la radicalisation très nette du discours républicain: coupes drastiques dans les dépenses publiques, remise en cause du rôle de l’État dans l’éducation au niveau fédéral, amaigrissement des programmes de protection sociale.

Sur la question de la liberté religieuse, les candidats se sont déchainés contre le président, critiquant sa tentative de forcer les organisations religieuses à financer la contraception.

«Ils écoutent la base conservatrice, mais cela pourrait revenir en boomerang.

Les femmes n’apprécieront pas de voir leur droit à la contraception remis en cause», notait Gloria Borger sur CNN.

«Romney a arrêté l’hémorragie, mais il l’a fait en coupant sa jambe, car il est parti tellement à droite qu’il ne pourra plus revenir vers le centre», ajoutait le consultant démocrate Christopher Hahn.

Après le débat, dans la rue, où le soir tombait doucement, les quelques centaines de gens qui avaient assisté à l’empoignade, groupés autour de grands écrans, se disaient «perplexes».

«Ils parlent bien, ils semblent tous avoir raison, notait Mary, une retraitée.

Mais auquel dois je faire confiance?»

Laure Mandeville envoyée spéciale à Phoenix (Arizona) du Figaro

23/02/2012

http://www.lefigaro.fr/international/2012/02/23/01003-20120223ARTFIG00355-santorum-sous-pression-romney-reprend-l-avantage.php

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