Pour l’ex-chef du Mossad : l’Amérique tourne autour du pot syrien

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La proposition russe rend l’éviction d’Assad moins probable, au détriment d’Israël, plus isolé, déclare Shabtaï Shavit.

L’Amérique patauge totalement autour de la question syrienne, affirme cet ex-Chef du Mossad. En revanche, des attentats comme ceux du 11 septembre ne se reproduiront pas de sitôt, grâce à la vigilance occidentale.

La proposition russe de mettre les armes chimiques syriennes sous contrôle a reporté aux calendes grecques la perspective du renversement d’Assad, au détriment d’Israël, déclare l’ancien chef du Mossad, dans une interview exclusive à Times of Israel Article original.

Shabtaï Shavit qui était à la tête du service des renseignements extérieurs d’Israël, de 1989 à 1996, accuse l’Administration du Président Barack Obama de « patauger » complètement autour de la question syrienne. Il a fait remarquer, de façon cinglante, que les Etats-Unis ont refusé de tirer « une demi-douzaine de missiles Tomahawk » contre le régime syrien, à la suite de l’attaque présumée d’Assad à l’arme chimique du 21 août, les Etats-Unis affirmant qu’elle a tué 1429 Syriens.

Remplacer le régime Assad était dans l’intérêt très clair d’Israël, dit-il, puisque cela aurait significativement affaibli le Hezbollah, permettant à Israël de se confronter à l’Iran, tout en neutralisant son supplétif libanais.

Le plus grand bénéfice de toute action impliquant la Syrie, pour Israël, consisterait à briser « l’Axe du Mal », entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah a ajouté Shavit, dans une rare interview, mercredi, dans les coulisses du Sommet Mondial sur le Contre-Terrorisme à l’Institut International sr l’Anti-Terrorisme (ICT) d’Herzliya, qu’il préside.

“Concernant l’Iran, Israël reste seul”.

Faisant écho aux commentaires du Président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, Avigdor Liberman Article original, mardi et aux propos du Premier Ministre Benjamin Netanyahu Article original, mercredi, Shavit dit être persuadé qu’Israël devra affronter la menace iranienne par ses propres moyens.

Les sanctions économiques pourraient provoquer une pause dans le programme nucléaire iranien si et seulement si elles sont assez fortes pour « étrangler » l’économie iranienne, précise t-il, en ajoutant qu’on est sérieusement en droit de douter que la communauté internationale impose, un jour, des sanctions aussi sévères. L’alternative militaire semble bien moins probable qu’auparavant, à la lumière des réticences de l’Administration Obama à agir de façon décisive contre la Syrie.

“Les Etats-Unis ont refusé de lancer une demi-douzaine de missiles Tomahawk sur la Syrie », révèle t-il. « Une telle « noyade » dans l’indécision”>Article original a causé une « perte de prestige de l’Amérique » ajoute t-il. « Personne au monde ne veut déclencher des guerres qui ne le concerne pas directement. L’Europe partira t-elle en guerre contre l’Iran ?… »

“Nous en Israël”>Article original devrons décider de notre propre stratégie… puisque le monde ne reconnaîtra jamais la menace iranienne comme une menace globale, il ne la perçoit”>Article original que comme uniquement concentrée sur Israël. Si nous restons, finalement, tous seuls nous devons peser les pour et les contre ».

Est-il seulement concevable qu’Israël permette à l’Iran d’obtenir des armes nucléaires? Shavit n’a pas écarté cette éventualité – mais uniquement dans le cas d’un Iran différent. « Dans un scénario où l’Iran changerait de gouvernement, passant de ces fanatiques musulmans à une société civile, nous pourrions peut-être décider que : « C’est Ok, cela ne vaut plus la peine de partir en guerre pour cela ». Pourquoi ? Parce que le processus de décision d’une société civile est très différent de celui de dirigeants musulmans fanatiques dont le seul devoir dans l’existence serait de nous anéantir ».

L’arrangement russe : Bon pour Assad, mauvais pour Israël

La proposition russe de retirer ses armes chimiques à la Syrie Article original, pour se transformer progressivement en politique internationale, inquiète grandement Shavit. Ce plan fait la démonstration de la « maîtrise de l’art en realpolitik » de Vladimir Poutine, dit-il -presque admiratif- en faisant la « courte-échelle » à Obama, de façon à ce qu’il puisse échapper à sa menace de faire usage de la force contre la Syrie.

“Il me semble qu’un accord tacite est en train de se dessiner entre la Russie, les Etats-Unis et Bachar al Assad… La Syrie a annoncé qu’elle est désireuse de détruire ses armes chimiques ou de les supprimer du territoire syrien. Le monde peut, effectivement, arranger tout cela sans grands efforts ».

Shavit décrit un tel scenario comme une situation gagnant-gagnant pour les trois parties concernées.

“Les Etats-Unis se déchargent de leur responsabilité, la Russie aura renforcé son statut en Syrie et Assad reste au pouvoir quoiqu’un peu affaibli. Et qu’est-ce qui se passe ensuite ? La question demeure ouverte ».

Un tel résultat, insiste t-il, “n’est pas bon du tout pour Israël ».

A la grande différence du ton moralisateur employé par la Ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, au cours de son appel à une intervention internationale en Syrie Article original, l’argumentation de Shavit se contente de rester sur un plan strictement pratique.

“Le plus grand bénéfice pour Israël, un avantage d’ordre stratégique, serait que l’axe du Mal, entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah soit brisé. Cela affaiblirait inévitablement le Hezbollah et nous laisserait seul face à l’Iran. Cela signifierait que l’Iran représente une division militaire moins importante, puisque le Hezbollah est, de toute évidence, une division iranienne ».

Une sécession kurde serait un avantage certain pour Israël.

La perspective d’un Etat kurde indépendant Article original ou autonome, qui se libérerait du gouvernement central à Damas – comme en Irak – serait appréciable pour Israël. Shavit se prononce favorablement sur cette hypothèse, tout en ajoutant très vite qu’un tel Etat n’émergera sans doute jamais, du fait de l’objection de deux puissances régionales, l’Iran et la Turquie, qui s’opposerait activement à une telle éventualité.

“La raison pour laquelle cela n’arrivera pas n’est pas uniquement que la Syrie devra payer un prix territorial énorme, pour cet état kurde, mais qu’un état kurde exigera d’autres territoires sous le contrôle de la Turquie, de l’Iran, de l’Irak et des anciennes républiques soviétiques ».

“L’émergence d’un Etat kurde indépendant entraînerait l’acquittement d’un prix global que les pays voisins ne sont absolument pas prêts à concéder ».

C’est aussi pour de bonnes raisons que la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak, n’a pas déclaré un Etat unilatéral, précise t-il. « Si les Kurdes déclarait unilatéralement leur indépendance, personne ne viendrait à leur secours ».

“Un attentat de la même ampleur que le 11 septembre ne peut pas se répéter, aujourd’hui”.

Les Etats-Unis et l’Europe sont bien mieux préparés à faire face au terrorisme, depuis les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, en septembre 2001, affirme Shavit.

“Je ne pense pas que le terrorisme global soit en mesure d’exécuter une opération de l’envergure des attentats du 11 septembre », a-t-il estimé. « Bien des choses ont changé aux Etats-Unis, en Europe et dans le reste du monde libre, aussi bien en ce qui concerne les mesures préventives et défensives qu’en ce qui concerne l’évolution des doctrines offensives du contre-terrorisme ».

A la suite du 11/09/2001, Shavit a fondé Athena, une société qui conseille les pays sur les problèmes et solutions de sécurité intérieure, de recueil de l’information et de contre-terrorisme. Il occupe le poste de PDG de cette entreprise.

« Si les groupes terroristes internationaux étaient libres de planifier et de réaliser des attentats, avant le 11/09, aujourd’hui, ils investissent plus de 50% de leur temps à s’inquiéter pour leur propre survie », affirme t-il.

“Le fait incontournable en la matière est que, depuis ce fameux 11 septembre, ils n’ont pas réussi à dupliquer un attentat d’une ampleur similaire et ce n’est pas faute d’avoir essayé ».


Par ELHANAN MILLER 12 septembre 2013, 12:57 am

timesofisrael.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

1 COMMENT

  1. En effet, il est comme toujours d’intérêts d’écouter-lire des personnes qui, de leur expérience, éclairent de.

    Yahou chalom ! – 13 sept 2013 / 9 tichri 5774 –

  2. {{ {{Pour quelqu’un qui pèse ses mots cela nous donne à réfléchir .}} }}

    {{ {{Bien que nous connaissions l’oiseau ( Obama )}} .}}

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