NAPOLEON LES JUIFS ET ISRAEL !

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Près de 150 ans avant la création d’Israël, Napoléon futur Napoléon 1er projette la création d’État Juif. Cette histoire peu connue, nous la relatons en mettant cela dans un contexte plus global de la relation qu’avait Napoléon avec les Juifs. LE GRAND SANHEDRIN

« Jamais, depuis la prise de Jérusalem par Titus, autant d’hommes éclairés appartenant à la religion de Moïse n’ont pu se rassembler en un même lieu. Dispersés et persécutés, les Juifs ont été soumis soit à des taxes punitives, soit à l’abjuration de leur foi, soit à d’autres obligations et concessions opposées à leurs intérêts et à leur religion. Les circonstances présentes sont à tout égard différentes de celles qui ont existées à toute autre époque. Les Juifs n’ont plus à abandonner leur religion ni à accepter des modifications qui la profaneraient dans la lettre ou dans l’esprit. »

« Durant les persécutions des Juifs et durant les époques où ils durent se cacher pour échapper à ces persécutions, différentes sortes de doctrines et de coutumes ont vu le jour. Les rabbins prirent individuellement la liberté d’interpréter les principes de leur foi chaque fois que se présentait un besoin de clarification. Mais la droite ligne de la foi religieuse ne peut être tracée par des isolés; elle doit être établie par un grand congrès de Juifs légalement et librement rassemblés et comprenant des membres des communautés espagnoles et portugaises, italiennes, allemandes et françaises, soit des représentants des Juifs de plus des trois-quarts de l’Europe. »

23 août 1806, Napoléon à son ministre de l’intérieur.
Extrait de « L’Esprit de Napoléon: Une sélection de ses écrits et de ses déclarations » édité et traduit par J. Christophe Herold.

« ils devaient fuir pour échapper aux pierres »

« C’est un fait extraordinaire que les Juifs, bien que dispersés dans le monde entier, aient conservé les mêmes habitudes et les mêmes traits caractéristiques. Avant la Révolution de 1789, les Juifs du Comtat Venaissin (une enclave du territoire papal, près d’Avignon en France) vivaient dans d’affreuses conditions. Les chrétiens de cette région ne considéraient pas qu’un enfant d’Israël était un être humain semblable à eux. Les Juifs devaient résider dans un quartier qui leur était assigné et d’où ils ne pouvaient sortir que durant des créneaux horaires strictement imposés. Si, par malchance, ils se trouvaient dans une rue où passait une procession chrétienne (ce qui était fréquent), ils devaient fuir pour échapper aux pierres qui leur étaient jetées de tous les côtés. »

« Ils devaient toujours porter un chapeau jaune: les Juives devaient avoir un foulard de la même couleur en travers de leur poitrine. Malheur à ceux qui quittaient leur quartier sans ces signes distinctifs. Les Juifs devaient obligatoirement, en s’inclinant respectueusement, saluer tous les chrétiens, même les mendiants, qui leur disaient alors « Faites une offrande ». Le Juif devait obéir et donner cinq sous. Dieu seul sait combien de pièces de vingt-cinq centimes un Juif était ainsi obligé de payer chaque fois qu’il sortait de chez lui. »

(Elzéar Blaze, La vie militaire sous Napoléon, traduit par John R. Elting).

Une des nombreuses contributions de Napoléon à l’amélioration des conditions de vie des populations, et peut-être celle qui est la plus importante et la plus durable, est le Code Civil. Il engagea sa responsabilité personnelle dans la rédaction de la plupart des 2281 articles qui le composent.

A cette époque de l’histoire, les chefs politiques de la Révolution avaient entravé les pratiques religieuses. Napoléon ouvrit les églises catholiques fermées depuis des années et accorda la liberté des cultes aux Juifs et aux Protestants. En application de la devise  » Liberté, Egalité, Fraternité « , il donna également droit de cité aux francs-maçons.

En ce temps, les protestants de France étaient environ 680,000, soit 480,000 Calvinistes et 200,000 Luthériens. Napoléon décida que leurs pasteurs recevraient un salaire de l’État.

Le Code Civil, aussi appelé Code Napoléon. promulgué en 1804, contient 36 Lois et 2281 articles. Il fut élaboré en quatre mois de sessions quotidiennes, présidées pour la plupart par le Premier Consul en personne. Le Code Napoléon a servi de modèle à tous les juristes du XIXème siècle.

COMMENT NAPOLÉON A- T -IL ÉTÉ AMENÉ A S’INTÉRESSER AUX JUIFS ?

Napoléon Bonaparte n’a pas rencontré de Juifs dans son enfance, ni même peut-être durant ses années d’étude en France. Son premier contact avec une communauté juive s’est produit le 9 février 1797 durant la Campagne d’Italie.

Quand Napoléon et son armée entrèrent à Ancône, la communauté Juive y vivait confinée dans un étroit ghetto bouclé la nuit. Il fut frappé de constater que certaines personnes portaient des bonnets jaunes et des brassards avec l’étoile de David. Il en demanda la raison à un des ces officiers. Celui-ci répondit que c’étaient des Juifs qui devaient obligatoirement rentrer dans leur ghetto avant la nuit. Ils étaient ainsi marqués pour permettre de vérifier qu’ils n’enfreignaient pas cette règle. Napoléon ordonna immédiatement que les bonnets jaunes et les brassards soient enlevés et il les remplaça par la rosette tricolore. Il supprima le ghetto et donna des instructions pour que les Juifs puissent pratiquer ouvertement leur religion et vivre librement là où ils le souhaitaient. Les Juifs d’Ancône furent surpris et ravis de constater que les premiers soldats français qui entrèrent dans le ghetto étaient des Juifs.

Plus tard, Napoléon libéra également les Juifs des ghettos de Rome, Venise, Vérone et Padoue.

Le « Libérateur de l’Italie » abolit les lois de l’inquisition, et les Juifs furent enfin libres.

POURQUOI NAPOLÉON FIT-IL CELA ? AVAIT-IL UN MOTIF ?

Voici un autre fait qui mérite d’être signalé. Le 12 Juin 1798, quand les français s’emparèrent de Malte, Napoléon apprit que les Chevaliers interdisaient aux Juifs de pratiquer leur religion dans une synagogue. Ils traitaient les prisonniers Juifs comme des esclaves et les utilisaient ou les vendaient sans pitié. Napoléon donna immédiatement aux Juifs la permission de bâtir une synagogue.

JE DEMANDE ENCORE: POURQUOI NAPOLÉON EUT -IL CE COMPORTEMENT ?

QUELLE POUVAIT ETRE SA MOTIVATION ?

Maintenant voici un fait étonnant qui est peu connu.

Quand les français assiégeaient Saint-Jean d’Acre, Napoléon avait préparé une proclamation créant en Palestine un Etat Juif indépendant.

Il pensait occuper Saint-Jean d’Acre dans les jours suivants et se rendre ensuite à Jérusalem pour y lancer sa proclamation. A cause des Anglais accourus au secours des Turcs, il ne put réaliser ce projet.

Proclamation à la nation Juive Quartier général Jérusalem,
1er floréal, an VII de la République Française (20 avril 1799)
Bonaparte, commandant en chef des armées de la République Française
en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine :

Israélites, nation unique que les conquêtes et la tyrannie ont pu, pendant des milliers d’années, priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom, ni de leur existence nationale !

Les observateurs attentifs et impartiaux du destin des nations, même s’ils n’ont pas les dons prophétiques d’Israël et de Joël, se sont rendus compte de la justesse des prédictions des grands prophètes qui, à la veille de la destruction de Sion, ont prédit que les enfants du Seigneur reviendraient dans leur patrie avec des chansons et dans la joie et que la tristesse et que les soupirs s’enfuiraient à jamais. (Isaie 35.10)

Debout dans la joie, les exilés ! Cette guerre sans exemple dans toute l’histoire, a été engagée pour sa propre défense par une nation, de qui les terres héréditaires étaient considérées par ses ennemis comme une proie offerte à dépecer. Maintenant cette nation se venge de deux mille ans d’ignominie. Bien que l’époque et les circonstances semblent peu favorables à l’affirmation ou même à l’expression de vos demandes, cette guerre vous offre aujourd’hui, contrairement à toute attente, le patrimoine israélien.

La Providence m’a envoyé ici avec une jeune armée, guidée par la justice et accompagnée par la victoire. Mon quartier général est à Jérusalem et dans quelques jours je serais à Damas, dont la proximité n’est plus à craindre pour la ville de David.

Héritiers légitimes de la Palestine !

La Grande Nation qui ne trafique pas les hommes et les pays selon la façon de ceux qui ont vendu vos ancêtres à tous les peuples (Joël 4.6) ne vous appelle pas à conquérir votre patrimoine. Non, elle vous demande de prendre seulement ce qu’elle a déjà conquis avec son appui et son autorisation de rester maître de cette terre et de la garder malgré tous les adversaires.

Levez-vous ! Montrez que toute la puissance de vos oppresseurs n’a pu anéantir le courage des descendants de ces héros qui auraient fait honneur à Sparte et à Rome (Maccabée 12.15). Montrez que deux mille ans d’esclavage n’ont pas réussi à étouffer ce courage.

Hâtez vous! C’est le moment qui ne reviendra peut-être pas d’ici mille ans, de réclamer la restauration de vos droits civils, de votre place parmi les peuples du monde. Vous avez le droit à une existence politique en tant que nation parmi les autres nations. Vous avez le droit d’adorer librement le Seigneur selon votre religion. (Joël 4.20)

Sans l’échec devant Acre, Napoléon, par cette proclamation imprimée et datée le 20 avril 1799, aurait créé l’État d’Israël. Les Juifs n’auraient pas eu à attendre 150 ans de plus avant de retrouver un état indépendant.

Cette proclamation, néanmoins, a porté des fruits. Elle a donné naissance au sionisme en renforçant l’idée qu’il était juste que les juifs retrouvent une patrie. Les idées exprimées par Napoléon exaltèrent l’enthousiasme de tous ceux qui y virent la réalisation de la prophétie biblique selon laquelle les Juifs rentreraient un jour en possession de la terre de leurs ancêtres; tout spécialement en Angleterre. Cent dix huit ans plus tard, en 1917, le Comte de Balfour, qui était le chef du parti conservateur, déclara que l’Angleterre devait aider le peuple juif à retrouver sa patrie en Palestine, mais ce n’est que 31 ans plus tard, en 1948, que l’État d’Israël sera reconnu par un vote de l’Assemblée Générale des Nations Unies. La déclaration de Napoléon, ce premier jour de Pâques de 1799, aura donc un rôle important dans la création de l’État d’Israël.

Dans le Moniteur Universel de Paris, à la date du 22 mai 1799, on trouve: « Bonaparte a publié une proclamation par laquelle il invite tous les juifs de l’Asie et de l’Afrique à se ranger sous sa bannière en vue de rétablir l’ancienne Jérusalem. Il a déjà armé un grand nombre, et leurs bataillons menacent Alep. »

Le 16 août 1800, Napoléon déclara:  » Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon. »

POURQUOI NAPOLÉON FIT-IL CELA ?

On trouve la réponse à cette question dans le journal du docteur Barry O’Meara, le médecin personnel de l’Empereur à Sainte-Hélène.

Le 10 novembre 1816, O’Meara avait demandé à Napoléon pourquoi il avait donné aux Juifs tant d’encouragements : L’Empereur répondit, et je cite : « Je voulais libérer les Juifs pour en faire des citoyens à part entière. Ils devaient bénéficier des mêmes avantages que les Catholiques et les Protestants. J’insistais pour qu’il soient traités en frères puisque nous sommes tous les héritiers du Judaïsme. En outre, je pensais attirer en France un renfort précieux. Les Juifs sont nombreux et ils seraient venus en masse s’installer dans un pays qui leur accordait plus de privilèges que partout ailleurs. Sans les événements de 1814, bien des Juifs de toute l’Europe seraient venus s’établir en France, où liberté, égalité, fraternité leur étaient assurées, et où la porte des honneurs leur était ouverte. Ils auraient ainsi participé à la grandeur nationale. »

Tout au long de son règne, Napoléon a éprouvé une grande sympathie pour les Juifs. Il a toujours fait tout son possible pour que les Juifs bénéficient des mêmes droits que les Catholiques et les Protestants.

La Révolution de 1789 avait allégé en France les mesures d’ostracisme imposées aux Juifs. Le 27 novembre 1791, un décret de l’Assemblée Constituante leur avait accordé la citoyenneté à part entière.En fait, il s’agissait là d’une simple profession de foi, sans portée pratique. En effet, l’Assemblée Législative ne prit aucune mesure d’application. Quant à la Convention, elle ferma les synagogues, interdit de parler hébreu et d’une manière générale rendit difficile la vie des Juifs.

Sous le Directoire, les synagogues furent rendues au culte et quelques Juifs isolés purent se lancer dans les affaires ou une carrière politique.

Cependant, la masse demeura réprouvée et à peine tolérée. Lorsque le pouvoir est confié à Napoléon en France, la condition des Juifs est donc précaire et instable. Elle est soumise, selon les régions, à l’arbitraire des coutumes locales, tantôt libérales, tantôt tyranniques. Les croyances personnelles de Napoléon en matière de religion n’ont jamais été très marquées. Par contre, il avait un esprit de tolérance hors de pair. Partout où il a étendu son pouvoir, il a établi la liberté des cultes. Il disait: « La foi n’est pas du domaine de la loi. C’est le bien personnel de l’homme et personne n’a le droit de lui demander des comptes à ce sujet. »

Il voulait que les Juifs aient leur Jérusalem en France.

Metternich-Winneburg, qui était Consul d’Autriche à Paris, écrivait dans une lettre adressée en septembre 1806 au Comte Standion, Ministre des affaires étrangères d’Autriche: »Tous les juifs voient en Napoléon leur Messie. »

Napoléon fut le premier chef d’état à accorder l’égalité aux Juifs, à une époque où les autres les maintenaient en servitude. Il supprima aussi les taxes spéciales imposées aux Juifs en Allemagne et il leur donna, pour la toute première fois, l’égalité civique et politique. Quand une forte opposition se manifesta en France, Napoléon maintint fermement son soutien aux Juifs.

Quand Napoléon arriva au pouvoir, il n’y avait pas plus de 40,000 Juifs dans toute la France et ils étaient dispersés dans diverses provinces. C’est en Alsace, où vivait la moitié de la population Juive de France, que les persécutions étaient les plus sévères. A Paris, il y avait environ 1,000 Juifs. Il leur était interdit de se lancer dans les affaires, d’occuper des positions officielles et d’acheter des propriétés.

Au cours de l’élaboration de la loi du 8 avril 1802 sur l’organisation des cultes, le Conseiller d’État Jean-Etienne Portalis, principal auteur du projet, déclara: « Les Juifs bénéficieront, comme les autres, de la liberté édictée par nos lois. »

Christophe Martin Wieland était un poète et philosophe Juif parmi les plus respectés. Au cours d’un séjour en Allemagne, Napoléon tint à le rencontrer.

Bien que l’opposition antisémite fut très forte, Isaac Cerf-Beer, un citoyen Juif parmi les plus éminents, présenta à Portalis, récemment nommé ministre des cultes, un remarquable plan d’intégration des Juifs dans la nation. Ce plan fut transmis à Napoléon au camp de Boulogne en août 1805. Il l’approuva et commanda à Portalis de le mettre en pratique aussi vite que possible.

Aussi loin que les Juifs sont concernés, il ne fait aucun doute que les lois de Napoléon constituent le tournant qui leur a permis d’accéder à la libre société telle qu’elle existe aujourd’hui.

Cerf-Beer a tenu un rôle important dans l’abolition de l’impôt imposé à chaque Juif qui passait un jour à Strasbourg. Au printemps 1806, après la Campagne d’Austerlitz, Napoléon va intervenir personnellement avec la plus grande vigueur, pour que les Juifs bénéficient réellement d’une totale liberté. Cependant, le  » Mercure de France  » publia un article violemment antisémite, dans lequel il était dit que pour prétendre à la liberté en France, les Juifs devraient obligatoirement se convertir au Catholicisme. Une forte opposition menée par Molé, Beugnot, Ségur et Régnier tenta de faire avorter les plans de Napoléon en faveur des Juifs.

Pour mettre un terme aux menées antisémites reprises par plusieurs journaux, Napoléon déclara, je cite: « Ce n’est pas de cette manière qu’on réglera la question juive. On ne saurait me proposer rien de pire que de chasser de mes états un grand nombre d’individus qui y sont hommes comme les autres. Il y aurait de la faiblesse à chasser les Juifs, il y aura de la force à les assimiler. »

Le 30 mai 1806, un décret prescrit la réunion à Paris d’une assemblée composée de Juifs parmi les plus distingués et de rabbins de toutes les régions de France en vue d’étudier et d’établir les formes propres à conférer aux Israélites la qualité politique et civile des Français.

Le samedi 26 juillet 1806, cent onze représentants de la communauté Juive des départements de France et de l’Italie du nord se réunissent à la Chapelle Saint-Jean, une dépendance de l’hôtel de Ville de Paris. Ils avaient reçu une déclaration de l’Empereur :
« Mon souhait est de faire des Juifs de France des citoyens utiles, concilier leurs croyances avec leur devoir de Français et éloigner les reproches qu’on a pu leur faire. Je veux que tous les hommes qui vivent en France soient égaux et bénéficient de l’ensemble de nos lois. »

Dés la première séance, le banquier bordelais Abraham Furtado est élu président. Dans son discours inaugural il fait, en termes vibrants, l’éloge de Napoléon: « Celui qui a voulu mettre fin à une sanglante anarchie et à des persécutions séculaires ».

L’Assemblée va étudier diverses questions au cours de séances tenues en août et en septembre. Si la plupart ne soulèvent pas de difficultés et suscitent de franches réponses, quelques unes cependant, comme les mariages mixtes et la définition de l’usure donnent lieu à des débats confus.

C’est alors que germe dans l’esprit de Napoléon l’idée de réunir le Grand Sanhédrin dès l’année suivante. D’émanation essentiellement religieuse, le Grand Sanhédrin est le conseil suprême de la nation juive. Cette assemblée avait gouverné Israël de 170 avant J.C. à 70 après J.C.

Le premier à s’élever contre ce projet est Alexandre, le tsar de Russie. Il se prononce violemment contre la liberté accordée aux Juifs et il demande à l’Eglise Orthodoxe de protester avec la plus grande énergie. Il désigne Napoléon comme  » l’Antéchrist et l’ennemi de Dieu « .

Une attaque venimeuse vient du « Saint Synode » de Moscou qui proclame: « Dans le but de détruire les bases des églises de la Chrétienté. l’Empereur des Français a invité dans sa capitale toutes les synagogues judaïques et il a le projet de fonder un nouveau Sanhédrin hébreu. Qui est le même tribunal qui osa jadis condamner à la croix le Seigneur Jésus. »

Dans la catholique Autriche, l’irritation est grande.

En Prusse, l’église luthérienne se montre très hostile et les réactions en Italie, bien que moins
virulentes, sont néanmoins défavorables. La réaction de Londres est aussi formelle: « Nous repoussons la politique et la doctrine d’une telle Assemblée. »

Napoléon ne tient aucun compte de ces protestations, bien qu’elles soient appuyées, en France même, par des personnalités très influentes.

Peu après la victoire de lena, il adresse de Posen, le 29 novembre 1806, une note de huit pages où il entrevoit déjà le statut à accorder aux Juifs.

Le Grand Sanhédrin se réunit solennellement le 9 février 1807 pour une session d’un mois. Le cérémonial est calqué sur celui de l’état hébreu, il y a deux mille ans. La Chapelle Saint-Jean est cette fois dotée d’une vaste table en demi-cercle autour de laquelle prennent place les soixante et onze, comme au Temple de Jérusalem.

Commentant les dispositions prises au cours du Grand Sanhédrin, le vieux rabbin Sinzheim devait dire au cours de son allocution de clôture: « …et toi, Napoléon, toi le bien-aimé, toi l’idole de la France et de l’Italie, toi la terreur des superbes, le consolateur du genre humain, le soutien des affligés, le père de tous les peuples, l’élu du Seigneur, Israël t’élève un temple dans son coeur; toutes ses pensées se portent sans cesse vers tout ce qui peut combler ta félicité. Dispose, oui, dispose entièrement de la vie et des sentiments de ceux que tu viens de mettre au rang de tes enfants, en les faisant participer à toutes les prérogatives de tes sujets les plus fidèles. »

Le Grand Sanhédrin était la plus haute assemblée de la nation juive. Elle n’avait pas siégé depuis 18 siècles. Napoléon eut l’idée de rassembler les principaux notables juifs de toute l’Europe, afin de leur permettre d’exposer les problèmes qui les concernaient. Convoqué par décret du 23 août 1806, le Grand Sanhédrin se réunit du 9 février au 9 mars 1807. A la fin de la dernière réunion, Napoléon fut proclamé le  » Cyrus  » des temps modernes. Il fut chaleureusement glorifié par tous les représentants unanimes.

Le Grand Sanhédrin était la plus haute assemblée de la nation juive. Elle n’avait pas siégé depuis 18 siècles. Napoléon eut l’idée de rassembler les principaux notables juifs de toute l’Europe, afin de leur permettre d’exposer les problèmes qui les concernaient. Convoqué par décret du 23 août 1806, le Grand Sanhédrin se réunit du 9 février au 9 mars 1807. A la fin de la dernière réunion, Napoléon fut proclamé le « Cyrus » des temps modernes. Ce roi de Perse, Cyrus le Grand, était à l’origine de la première restauration d’Israël. »>Article original Il fut chaleureusement glorifié par tous les représentants unanimes.

Le décret de 1806 avait libéré les Juifs de leur isolement. Le Grand Sanhédrin de 1807, en faisant du Judaïsme un troisième culte officiel, les liait étroitement à leur patrie nouvelle. Les résolutions du Sanhédrin de 1807 forment ainsi une sorte de concordat qui reste, aujourd’hui encore, la base organique du Judaïsme français.

Napoléon a été le premier Chef d’État d’Europe à accorder la liberté du culte pour toutes les religions. Dans cette lithographie d’époque, il l’accorde aux Juifs.

Cependant, l’opposition ne se tient pas pour battue. Le Cardinal Fesh, oncle de Napoléon, lui dit: « Savez-vous que les Saintes Ecritures prédisent que la fin du monde surviendra quand les Juifs seront reconnus comme appartenant à une nation constituée. »

Le Maréchal Kellerman, supporté par Mole, mobilise l’opposition antisémite, ce qui lui attire les foudres de l’Empereur: « Il faut se défendre de reprocher à l’ensemble des juifs ce qui n’est que le fait d’une minorité d’entre eux. »

Chateaubriand déclare:  » …des mesures imposées qui, d’effet en effet, feront tomber les finances du monde aux échoppes des Juifs, et entraîneront partout une subversion totale. »

A cause de toute cette opposition et peut-être surtout en raison de sa lune de miel avec le tsar Alexandre, après Tilsitt, Napoléon accepta de signer, le 17 mars 1808, un décret restrictif qui limitait les libertés accordées aux Juifs.

Le 11 avril 1808, Napoléon recevait M. Furtado et Maurice Levy de Nancy qui voulaient exprimer l’émotion de leur coreligionnaires au sujet du décret restrictif. Après les avoir entendus, l’Empereur donna immédiatement l’ordre d’annuler ce décret dans 13 départements du Midi, du sud-ouest et des Vosges. En juin, ce furent Livourne et les Basses-Pyrénées qui bénéficièrent de cette mesure.

Ainsi, au bout de trois mois, plus de la moitié des départements rétablirent la liberté totale pour leurs citoyens juifs.

En 1811 , les dernières restrictions furent levées en Alsace. A partir de cette date rien dans les activités civiles ou politiques en France ne distingua les Juifs des non-Juifs.

Une anecdote montre à quel point Napoléon était sensible à la cause juive. Alors qu’il décorait un jeune soldat, David Bloom, celui-ci lui dit: « Sire, je suis alsacien et ne puis accepter de décoration tant que mes parents ne sont pas entièrement libres. » L’Empereur décida alors d’abolir les dernières restrictions.

Les Juifs purent suivre les cours des Universités et choisir leur profession dans toutes les branches de la société.

L’Almanach impérial de 1811 mentionne que la religion juive est une des trois religions officielles de France. Les décisions de Napoléon pour libérer les Juifs s’étendirent à tous les pays sous son autorité. Le Code Civil assura liberté, égalité, fraternité pour tous, quels que soient la religion ou le rang social.

En 1811, grâce à Napoléon, le Portugal accorda aux Juifs la totale liberté et leur permit d’ouvrir leurs synagogues qui étaient fermées depuis plus de 200 ans.

En Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie les Juifs éprouvèrent, pour la première fois, la sensation d’entrer dans la vie moderne avec la possibilité de participer en hommes libres à la société.

Dans les parties de l’Espagne qui n’étaient pas sous l’autorité de la France, l’inquisition poursuivait ses tortures et ses méfaits.

Après Waterloo, la Sainte-Alliance réunie à Vienne supprima dans toute l’Europe les lois libérales de Napoléon. Le recul le plus grave se produisit dans les Etats sous la domination du pape. C’était comme si Pie VII eût voulu se venger sur la population juive des humiliations qu’il avait subies du temps de Napoléon. Il fit rétablir les ghettos et imposa de nouveau l’étoile jaune.

En France et en Hollande, ce n’est qu’en 1830 que les Juifs retrouvèrent la totale liberté. Puis ce fut le cas en Suède en 1834 et en Suisse en 1838. Il est remarquable qu’en Angleterre les Juifs ne furent libérés qu’en 1858. Lord Lionel Rothchild dut être élu cinq fois avant d’avoir le droit de siéger au Parlement.

C’est un fait historique, que la fin du règne de Napoléon, entraîna un recul de l’émancipation et plongea le Juifs dans le désespoir. Il faut noter aussi que les lois de 1808 rétablies en 1830, sont toujours en vigueur en France.

La rencontre du peuple Juif et de Napoléon marque un tournant dans l’histoire du judaïsme. En effet, l’Empereur est le premier homme d’état des temps modernes à s’être penché avec lucidité et bienveillance sur les problèmes du peuple Juif et à leur avoir donné des solutions satisfaisantes et conformes à l’éthique universelle des droits de l’homme.

Napoléon fit davantage que tous les autres chefs d’état avant lui, pour assurer la sécurité et la liberté religieuse des Juifs dans toutes les nations qu’il contrôlait. Il n’avait pourtant que peu d’avantages politiques à attendre de ses décisions généreuses, car il n’y avait pas plus de 40,000 Juifs à cette époque en France.

Les Juifs de France et de l’Empire reconnurent que ses bienfaits étaient la marque de son grand coeur et de son respect pour toutes les ethnies et religions. Ils lui étaient tellement reconnaissants, qu’ils composèrent la prière ci-dessous en son honneur. Cette prière était insérée dans les missels de toute les synagogues de l’Empire. En conséquence, tous les fidèles connaissaient cette prière qu’ils récitaient fréquemment.

Le texte ci-dessus est la reproduction originale de la prière en hébreu.
Traduction en français ci-dessous. Collection Ben WEIDER

Prière des enfants d’Israël Citoyens de France et d’Italie pour le succès et la prospérité de notre Maître L’Empereur, le Roi Napoléon le Grand (Que sa gloire étincelle)
Composée dans le mois de Mar-Hechran, année 5567 (1807) Psaumes 20, 21, 27, 147

J’implore l’Eternel, créateur du ciel, de la terre et de tout ce qui y vit. Tu as établi toutes les frontières du monde et fixé à chaque peuple son langage. Tu as donné aux rois le sceptre du pouvoir pour qu’ils gouvernent avec équité, justice et rectitude afin que chacun, à sa place, puisse vivre en paix.

Que nous sommes bienheureux, combien notre sort est agréable depuis que tu as placé Napoléon le Grand sur les trônes de France et d’Italie. Aucun autre homme n’est aussi digne de régner, et ne mérite autant d’honneurs et de reconnaissance; il dirige les peuples avec une autorité bienfaisante et toute la bonté de son coeur.

Quand les rois de la terre lui ont livré bataille, toi Dieu, tu lui as prodigué tes bienfaits, tu l’as protégé, tu lui as permis de soumettre ses ennemis. Ils lui ont demandé grâce et lui, dans sa générosité, la leur a accordée.

A présent, de nouveau, les rois se sont ligués pour trahir les traités et remplacer la paix par le sang de la guerre. Des armées se sont rassemblées pour combattre l’Empereur ; voici les ennemis qui s’avancent et que notre maître avec sa puissante armée, se prépare à repousser l’agression.

O Dieu! maître de la grandeur, de la force, de la puissance et de la beauté, nous t’implorons de te tenir près de lui. Aide-le, soutiens-le, protège-le et sauve-le de tout mal. Dis-lui « Je suis ton sauveur » et donne-lui ta lumière et ta vérité pour le guider.

De grâce, déjoue les complots de tous ses ennemis. Que dans les décisions de l’Empereur apparaisse ta splendeur. Renforce et affermis ses légions et ses alliés, que tous ses mouvements soient empreints d’intelligence et de succès.

Donne-lui la victoire et oblige ses ennemis à s’incliner devant lui et à lui demander la paix. Cette paix, il la leur accordera car lui ne souhaite que la paix entre toutes les nations.

Dieu de clémence, Maître de la paix, implante dans le coeur des rois de la terre des sentiments pacifiques pour le plus grand bien de toute l’humanité. Ne permets pas au glaive de venir chez nous verser le sang de nos frères. Fais que toutes les nations vivent dans la paix et la prospérité éternelle.

BIBLIOGRAPHIE

1. Anchel, Napoléon et les juifs, 1928
2. C.Roth, The Jews of Malta in: Transactions of the Jewish Historical Society of England, XII (1931 ).
3. The Jewish Press Magazine, April 1998, page 69
4. The Memoirs of Dr. Barry O’Meara
5. The New Judea, vol 16, September 1949
6. Simon Schwarz fuchs, Napoleon, the Jews and the Sanhedrin
7. Proctor Jones, The Memoirs of Baron Fain, First Secretary of the Emperor Cabinet, first edition, 1998.
8. Frans Kobler, Napoleon and the Jews (1975).
9. A.S. Yahuda, Conception d’un état juif par Napoléon, Evidences publication, 1951, no 19, May-June.

Ben Weider

Président de la Société Napoléonienne Internationale
2875, Chemin Bates, Montréal, Québec, Canada H3S 1B7
Chevalier de la Légion d’Honneur,
Chevalier de l’Ordre national du Québec.

http://www.napoleonicsociety.com/

1 COMMENT

  1. mes remerciements a ¸Mr Rrybinsky et a mr Abel pour vos informations concernant NAPOLEON . juillet 2011
    je suis alle en Corse , QUELLE MERVEILLE ! c »est une ile belle , et sauvage , je ne savais pas qu »il ya une communaute jiuve ! je suis ravi de cette nouvelle ! aussi j »ai pas vu de musulmans ! je suis bien content !
    je suis d »accord avec Mr denis qu »il faudrait mettre le nom de napoleon dans une rue israelienne , car c »est une trés bonne ideé ! a montreal Mr BEN WEIDER « ZL » a toutes les collections de napoleon meubles , ouvrages , etc… ENCORE UNE FOIS MERCI POUR VOS INFOS !!!!..

    marcopolo de montreal

  2. Attention ! La proclamation de 1799 attribuée à Bonaparte est un faux. Voir mon intervention du 13 octobre 2006 sur la page de discussion de « Napoléon et les Juifs » de Wikipedia. MLL

  3. Merci à vous chers amis ABEL et Rribinski pour ces précisions . Par ces temps difficiles que nous passons , ça fait chaud au coeur d’apprendre qu’il se trouve encore des êtres humains sur cette planète et que nous sommes un peu moins isolés .

  4. Il serait souhaitable de voir des rues porter le nom de Napoléon Bonaparte en Israël si ce n’est déjà fait, et peut être aussi de l’abbé Grégoire.

  5. je me permets de compléter votre intervention et ceux qui auront la patience de tout lire y découvriront des éléments surprenants et largement méconnus. ________ «  » » (( Écrit en 2009 http://www.corse-israel.com/histoire-frere.php mais lien mort ))
    Histoire des juifs de Corse
    la population autochtone et dans certains villages de montagne, des églises gardent encore la trace de documents rédigés en hébreu à côté de ceux rédigés en latin.
    Bien des siècles plus tard, dans les années 1500-1530, environ 1000 Juifs de la région de Naples trouvèrent refuge en Corse, fuyant très certainement une persécution locale, et ils
    s’installèrent dans les régions montagneuses du centre de l’ile.
    En l’an 1684, la ville de Padoue, située en Italie, qui était peuplée en grande partie par des Juifs qui habitaient un ghetto édifié en 1516, fut le théâtre de violences dirigées contre ses citoyens juifs, dont une partie faillit se faire lyncher. Une rumeur malveillante selon laquelle leurs coreligionnaires de Buda, avaient commis des actes de cruauté contre les Chrétiens de la ville hongroise, déclencha cette flambée de brutalité dirigée contre la communauté juive de la ville.
    C’est grâce à l’intervention d’un père Franciscain nomme Père Marco qui écrivit une lettre afin de dénoncer cette mystification, que la communauté juive échappa au massacre annoncé. Une grande partie de la communauté juive de Padoue décida à la suite de ces événements d’émigrer sous d’autres cieux plus cléments. Certains arrivèrent en
    Corse,et les habitants les nommèrent Padovani, ce qui signifie : venu de Padoue. Le nom de famille Padovani est un nom très répandu de nos jours en Corse.
    Les Rois de France expulsent les Juifs, les Corses les invitent pour régénérer l’ile Mais la plus importante vague d’immigration juive qu’ait connue la Corse se situe entre les années 1750 et 1769. La première république constitutionnelle et démocratique d’Europe venant de naitre, le leader de l’époque Pascal Paoli fit venir en Corse entre 5000 et 10000 Juifs du nord de l’Italie, (les chiffres varient selon les sources) de Milan, de Turin ainsi que de Gènes pour revitaliser l’ile suite à 400 ans d’occupation génoise.
    Afin de les rassurer sur leur intégration et sur la volonté du peuple corse de les considérer comme leurs égaux ,ce même Paoli fit une déclaration destinée aux nouveaux venus : « Les Juifs ont les mêmes droits que les Corses puisqu’ils partagent le même sort ». Cela fit comprendre aux Juifs qu’ils étaient des citoyens à part entière et qu’ils bénéficiaient d’une totale liberté de culte, ce qui n’était pas le cas dans bon nombre de pays.
    En réalité, c’est plus de 25% de la population corse qui aurait des origines juives.
    Ces immigrants portaient pour la plupart des noms à consonance ashkénaze, qui étaient très difficilement prononçables par la population locale. Une partie d’entre eux étant roux, ils se virent affubles du surnom de Rossu qui signifie rouge et désigne les rouquins ce qui donne au pluriel Rossi, nom extrêmement répandu en Corse. En réalité, c’est plus de 25% de la population corse qui aurait des origines juives. En lisant les états civils, on peut facilement s’en rendre compte : les noms tels que Giacobbi, Zuccarelli, Costantini,Simeoni… très communs dans l’ile de Beauté, ne laissent planer aucun doute quant à leur origine.
    Le nombre peu important des membres de la communauté juive, ajoute au fait que les Corses n’ont fait aucune différence entre les originaires de l’ile et ces nouveaux venus, est très certainement à l’ origine d’un grand nombre de mariages mixtes qui déclenchèrent une assimilation quasi-totale.
    Malgré cela, les signes sur l’ile de beaute d’une ancienne présence juive y sont très nombreux ; un exemple probant en est le nom d’un village Cazalabriva qui selon plusieurssources concordantes viendrait de: casa di l’ebreo, littéralement la maison de l’hébreu (le mot juif n’existant pas en Corse). Ou bien encore, de nos jours dans certaines régions, il subsiste une tradition très ancienne de donner aux nouveau-nés des prénoms d’origine hébraïque tel que Mouse (Moise) etc. …
    Plus proche de nous, durant la seconde guerre mondiale, alors que la Corse était occupée par les fascistes italiens, les habitants de l’ile se mobilisèrent pour aider les Juifs à se cacher. Avec les moyens du bord, ils aidèrent hommes, femmes et enfants à se refugier dans les villages de montagne.
    Un haut fonctionnaire français accomplit un travail admirable et, au mépris de sa vie, sauva à lui seul, plusieurs dizaines de Juifs. Il s’agit du sous préfet de Sartène Pierre-Joseph Jean Jacques Ravail. Il travaillait avec le réseau mis en place par les partisans de Paul Giacobbi, grand père de l’actuel préfet de Haute-Corse qui refusait d’opter pour la voie de la collaboration.
    La Corse apporta sa contribution à la création de l’Etat d’Israël.
    La Corse eut donc une attitude plus qu’honorable envers les Juifs persécutés, et pas seulement pendant la Seconde guerre mondiale.
    En effet, c’est le seul endroit en Europe ou l’on n’eut jamais à déplorer des actes antisémites, et cela mérite d’être dit.
    En 1947, la Corse apporta sa contribution à la création de l’Etat d’Israël. Des Corses d’alors décidèrent de secourir les combattants juifs luttant pour leur indépendance et pour former leur Etat. Leur mission: accueillir des avions qui vont être bourrés d’armes pour s’envoler vers des lieux gardés par la Haganah. Ajaccio est alors choisie comme piste d’atterrissage.
    Des hommes, parmi eux des policiers mais aussi des voyous, rendent visite au préfet de l’époque; il a pour nom …Maurice Papon.
    L’homme a un passé confus, trois Corses lui expliquent que l’aéroport d’Ajaccio sera réservé à ces transports d’armes. Les Corses bénéficient de l’accord du gouvernement socialiste qui ne peut agir ouvertement. Maurice Papon ferme donc les yeux et il laissera filer parait-il le bébé. Les armes transiteront par la Corse pour s’évaporer vers le futur Etat juif.
    Il ne faut pas oublier de souligner qu’hormis toutes les vagues d’immigration juive qu’ait pu connaitre la Corse,des individus isolés sont venus s’y installer, provenant notamment des communautés juives d’Afrique du nord.
    De nos jours, la communauté juive de l’ile, très peu nombreuse, se concentre essentiellement à Bastia. Son président Mr Ninio, natif de Tibériade, ouvre deux fois dans l’année la synagogue qui possède deux Rouleaux de la Torah en parfait état: pour Roch Hachana, le jour de l’an Juif et Yom Kipour.
    Les jeunes, pour la plupart, quittent l’ile pour aller étudier sur le continent et bien souvent ils y rencontrent leur moitié et s’y installent définitivement.
    Il existe en Corse de très nombreuses personnes soutenant l’Etat d’Israël dans la période difficile qu’il traverse actuellement.
    Parmi ces amis d’Israël, certains sont allés jusqu’a écrire des missives au président français Jaques Chirac, à la Haute Cour internationale de La Haye ainsi qu’aux medias français,afin de dénoncer la politique européenne et française, en particulier, toujours pro palestinienne. Ce soutien inconditionnel s’explique en partie par le fait que beaucoup de corses ont le sentiment qu’il y a un gouffre entre ce qui se passe réellement et ce qui se dit dans les medias Français au sujet de ces deux communautés.
    Du reste, une association Corse – Israël s’est créée afin de rapprocher les deux communautés et de développer le dialogue entre elles. » » » » ____________ quelques compléménts ::
    http://www.juif.org/le-mag/197,l-histoire-des-juifs-en-corse.php

  6. Cher Monsieur MARUANI,
    Lorsque les Juifs ont été chassés de PADOU, ville italienne où ils vivaient nombreux, ils ont trouvé refuge en CORSE, où celui qui était à la tête de l’île (j’ai perdu son nom, veuillez m’excuser) a demandé à ses concitoyens de les accepter en leur sein, ce qui a été fait et respecté !
    C’est pourquoi, vous avez en Corse des familles qui portent le nom de PADOVANI (littéralement qui viennent de PADOU); de ROSSI, Juifs qui étaient roux, etc … Il y a un village en montagne corse qui porte un nom à consonance juive (là encore j’ai perdu le nom) !
    Actuellement, certains estiment qu’il y aurait en Corse 25 % de la population corse stricto-sensu qui aurait une origine juive ! Il y a en Corse une association  » Corse-Israël  » qui est active pour la légitimation d’Israël (mais pas seulement) ; pour la guerre d’indépendance de 1948, la Corse a servi de base arrière pour le transport d’armes vers Israël …
    Je connais assez bien la Corse où j’ai effectué des séjours nombreux, tant au plan professionnel, que privé ! Les Corses sont adorables, accueilants, rien à voir avec ce qui se dit à leur sujet, à l’instar de ce qui se dit pour les Juifs ! Le peuple corse est digne de respect ! C’est un peuple qui mérite à bien des égards le titre de  » Peuple juste parmi les nations  » car sont nombreux les corses qui n’ont pas ménagé leurs peines pour sauver des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale sans le fanfaronner !
    Un membre proche de ma famille habite en Corse depuis plus de trente ans, dans la commune d’Alata (près d’Ajaccio) qui a été accueilli avec ses jeunes enfants par ses voisins, je cite :  » Comme si que je les connaissais depuis toujours ! » ; c’est dire l’hospitalité de ces gens, souvent simples, mais au coeur et au courage immenses !
    Aujourd’hui, je ne souhaite qu’une seule chose : Qu’ils ne soient pas envahis par les islamistes de tout poil, qui viendraient, comme à leur habitude, semer le désordre, la pagaille, la mort partout où ils s’installent !…
    ABEL

  7. Peut être y a t il un lien entre l’Histoire des Corses et des Juifs et l’attitude de Napoléon Bonaparte . N’oublions pas non plus , comme on peut le lire dans le lien ci aprés que Maxime Cohen, Président de la communauté juive de Corse veut que la Corse soit le 1er territoire à obtenir le statut de «Juste» pour son rôle dans la protection des juifs au cours de la Shoah. Nous ne pouvons qu’être reconnaissants envers ce Peuple et l’un de ses fils qui fut parmi les plus grands que l’Histoire ait connue .

    http://yerouchalmi.web.officelive.com/LaCorseEtLesJuifs.aspx

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