Le défi qui attend le nouveau président iranien

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Le nouveau président Iranien démocratiquement élu doit s’apprêter à une lutte sans merci avec les Gardiens de La Révolution sur le dossier nucléaire.
Hassan Rouhani, 64 ans, prendra ses fonctions en tant que Président d’Iran le 3 août, avec l’approbation du Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, qui l’a félicité, samedi, comme le vainqueur des élections de vendredi, avec 50, 7% des voix, dès le premier tour de scrutin. Rohani a recueilli 18 millions de suffrages, parmi les 72% de participation des 50 millions d’électeurs potentiels, avec l’aide des sympathisants « réformistes » et des communautés des minorités. Après cette nouvelle, des célébrations spontanées de joie se sont répandues à travers tout l’Iran. Le Président nouvellement élu a déclaré au public que son succès était « une victoire de la modération sur l’extrémisme ». Debkafile attribue la victoire bouleversante de Rouhani à une combinaison de circonstances sans précédent :

1. Le camp des durs du régime n’est pas parvenu à agir d‘une seule voie. Khamanei n’a pas réussi à convaincre les chefs des Gardiens de la Révolution (Pasdaran) de retirer leur candidat, le Maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf, en faveur de son favori, le Conseiller à la Sécurité National, Saeed Jalili. Aussi, l’Ayatollah s’est tourné vers Rouhani.

Bien qu’étant un membre solide de l’establishment de la Révolution Islamique, Rouhani semblait capable d’inspirer l’espoir au peuple iranien, et d’utiliser sa personnalité clémente à persuader la communauté internationale d’assouplir certaines des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, à cause du programme nucléaire de l’Iran.

2. Le Président sortant, Mahmoud Ahmadinedjad a pris sa revanche contre les extrémistes qui l’ont ostracisé, depuis près de quatre ans. Familiarisé comme personne d’autre aux ruses employées par le régime, pour truquer les élections, il a fait en sorte de s’assurer que ce vote serait régulier.

3. Khamenei et les dévôts religieux ont consacré d’énormes efforts pour invalider la candidature du complice d’Ahmadinedjad, Esfandiar Rahim Mashee, et celle de pragmatiques, tels que l’ancien Président Hashemi Rafsanjani. Ils étaient tellement accaparés par leurs luttes factieuses qu’ils ne se sont même pas aperçus que Rouhani, le seul candidat religieux, avançait à pas de loup derrière eux. Il a ravi le cœur de la rue iranienne, par des promesses qu’elle avait envie d’entendre, comme de libérer les prisonniers politiques, de garantir les droits civiques, d’en revenir à la « dignité de la Nation », répondre à la situation économique critique et se lancer « dans une interaction constructive avec le monde extérieur ».

Le combat à couteaux tirés entre les sbires de Khamenei et les Gardiens (Pasdaran)se poursuivait encore, dans la matinée de samedi. Rouhani, inquiet d’un complot visant à falsifier les élections, s’est tourné vers le Ministère de l’Intérieur et a exigé un premier compte-rendu précoce des suffrages et la publication des premiers résultats partiels.

C’est ainsi qu’ils ont été publiés à 6h 45, heure locale, moins de sept heures après la fermeture des derniers sondages – mais seulement après qu’on ait exigé du Général des Gardiens de la Révolution, Mohammad Reza Naqi qu’il quitte le bâtiment.

4. Khamenei tend à alterner Présidents de la ligne dure et des successeurs moins pugnaces, remarquent les sources iraniennes de Debkafile. Rouhani est, généralement, décrit comme suscitant l’espoir, parce que modéré, par les médias occidentaux et israéliens.

Mais, lorsque le Guide Suprême a aisément conclu un arrangement avec lui, comme successeur d’Ahmadinedjad, il connaissait parfaitement son palmarès en tant que pur produit fidèle de l’élite religieux d’Iran, qui, il y a une dizaine d’années, occupait le poste de Conseiller à la Sécurité Nationale, très au fait des missions et buts de la République Islamique.


Hassan Rouhani est le Président élu de l’Iran

En même temps, son style est celui d’un subtil conciliateur et il n’a pas son pareil pour savoir éviter à l’Iran la confrontation directe avec des opposants plus grands et plus forts que lui. Par exemple, en tant que négociateur sur le nucléaire, entre 2003 et 2005, Rouani a ordonné la suspension temporaire des activités d’enrichissements d’uranium, au moment où les Etats-Unis envahissaient l’Irak, en 2003, de façon à ne pas donner aux Américains un prétexte pour attaquer l’Iran dans la foulée.

Le Guide Suprême a fait allusion à la préparation pour une approche plus souple de la controverse sur le nucléaire iranien avec l’Occident. Dans son message de félicitation au nouveau Président, samedi soir, Khamenei écrivait : « J’exhorte quiconque à aider le Président élu et ses collègues du gouvernement, car il est le Président de la nation toute entière ».

La première tâche de Rouhani sera d’élaborer un plan détaillé traçant les limites imposées aux concessions iraniennes, afin d’obtenir un allègement partiel des sanctions, de façon à rétablir l’afflux des revenus gelés du pétrole en direction des coffres- forts vides du pays.

Cela entraînera un face-à-face direct avec les Gardiens de la Révolution sur eux points. Il doit, d’abord, lutter contre le puissant corps, concernant leur refus d’envisager la moindre concession nucléaire et, deuxièmement, commencer de démanteler le vaste empire monopolistique des Pasdaran qui, pas moins que les sanctions internationales, étouffe la vie économique du pays.

Les Gardiens de la Révolution sont déjà en position pour ce combat et ne devraient pas attendre que le nouveau Président prenne ses fonctions, en août, pour passer à l’action. Samedi soir, peu de temps après que Rouhani ait été proclamé vainqueur, des rumeurs de conspiration, en vue d’un coup d’Etat militaire mené par les Gardiens de la Révolution circulaient à travers Téhéran, pour l’empêcher d’entrer en fonction. On a entendu le Général Reza Naqi, qui tentait de s’ingérer dans le décompte des scrutins, commenter, deux jours avant le vote : « Peu importe qui est élu, ou comment, nous considérons qu’il est de notre devoir de se débarrasser de tout président indésirable ».

Le Président élu Rouhani ferait bien de tenir compte de cette remarque.

DEBKAfile Article original Reportage Spécial 15 juin 2013, 10:47 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski/ Lessakele Blog Article original

TAGS: Iran Elections politique Rouhani Pasdaran Bassidji

Nucléaire Reza Naqi

1 COMMENT

  1. c’est fou les hommes ( êtres humains) sont incapable de vivre en paix , mare de ces guerres idéologiques , incapable de vivre dans la tolérance et sa diversité humaine , de culte , de couleur etc… trop destructeur pour un jour avoir un avenir dans ce monde de fou , laissant toujours place à leur instinct les plus primaires , il faut être assez fou comme moi pour croire que les différences dans ce monde puisse vivre en paix , dans la tolérance de la culture de l’autre , si il y avait plus de fou comme moi , alors peut être que les choses commenceraient à changer , juif , chrétien , Musulman puisse vivre libre dans le respect des droits de l’homme , mais c’est aussi parce que plus beaucoup ne croient en cette vision de paix et de respect c’est bien là le problème . L’homme par son savoir créer le pire , des armes chimiques etc… comme quoi ils se servent de leur intelligence pour mieux se détruire , drôle de monde qu’ils vont laisser à leur enfants , destruction haine de l’autre etc…

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