La voix juive censurée dans la cité ?

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Mes amis non juifs m’interrogent : devant la multitude de problèmes qui assaillent la Communauté juive, comment se fait-il qu’on n’entende aucune voix s’exprimer pour faire connaître le point de vue de vos textes ? Cette question ne peut laisser indifférents ceux qui estiment qu’il est utile et même nécessaire de se manifester à propos des problèmes de société, et a fortiori s’ils concernent la religion juive.

Or, depuis le 11 avril, date à laquelle le Grand Rabbin Gilles BERNHEIM s’est mis en congé du Grand Rabbinat de France, un silence assourdissant s’est installé dans la Communauté.

On peut comprendre que les remous suscités au cours du premier trimestre aient incité le corps rabbinique à plus de prudence et de modération ; mais de là à renoncer à son droit de parole !..

Il est en effet plus que souhaitable que ces questions qui relèvent de l’éthique juive soient prioritairement traitées par des rabbins plutôt que des laïcs, dont le rôle est avant tout de gérer les affaires consistoriales et qui, généralement, ne sont pas armés pour argumenter sur la base de textes halachiques qu’ils ne maîtrisent pas forcément.
Depuis la vacance de la parole juive, les problématiques sociétales nous concernant se sont accumulées :

• Difficultés liées à l’abattage rituel et à la traçabilité de la viande casher

• Notre position vis-à-vis de la charte de la laïcité en matière d’éducation

• Menaces sur la circoncision

• Morale religieuse juive et morale laïque

• Aspiration croissante des femmes orthodoxes en matière de prière


Grand Rabbin Bruno Fiszon

Ce n’est qu’à l’occasion de l’éviction d’un représentant de la religion juive au CCNE Article original ( Comité Consultatif National d’Ethique ) et de la polémique qui a suivi que les rabbins ont commencé à se manifester : le Grand Rabbin Haïm Korsia, le Rabbin Michaël Azoulay ont rejoint les initiatives du Grand Rabbin Bruno Fiszon, chacun à sa manière œuvrant pour que la réflexion religieuse ne soit pas exclue du débat national.

Il était temps !

Et on doit formuler le vœu que dans les meilleurs délais, et si possible dans les premiers mois de 2014, la Communauté juive puisse élire un Grand Rabbin de France, dont la compétence intellectuelle soit à la hauteur de son ouverture réelle aux problèmes de notre temps


Moïse Cohen

Président d’Honneur du Consistoire de Paris

TAGS : GRF Grand Rabinnat de France Consistoire Communauté

Ethique CCNE Grand Rabbin Bruno Fiszon

1 COMMENT

  1. Nous avions un grand Rabbin de France, Gilles Bernheim qui savait parler français et on l’a écarté.

    Soit il a été évincé parce qu’il parlait juste auprès des autorités françaises et cela les agaçait, soit le consistoire ne comprenait rien à cet intellectuel.

    Dommage !

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