La Jordanie redoute le contrôle palestinien de sa frontière.

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La dernière chose que les Jordaniens veulent voir, ce sont des centaines de milliers de Palestiniens débarquer de Judée-Samarie/Cisjordanie ou de la Bande de Gaza pour entrer dans le Royaume. De façon compréhensible, le monarque jordanien ne peut pas se permettre de rendre cette position publique, par crainte d’être accusé par les Arabo-musulmans de trahison et de collaboration avec « l’ennemi Sioniste ». Le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas affirme que les Palestiniens n’accepteront aucune présence israélienne et juive le long de la frontière entre un futur Etat Palestinien et la Jordanie.

Mais la vraie question consiste à savoir si la Jordanie souhaite vraiment avoir les Palestiniens sr sa frontière.

Lors de rencontres privées non-enregistrées, les responsables de haut-rang jordaniens rendent clair cristal qu’ils préfèrent voir les Israéliens s’installer le long de leur frontière commune.

S’exprimant, lors d’une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Jéricho, Abbas a déclaré que les frontières de l’Etat Palestinien s’étendront de la Mer Morte, au Sud à travers toute la vallée du Jourdain jusqu’à la ville de Bet She’an au Nord.

“C’est une frontière palestino-jordanienne et c’est ainsi qu’elle demeurera », a déclaré, très vindicatif, Abbas. « La responsabilité de la sécurité le long de cette frontière sera entre les mains des Palestiniens ».

Ces remarques d’Abbas surviennent à la suite de fuites émises par des responsables palestiniens, que, durant les actuelles négociations secrètes de paix, parrainées par les Etats-Unis, Israël exige le contrôle total sur la frontière avec la Jordanie, dans tout accord de paix avec les Palestiniens.
Israël, bien sûr, a ses raisons propres de refuser de céder le contrôle de la vallée stratégique du Jourdain.

La principale préoccupation d’Israël est que la frontière avec la Jordanie sera utilisée par les groupes terroristes palestiniens et des organisations fondamentalistes islamistes pour se livrer au trafic d’armes et de terroristes en Judée-Samarie et en Israël.

Cependant, il existe une autre raison pour laquelle Israël reste fermement opposé à lâcher le contrôle sur cette frontière avec la Jordanie à l’Autorité Palestinienne ou à toute autre tierce-partie.

Ce n’est un secret pour personne que les Jordaniens s’inquiètent des répercussions de la présence des Palestiniens à leur frontière.
Lors d’un récent point à huis-clos avec un responsable de haut-rang de la sécurité jordanienne, on lui a demandé ce qu’était la position du royaume, concernant la possibilité que les Palestiniens puissent, un jour, remplacer Israël, le long de la frontière avec la Jordanie.

“Que Dieu nous en préserve! » a rétorqué ce responsable. « Nous avons dit clairement et de façon répétée à la partie israélienne que nous n’accepterions pas la présence d’ne tierce-partie à notre frontière ».

Ce responsable a, alors, expliqué que cette posture jordanienne n’avait rien de nouveau. « Cela a été notre position depuis 1967 », a-t-il affirmé. « Le Roi Hussein disparu a redit tout cela clairement à to les gouvernements israéliens et, maintenant, Sa Majesté, le Roi Abdallah, reste engagé envers cette position ».

L’opposition de la Jordanie à l’idée de placer les passages frontaliers avec la Cisjordanie sous contrôle palestinien n’est pas uniquement fondée sur des inquiétudes sécuritaires.

Evidemment, les préoccupations sécuritaires jordaniennes n’ont rien d’injustifiées, particulièrement à la lumière de ce qui vient de se produire, a cours de ces quelques dernières années, le long de la frontière entre la Bande de Gaza et l’Egypte.

Les Egyptiens paient aujourd’hui le prix fort pour avoir négligé leur frontière commune avec la Bande de Gaza, a cours de ces dernières décennies. Cette lacune a vu le Sinaï se transformer en sanctuaire pour des groupes terroristes appartenant à Al Qaeda, qui posent, maintenant, ne menace grave à la sécurité nationale égyptienne.

Excepté les préoccupations sécuritaires, les Jordaniens s’inquiètent aussi de conséquences démographiques de la présence sécuritaire et civile palestinienne à sa frontière.

Leur pire cauchemar, tel que l’a défini, une fois, un diplomate jordanien chevronné à ses collègues israéliens, au cours d’une rencontre privée, c’est que dès que les Palestiniens se voient confier le contrôle de la frontière, des milliers d’entre eux, provenant du futur Etat Palestiniens, déferleront en Jordanie.

Les Jordaniens ont, déjà, un “problème » avec le fait que la population de leur royaume soit constituée d’une majorité de Palestiniens, que certains disent avoir atteint 80%. La dernière chose à laquelle les Palestiniens veulent assister, c’est à l’arrivée dans le Royaume, de centaines de milliers de Palestiniens de Cisjordanie ou de la Bande de Gaza.

Bien que les Jordaniens ne fassent pas partie des pourparlers de paix entre l’Autorité Palestinienne et Israël, ils espèrent qu’Israël ne se précipitera pas à abandonner le contrôle de la sécurité le long de la frontière avec le royaume. De façon compréhensible, le monarque jordanien ne peut pas se permettre de rendre cette position publique, par crainte d’être accusé par les Arabo-musulmans de trahison et de collaboration avec « l’ennemi Sioniste ».

Les Egyptiens, aujourd’hui, savent ce dont les Jordaniens étaient au courant depuis longtemps : qu’une frontière commune avec le Fatah ou le Hamas ou tout autre groupe palestinien est la meilleure recette pour développer l’instabilité et l’anarchie. Les Egyptiens regrettent certainement le temps où les Forces de Défense israéliennes étaient installées le long de la frontière entre l’Egypte et la Bande de Gaza.

Même si les forces d’Abbas parviennent, tout d’abord, à maintenir la sécurité et l’ordre le long de la frontière avec la Jordanie, il n’y a aucune garantie quant à ce qui arrivera dans l’avenir.

Entre 2005 et 2007, les forces de sécurité d’Abbas avaient le contrôle de la principale frontière passant entre la Bande de Gaza et l’Egypte – avant d’en être expulsées par le Hamas.

C’est dans l’intérêt d’Israël que le calme et la stabilité soient préservés en Jordanie. Saper les fondements de la sécurité de la Jordanie pourrait engendrer de nombreux problèmes pour Israël. Afin de prévenir un tel scénario, Israël, si et quand il aboutirait à un accord avec l’Autorité Palestinienne d’Abbas, aura besoin de prendre en considération les craintes et intérêts du Roi Abdallah.

Par Khaled Abu Toameh
20 septembre 2013 à 4:30 am

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gatestoneinstitute.org Article original
Adaptation : Marc Brzustowski.

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