Vayakhel:  Le fondement de notre existence (vidéo)

Il existe un principe talmudique (1) selon lequel, « les gens zélés dans la pratique des mitzvoth s’empressent des les accomplir sans tarder ». Or, il semble que le début de la parachath Vayakel vienne contredire ce principe si essentiel.

Le texte nous décrit, en effet,  Moché redescendre du mont Sinaï, le jour de Kippour (2), avec les nouvelles Tables de la Loi et les ordres divins pour construire le Temple du désert (Michkan).  Nous aurions pensé qu’il aurait transmis ces ordres le jour même. Or, il n’en est rien. Vayakel signifie bien « Il rassembla », pour donner ces ordres au peuple, mais comme nous l’apprend Rachi, il ne fit ce rassemblement que le lendemain de Yom Kippour ! Et nous verrons, encore une fois, combien l’étude de la Thora reste le seul et unique fondement de l’identité juive.

Ce retard d’un jour est étonnant, à double titre: comme nous l’avons dit, il est surprenant que Moché ait retardé au lendemain, la transmission au peuple des ordres de D.ieu. De plus, ces ordres concernaient le Michkan le Temple du désert à construire, qui était la réparation spirituelle de la faute du veau d’or. Pourquoi dès lors, retarder sa construction ?

 La soif de l’étude

Lorsque Moché descendit du Sinaï, le jour de Yom Kippour, Moché ne pouvait pas rassembler le peuple ce jour là car c’est le peuple qui, de lui-même, se rassembla. Il avait dans ses bras, les nouvelles Tables de la Loi, bien plus riches que les premières Tables qu’il avait brisées, à cause du veau d’or. Ce désir de repentir et de découvrir la nouvelle Thora entraîna les Enfants d’Israël à se rassembler autour de leur Maître pour l’étudier et s’y approfondir toute la journée de Yom Kippour!
Le Rabbi explique que cette soif de s’adonner à la Thora, à la descente de Moché, était si forte qu’il fut impossible de leur parler d’autre chose. Même de la construction du Michkane. Et c’est ce qui explique la remarque lumineuse de Rachi: le rassemblement de Moché pour transmettre l’ordre de la construction du Michkane ne put se faire que le lendemain de Yom Kippour.

Un nouveau départ

L’enseignement à tirer de cette courte période est double: certains Juifs pensent que l’action est la base de l’engagement communautaire, en ne donnant qu’une place réduite à la spiritualité. Certes, la concrétisation de nos idées est un aboutissement    déterminant. Mais il faudra leur rappeler que lors de la réception des secondes Tables de la Loi, les Enfants d’Israël se consacrèrent de toute leur force à l’étude de la Thora, excluant toute autre occupation. Ce nouveau point de départ de leur vie dans le désert fut donc marqué par la primauté donnée à l’étude de la Thora. Mais d’un autre côté, cette étude doit avoir « un lendemain », précise le Rabbi : l’étude de la Thora doit déboucher sur la construction du Michkane. C’est grâce à elle que l’action sera empreinte de lumière car une mitzva sans étude finira tôt ou tard par s’assécher.

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Notes:
1) Traité Pessa’him, p.4a
2) Il est important de préciser que le jour de Kippour en tant que fête du calendrier, avec ses interdits, n’existait pas encore.

 

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