Vayakel: Il faut faire vite! (vidéos)

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Dans cette sidra, se trouvent des instructions sur le Chabbat et sur l’édification du Mishkan un peu comme il en a été question lors de la parashat Terouma.

Alors peut-on dire qu’il y a ici une répétition ? Non, parce que la raison de cette répétition est destinée à mettre en lumière le fait que bien qu’HaShem ait demandé un sanctuaire, il n’est absolument pas question de profaner le Chabbat et, malgré l’urgence de la construction, Chabbat doit être observé.

Le texte commence par les mots ויקהל משה…. Moïse a rassemblé le peuple. Le mot ויקהל vient de la racine קהל qui signifie rassemblement et aussi, ensemble de personnes soit communauté קהילה .

Le mot “vayak’hel” est un terme dynamique pour cette nouvelle société qui en est à ses balbutiements et qui se forme autour d’un pôle qui va se nommer משכן ou Tabernacle mot qui vient de la racine שכן = voisin.

Vayak’hel Moshé car le grand Prophète désira que le peuple ne formât qu’une seule entité, qu’un seul bloc devant lequel il devait répéter que le travail d’édification du Mishkan ne pouvait annuler le Chabbat.

Pourquoi ce terme de mishkan ? Car, D. a émis Son désir de résider parmi les enfants d’Israël : ושכנתי בתוכם “Je résiderai parmi eux”. Lorsque D. ordonne à Moïse de Lui construire un Tabernacle est-ce à dire que D. va y habiter ?

Un midrash dit que ce monde n’est que le marchepied du trône céleste et dans un autre midrash D. dit que Sa demeure se trouve au ciel et aussi ici-bas ….

Mais comment la chose est-elle possible ? Par la brisure des vases ?

Non pas seulement : ce mishkan est destiné à frapper l’imagination humaine : les hommes ayant vécu en Egypte pays de l’idolâtrie, des sacrifices, de la servitude où les hommes sont habitués à être coiffés par un chef dirigeant, avaient besoin de vivre selon un même calque pour pouvoir comprendre leurs actes et leur modus vivendi leur façon de vivre c’est ainsi que Maïmonide explique les sacrifices car les Hébreux étaient habitués à en voir et ils n’eussent pas pu concevoir une autre façon d’adorer D. sans sacrifice de même, habitués à voir des édifices servant de temple, ils avaient besoin de voir concrètement un lieu d’habitation pour HaShem.

Pour le début de cette parasha, Moïse, fait un acte urgent : il rassemble le peuple pour donner des instructions pour l’élaboration du Mishkan, tout va aller selon une dynamique imprimée par Moïse pour mener le peuple tambour battant.

Tout le monde va y prendre part, les hommes tout comme les jeunes et les femmes qui vont contribuer aux travaux en filant les poils de chèvre et les fibres et en tissant des étoffes et en se dessaisissant de leurs belles parures d’or et d’argent et en participant activement.

Rashi s’est livré à des calculs pour que nous puissions mieux comprendre dans quels délais les choses se sont déroulées : Moïse était sur le Mont Sinaï pour la troisième fois consécutive. C’était Yom Kippour.

Moïse s’était fixé pour mission, en quelque sorte, de demander et de supplier HaShem de pardonner au peuple la faute du veau d’or et pas seulement il devait redescendre deux nouvelles tables de pierre –tables de la Loi) puisque lui-même avait brisé les premières.

Lorsqu’il redescendit au “camp des bené Israël”, c’était donc le 11 Tishri affirme Rashi.

Il transmit au peuple la demande de Terouma concernant le Mishkan et, l’enthousiasme est tel, qu’avec zerizout זריזות empressement, en trois jours, tous les matériaux sont offerts en quantité phénoménale et, le 15 tishré (fête de souccoth) HaShem fit revenir les nuées (ענני הכבוד).

Ce qui fit écrire au Gaon de Vilna qu’en prenant place dans les Souccoth, les bené Israël sentirent qu’HaShem leur avait vraiment pardonné la faute du veau d’or.

Les Bené Israël voient de facto que les travaux concernant le mishkan sont effectués chaque jour du matin au soir en dehors des shabbatot et des solennités.

L’empressement qu’ils mettent en accomplissant la mitsva de construction du mishkan, est comparable à l’empressement que mit Abraham à l’accomplissement des ordres divins qu’il reçut, à l’accueil des envoyés divins et en faisant se presser Sarah, son épouse bien-aimée, pour cuire des gâteaux ou pour aller chasser un veau, ou encore à aller au Mont Moriah pour se dépêcher d’obéir au Créateur de l’Humanité….

Deux mois pleins c’est le temps qu’il fallut pour ériger le mishkan : du 23 tishré au 25 kislev ! Moshé est heureux !

Tout s’est déroulé sans problème néanmoins, lorsque Moïse déclare à l’Eternel que le Mishkan est prêt à être inauguré, HaShem ordonne à Moïse de défaire le Tabernacle et de le mettre de côté car il sera inauguré le 1er nissan, soit 3 mois et 5 jours plus tard.

La mitsva du respect du Chabbat est répétée car, de même que le Shabbat sert de témoin chaque semaine pour la sainteté que D. nous fait partager, de même, le Mishkan qui est entièrement kadosh (saint) implante au milieu de nous la Sainteté du Créateur à notre échelle.

Le Chabbat et le Mishkan se rejoignent en un point commun. La Sainteté du Chabbat et du Tabernacle sont la rencontre de l’espace-lieu et de l’espace-temps.

Car dans l’espace-lieu l’homme évolue et c’est là qu’il se trouve confronté à la Sainteté que le Saint Béni soit-Il a « contractée » pour la placer au milieu des hommes et le Chabbat est un rendez-vous de sainteté qui se répète indéfiniment tous les sept jours.

Dans la semaine, l’homme travaille et peu importe dans quel domaine matériel l’homme s’efforce mais à heures régulières, il se rend à un rendez-vous multiquotidien avec le spirituel et le sacré, au moyen des prières et de l’étude où les dimensions spatio-temporelles se rejoignent pour le sacré.

Les travaux servant à l’édification du mishkan ne repoussent pas l’observation du shabbat car le sacré n’annule pas le sacré.

Ces travaux interdits le Chabbat (39 en nombre) sont des travaux qui ont servi de base pour la construction du tabernacle non seulement eux-mêmes mais avec leurs dérivés comme par exemple : peindre mais aussi par extension se vernir les ongles.

Le motif de l’interdiction des 39 travaux et de leurs dérivés le Chabbat n’a absolument rien à voir avec la fatigue comme on le prétexte encore souvent. Il s’agit de l’œuvre créatrice : Ne rien créer le jour du Chabbat.

A la différence de la faute du veau d’or commise par le êrev rav (la multitude des non-Juifs sortie avec les Hébreux) où tous ont été contraints d’offrir de l’or dans une sorte de frénésie, pour la construction du Tabernacle, D. demande à Moïse de n’accepter que ce que chaque personne veut bien offrir, selon son cœur.

Le seul qui n’eut rien à offrir fut Moïse car il ne possédait rien et qu’il ne reçut rien en sortant d’Egypte.

Cependant, il est un autre point qu’il faut éclaircir : la Torah détaille (par ordre décroissant) ce que les Bené Israël devaient offrir : de l’or, de l’argent etc… jusqu’à des poils de chèvre filés par les femmes et ce n’est qu’après cela que la Torah cite les pierres précieuses qui devront orner le Ephod et le Hoshen. Comment peut-on interpréter ce fait ?

Les Sages nous éclairent : chaque chef de tribu reçut du Ciel une pierre précieuse taillée et gravée au nom de sa tribu.

Ces chefs de tribu (les “Nessiim” ou princes) ont offert ces pierres mais elles ne leur ont coûté que très peu d’effort celui-ci n’étant que d’avoir récupéré la pierre au milieu de la portion de manne qui lui était destinée, moindre effort mais effort tout de même.

Quoiqu’il en soit HaShem a agréé et apprécié tous les dons, toutes les offrandes non pas pour leur valeur marchande mais uniquement pour l’empressement mis par les donateurs à offrir pour satisfaire le Maître du Monde qui libéra Son peuple de la maison d’esclavage d’Egypte !!!

Il a déjà été spécifié que les femmes offrirent non seulement leurs bijoux mais aussi les ustensiles en cuivre qui, bien polis, leur avaient servi de miroirs au temps où le travail en Egypte était si dur que les hommes s’écroulaient de fatigue et que les femmes se faisaient belles en s’admirant dans leurs miroirs pour encourager les époux à procréer.

C’est d’ailleurs cette quantité de cuivre qui a été utilisée pour façonner la cuvette ou le bassin utilisé pour faire toute l’application destinée à reconnaître si une femme était coupable d’infidélité ou pas.

Les femmes ont donc joué un grand rôle dans l’élaboration du Mishkan et Shlomo HaMelekh, en dehors de l’éloge à la femme vertueuse (eshet Hayl אשת חיל) que les chefs de famille psalmodient le Chabbat, a écrit un conseil à l’enfant: Ecoute mon fils, les remontrances de ton père ne délaisse pas les enseignements de ta mère :שְׁמַע בְּנִי, מוּסַר אָבִיךָ; וְאַל-תִּטֹּשׁ, תּוֹרַת אִמֶּךָ. (Proverbes I,8).

Caroline Elishéva REBOUH

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