Une frappe secrète détruit la base Imam Ali d’Albukamal

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Une frappe aérienne secrète détruit la base iranienne d’Albukamal

Au moins 26 combattants des unités soutenues par l’Iran en Syrie sont morts. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a pointé du doigt les États-Unis et les pays occidentaux. La Coalition dirigée par les États-Unis a déclaré n’y être pour rien.

Syrie, Albukamal: la base militaire iranienne "Imam Ali" complètement détruite (crédit photo: IMAGESAT INTERNATIONAL (ISI))
Syrie, Albukamal: la base militaire iranienne “Imam Ali” complètement détruite
(crédit photo: IMAGESAT INTERNATIONAL (ISI))
Mercredi 11 mars, une attaque à la roquette a tué plusieurs membres de la coalition dirigée par les États-Unis au camp irakien de Taji. Quelques heures plus tard, des personnes à Albukamal en Syrie et de l’autre côté de la frontière à Qaim, en Irak, ont signalé des frappes aériennes.
Ils ont supposé que les Américains ripostaient. Les États-Unis avaient riposté en décembre après que des supplétifs soutenus par l’Iran aient tué un entrepreneur américain. Il s’avère que l’intensité des frappes aériennes dans la nuit du 11 mars a été unique et a gravement endommagé la base iranienne.
Le matin du 12 mars, l’anéantissement de la base était claire. Au moins 26 combattants des unités soutenues par l’Iran en Syrie sont morts. L’Observatoire syrien des droits de l’homme basé à Londres a pointé du doigt les États-Unis et les pays occidentaux. La coalition a déclaré n’y être pour rien. Le mystère a été laissé à mijoter pendant une semaine.

Nous savons maintenant que les frappes aériennes de cette nuit-là ont gravement endommagé ou détruit 15 structures selon des images d’ImageSat International (ISI). Les images, distribuées le mercredi 18 mars, comprennent une évaluation de «l’attaque massive» qui visait à amener l’Iran à «abandonner cette base et à envoyer un message clair que les États-Unis ne toléreront pas la présence de la Force QGC IRGC et de ses alliés dans cette zone.”
Les États-Unis ont mené des frappes aériennes dans le passé en représailles, comme indiqué ci-dessus, contre des cibles en Syrie et en Irak. Lors de ces frappes du 29 décembre, cinq cibles ont été détruites en Irak et en Syrie. Les États-Unis ont pris pour cible Kataib Hezbollah, un mandataire pro-iranien.
Cependant, l’affirmation selon laquelle les États-Unis ont détruit la base d’Imam Ali est compliquée par le fait que les États-Unis ont officiellement déclaré avoir riposté le 13 mars, frappant des entrepôts liés à des groupes pro-iraniens en Irak. Quelques jours plus tard, les États-Unis se sont retirés d’un poste près d’Al Qaim en Irak pour regrouper leurs forces exposées.
La base de l’Imam Ali a été touchée à plusieurs reprises dans le passé. En juin 2018, des frappes aériennes ont plu sur le siège du Kataib Hezbollah près d’Albukamal. En septembre de l’année dernière, des rapports ont noté qu’une nouvelle base iranienne appelée «Imam Ali» était en cours de construction iranienne intense. Elle a été frappée le 8 septembre 2019. Des rapports sur la reconstruction par l’Iran de certaines parties de la base ont été publiés en novembre dernier. En décembre, plus de détails sont apparus sur le rôle de l’Iran sur cette base. Elle a été bombardée le 5 janvier, selon des informations locales. Mais l’Iran continue de construire des entrepôts et des tunnels fortifiés.

Maintenant, Elle a de nouveau été bombardée. C’est le bombardement le plus «massif», explique ISI, qui en a produit des photos par satellite. Des installations essentielles, dont une caserne, ont été détruites. L’attaque n’a pas détruit un tunnel souterrain mais a détruit de nombreux entrepôts. Dans une série de photos, les entrepôts détruits peuvent être aperçus dans de nombreuses parties du complexe. Ce sont les frappes aériennes les plus étendues survenues sur le complexe Imam Ali, qui s’étend sur plusieurs kilomètres carrés.
La plupart des sources iraniennes, ainsi que des sources pro-iraniennes en Irak et en Syrie, sont restées silencieuses au sujet de ces frappes aériennes. Cependant, ils surviennent au beau milieu des tensions entre les milices soutenues par l’Iran et les États-Unis.
Le Département d’État a averti l’Iran et ses supplétifs de cesser de jouer avec les Américains en Irak. Plus du tout d’attaques à la roquette, sinon… Malgré les avertissements américains, les groupes pro-iraniens élaborent une stratégie sur la façon de menacer les États-Unis et de faire quitter en sorte que les troupes américaines quittent l’Irak.
Certaines voix pensent qu’il serait préférable de laisser les États-Unis s’en aller, jugeant que le président américain Donald Trump veut se retirer. Les États-Unis ont repositionné leurs forces la semaine dernière au milieu de la pandémie de coronavirus. Certains groupes pro-iraniens pensent que c’est une étape avant un retrait plus complet. Mais d’autres veulent frapper plus fort, notamment le Kataib Hezbollah et Harakat Hezbollah al-Nujaba.
Les divergences de vues concernent également le soutien à un nouveau Premier ministre désigné à Bagdad nommé Adnan Zurufi. Les factions pro-iraniennes, dont Ammar al-Hakim et Hadi al-Amiri de l’Alliance du Fatah, pourraient préférer manœuvrer politiquement en vue d’obtenir le retrait des États-Unis. D’autres, comme Muqtada al-Sadr, veulent également capitaliser sur les protestations locales et la colère contre les États-Unis pour faire sortir les Américains. Mais le Hashd al-Shaabi ou les unités de mobilisation populaire, qui comprennent les groupes armés pro-iraniens, cherchent des moyens de harceler militairement les États-Unis.

Pendant ce temps, à la frontière, le trafic d’armes iranien qui traverse Al-Qaim est l’un des principaux projets de l’Iran dans la région. L’Iran a envoyé des missiles balistiques en Irak, selon des informations, et envoyé des drones et des systèmes de défense anti-aérienne en Syrie. La base Imam Ali est un canal clé pour la circulation des armes vers les entrepôts iraniens dans des bases telles que la base T-4 dans le désert sur le chemin de Homs ou de Damas.
L’Iran craint maintenant que son installation, dans laquelle il a investi les ressources limitées dont il disposait, ait été éviscérée. Les frappes aériennes restent cachées dans l’ombre, personne ne voulant en prendre la responsabilité. L’ancien Premier ministre irakien a accusé Israël de frappes aériennes en Irak en juillet et août de l’année dernière. Cependant, l’Iran n’a pas cherché à riposter, cette fois.
Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENT

  1. Ce que ne comprennent pas ces dirigeants iraniens, c’est que les EU peuvent transformer leur pays en ruines.Ils n’apprennent pas des expériences Iraquiennes,Libyennes, Syriennes, Afghanes….ou même Japonaise….etc.Pour garder le pouvoir ils sont prêts à entraîner tout leur peuple dans le précipice.Et ils veulent donner des leçons au monde avec leurs mensonges et leur méchanceté absolue.Comment peut-on être de leur côté même pour une poignée de main?

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