La menace du président Trump de « couper tout commerce » avec l’Espagne a immédiatement provoqué des réactions sur les marchés, du moins en Europe.
Pourquoi c’est important : Alors que Trump est bien avancé dans son second mandat, les investisseurs étrangers ne rejettent pas totalement les menaces commerciales du président, même si l’autorité légale, la voie à suivre pour les mettre en œuvre et le résultat final restent flous.
La Cour suprême américaine a restreint la portée de l’une des mesures commerciales les plus audacieuses de Trump. Cependant, les tensions commerciales continuent de s’exacerber, obligeant les marchés financiers à s’adapter.
De hauts responsables économiques indiquent être disposés à étudier comment traduire les exigences commerciales du président en politiques publiques.
À la une : « Nous ne voulons plus faire de commerce avec l’Espagne », a déclaré Trump, ravivant ainsi un conflit qui dure depuis des mois au sujet des dépenses de l’OTAN et de la position de l’Espagne sur l’Iran.
L’indice boursier de référence espagnol a chuté de 2,7 % mercredi, soit la plus forte baisse en une seule journée depuis que Trump a menacé d’imposer un embargo commercial au pays en mars.
La prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette publique espagnole par rapport à celle de l’Allemagne a atteint son plus haut niveau ce mois-ci, signe que les investisseurs considéraient l’Espagne comme un pari plus risqué.
L’enjeu : toute tentative d’embargo contre un seul État membre risquerait de faire capoter l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne, récemment conclu par les responsables politiques européens.
Historiquement, les embargos commerciaux américains de grande ampleur ont ciblé des adversaires géopolitiques.
Un porte-parole de la Maison Blanche n’a pas répondu à notre demande de commentaires.
De l’autre côté : un haut responsable espagnol a déclaré que le pays entretenait des « relations économiques très positives avec les États-Unis ».
Les États-Unis exportent plus de marchandises vers l’Espagne qu’ils n’en reçoivent, une dynamique qui devrait satisfaire une administration qui tente d’utiliser la politique commerciale pour remédier aux déficits commerciaux.
Trump a bien imposé des droits de douane « antidumping » sur les olives noires espagnoles durant son premier mandat. Ces mesures ont été partiellement assouplies, et une interruption des échanges commerciaux à l’échelle nationale serait bien plus radicale et juridiquement plus complexe.
En résumé : les investisseurs étrangers n’ont pas rejeté catégoriquement la menace de Trump, même s’ils ne parient pas pleinement sur sa mise en œuvre définitive.
Aux États-Unis, toute perturbation des importations espagnoles aggraverait le risque inflationniste — des produits pharmaceutiques à l’huile d’olive — au moment même où la résurgence des tensions au Moyen-Orient menace de maintenir les coûts de l’énergie à un niveau élevé.
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