En offrant officiellement une tribune au CCIF, Le Monde lui délivre la légitimité intellectuelle après laquelle il court.

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Le journal Le Monde a organisé, les 25, 26 & 27 septembre, trois jours de débats avec des personnalités sous l’intitulé «Changer le monde». Les discussions ont couvert un large éventail de sujets, avec des intervenants exprimant toutes sortes de sensibilités politiques et culturelles. Fort bien. Là où ça se gâte passablement, c’est lorsqu’on découvre que sur la question «Laïcité, religions et liberté d’expression» les deux seuls débatteurs au côté de Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique, qui est plutôt un défenseur de la laïcité telle qu’elle est affirmée depuis des décennies, seront :

  • Jean Baubérot, sociologue et perpétuel pourfendeur d’une “islamophobie” qui menacerait les musulmans à cause des «laïcards» ;
  • Lila Charef, responsable du service juridique du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Or, comme on sait, le CCIF est l’un des chevaux de Troie des islamistes, derrière lequel se cachent ceux qui tentent de faire taire toute opposition aux fondamentalistes, intégristes, salafistes et autres extrémistes.

Le CCIF défend la thèse nauséabonde selon laquelle il y aurait une “islamophobie” qui serait l’équivalent aujourd’hui de l’antisémitisme avant-guerre. Est-il en outre nécessaire de rappeler aux responsables du journal désormais dirigé par Jérôme Fénoglio que le CCIF est un boute-feu qui pousse les musulmans à se sentir méthodiquement discriminés par l’Etat et l’ensemble des institutions ? Quand bien même il s’en défend, ce collectif contribue ainsi à la radicalisation d’une partie des jeunes croyants, dont certains en viennent à être persuadés qu’il faut utiliser la violence contre ce qui, à leurs yeux, n’est pas une démocratie mais une dictature spécifiquement dirigée contre eux.

En offrant officiellement une tribune au CCIF, Le Monde lui délivre la légitimité intellectuelle après laquelle il court. Le livre «Islamophobie, la contre-enquête» (Plein jour, Paris, 2014), d’Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau, a pourtant amplement mis en lumière les falsifications, déformations et exagérations auxquelles il se livre afin de faire passer les musulmans pour les victimes d’une stigmatisation constante organisée à tous les échelons de la société, omettant de rapporter toutes les procédures judiciaires déclenchées contre les auteurs d’actes anti-musulmans et passant sous-silence les innombrables condamnations de ces actes prononcées par les plus hauts responsables ministériels.

Il n’est dès lors guère surprenant que cette association qui s’efforce de déconsidérer toute critique de l’islam en la qualifiant de «raciste» reçoive le soutien de fondamentalistes tels qu’une certaine Nassima Prudor. Cette prosélyte de l’islam fondamentaliste est justement à l’affiche du Salon musulman qui s’est tenu les (12 et 13 septembre 2015 à Pontoise et suscite l’indignation sur les réseaux sociaux en raison de la place accordée à des prêcheurs parmi les plus obscurantistes et misogynes.

Le quotidien du soir ne s’honore pas en invitant ces deux personnages pour débattre de la laïcité. Il rejoint ainsi la cohorte des idiots utiles qui offrent un écrin aux versions les plus archaïques de l’islam. En agissant ainsi il renforce la difficulté qu’ont les musulmans modérés, laïcs et modernes à s’affirmer face aux bruyants agitateurs islamistes. Le Monde aurait pu au moins inviter également, afin de donner un autre point de vue, des gens comme Mohamed Sifaoui ou Caroline Fourest, voire Waleed al-Husseini, Palestinien ex-musulman réfugié en France et auteur de «Blasphémateur». Mais peut-être Le Monde les considère-t-il lui aussi comme des «islamophobes», ainsi qu’ils sont ignominieusement qualifiés dans le petit monde de Tariq Ram.

Bernard Schalscha

Bernard Schalscha

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